Ajouté le: 10 Juillet 2022 L'heure: 15:14

Où trouverais-je l’Époux de mon âme ?

C’est là toute la dramaturgie du Cantique des Cantiques que les mystiques des premiers siècles, et surtout Origène et Grégoire de Nysse, ont si profondément commenté. L’Époux se fait proche puis s’enfuit, et il faut à l’Épouse longue patience pour le retrouver. Ainsi, dans les vieux contes, la fiancée, soudain esseulée, doit chausser et user des souliers de fer, ou tisser un vêtement sans avoir le droit de parler, pour retrouver son bien-aimé. 

Olivier Clément,
Sources. Les mystiques chrétiens des origines, DDB, 2008

Où trouverais-je l’Époux de mon âme ?

Ensuite, elle (l’Épouse du Cantique) cherche du regard l’Époux qui, après s’être montré, a disparu. Cela arrive souvent, dans tout ce Cantique, et peut le comprendre celui qui l’a lui-même éprouvé. Souvent, Dieu m’en est témoin, j’ai senti que l’Époux s’approchait de moi, et qu’il était autant qu’il se peut avec moi. 

Puis il s’en est allé soudain, et je n’ai pu trouver ce que je cherchais. De nouveau je me prends à désirer sa venue, et parfois il revient. Et lorsqu’il m’est apparu, que je le tiens de mes mains, voici qu’une fois de plus il m’échappe et, une fois évanoui, je me mets encore à le chercher. Il faut cela souvent, jusqu’à ce que je le tienne vraiment et que je monte appuyée sur mon bien-aimé. 

Origène,
Première homélie sur le Cantique des Cantiques, 7, SC n° 37, p. 75.

Lorsque l’âme sort à l’appel de son bien-aimé et cherche celui qu’elle ne trouve pas et appelle celui qu’aucun nom ne peut atteindre, elle apprend […] qu’elle est éprise de celui qui est inaccessible, et qu’elle désire celui qui est insaisissable. Ces paroles la frappent et la blessent de désespoir, car elle croit que son désir de la plénitude sera sans terme […]. Mais on lui enlève le voile de sa tristesse en lui apprenant que le fait de progresser toujours dans sa recherche et de ne jamais cesser de monter constitue la véritable jouissance de ce qu’elle désire, car chaque fois que son désir est comblé il engendre celui de réalités supérieures. 

Aussi quand on lui a enlevé le voile de son désespoir et qu’elle a vu la beauté invisible et infinie de celui qu’elle aime se découvrant toujours plus belle, pour toute l’éternité, elle est animée d’un désir plus grand et elle fait connaître à celui qu’elle aime […] la disposition de son cœur, en disant qu’ayant reçu en elle la flèche de Dieu, elle a été blessée au cœur par la pointe de la foi, et qu’elle est mortellement blessée par l’amour. Or, selon Jean, l’amour c’est Dieu. À lui soient la gloire et la puissance dans les siècles des siècles. 

Grégoire de Nysse,
Douzième homélie sur le Cantique des Cantiques, PG 44, 1036-1037 

Où trouverais-je l’Époux de mon âme ?

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