Aucune bonne pensée ne tombe dans le c œur qui ne vienne de la grâce divine, et aucune pensée mauvaise ne s’approche de l’âme, si ce n’est pour la tenter et l’éprouver.
Un homme qui est parvenu à connaître la mesure de sa faiblesse est parvenu à la perfection de l’humilité.
Ce qui attire vers l’homme les dons de Dieu, c’est un cœur porté à rendre grâces continuellement. Mais ce qui attire vers l’âme la tentation, c’est la tendance à murmurer toujours présente dans le cœur. Dieu supporte toutes les faiblesses des hommes, mais il ne peut supporter sans le châtier l’homme qui ne cesse de murmurer. L’âme totalement dépourvue de l’illumination de la connaissance est pleine de pensées de ce genre, mais la bouche qui rend grâces continuellement reçoit de Dieu la bénédiction, et la grâce se répand dans le cœur qui persévère dans cette action de grâces.
Devant la grâce court l’humilité, et devant le châtiment court la présomption. À celui qui s’enorgueillit, il est permis de tomber dans le blasphème. À celui qui se vante de l’excellence de ses actions, il est permis de tomber dans la luxure. Et celui qui se vante de sa sagesse, il est permis de tomber dans les pièges ténébreux de l’ignorance.
L’homme qui se tient éloigné de tout souvenir de Dieu garde en son cœur du ressentiment contre son prochain, parce qu’il se souvient de sa malice. Mais celui qui honore tout homme parce qu’il se souvient de Dieu trouve du secours auprès de tout homme de par une secrète disposition de Dieu.
L’homme qui prend la défense de celui qui subit une injustice trouve en Dieu son propre défenseur. Celui qui étend son bras pour aider son prochain reçoit lui-même le secours du bras de Dieu. Celui qui, dans sa malice, accuse son frère, trouve en Dieu son propre accusateur. Celui qui redresse son frère en privé guérit sa propre malice, mais celui qui accuse son frère en public avive ses propres plaies. Celui qui soigne son frère en secret révèle la force de son amour, mais celui qui cherche à lui faire honte aux yeux de ses compagnons montre la force de la jalousie qui est en lui. L’ami qui fait un reproche en secret est un sage médecin, mais celui qui prétend guérir son frère sous les yeux de beaucoup en réalité l’outrage.
Le signe de la compassion, c’est le pardon de toutes les offenses, et le signe d’une tournure d’esprit pleine de malice, c’est l’agressivité verbale envers celui qui a commis une faute. Celui qui châtie pour rétablir la santé châtie avec amour ; mais celui qui recherche la vengeance est vide de tout amour. Dieu châtie avec amour, et jamais, certes, pour se venger ! mais il cherche à guérir son image, et il ne garde pas sa colère à jamais. Un tel amour procède de la droiture, il n’incline pas à se venger avec passion. Celui qui est juste et sage est semblable à Dieu, il ne châtie jamais un homme d’une façon définitive, pour tirer vengeance de sa malice, mais [il le châtie] pour le redresser, ou pour inspirer aux autres de la crainte. Un châtiment qui ne ressemblerait pas à cela n’aurait rien de pédagogique.
Celui qui fait le bien en vue d’une récompense change facilement, mais celui qui, par la puissance de sa connaissance, est jeté dans l’admiration par la vue de l’amour qui est en Dieu, celui-là, même si sa chair était coupée en morceaux, ne s’élève pas en sa pensée, ni ne s’écarte jamais de la vertu. Celui [qui comprend] avec une pensée illuminée quelle est notre dette envers Dieu, celui-là est parvenu corps et âme dans les profondeurs de l’humilité.
Saint Isaac le Syrien, Discours ascétiques, 73, 1-8, trad. R.P. Placide Deseille,
Monastère St Antoine le Grand et Monastère de Solan, 2006

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