Depuis huit ans, la paroisse catholique Saint Charles des Ruffins, à Montreuil, (Diocèse de Saint-Denis), accueille la paroisse orthodoxe de l'Ascension de Notre Seigneur et Saint Stéphane le Grand. Avec le Père Valériu, fondateur de cette paroisse orthodoxe, nous avons tissé des liens de fraternité. Il m'a invité à participer à un voyage-pèlerinage, au Mont Athos avec 11 membres de sa communauté. Voilà quelques échos de mes découvertes...
Après le vol Paris-Athènes puis Athènes-Thessalonique, un minibus nous emmène à 130km de là, tout au bord de la mer Égée, à Ouranopolis. Dîner délicieux au bord de la mer Égée.
Programme bousculé … Suite à un fax qui n'a pas fonctionné, nos demandes de visa n'ont pas été enregistrées. Tout sera prêt le lendemain. Nous avons donc une journée à vivre à Ouranopolis ! Avec la grâce d'un temps merveilleux, la plage nous accueille.
Nous nous rendons à l'embarcadère. Nos visas sont préparés. Sur le bateau, nous voyons le lever du soleil sur la mer, d'une clarté surprenante. Les oiseaux évoluent autour du bateau, récupérant au vol les morceaux de pain qui leur sont offerts. Quel spectacle !
Nous débarquons à Daphni. Là, un minibus nous emmène sur une route poussiéreuse jusqu'à Karyès, capitale de la presqu'île, où se trouve l'administration centrale des monastères du Mont Athos. Nous visitons la cathédrale de Karyès, l'église du PROTATON. Nous nous prosternons devant l'icône de la Mère de Dieu, Axion Estin.
Nous nous rendons ensuite au Monastère de KOUTLOUMOUSIOU que nous visitons. Puis nous allons au Monastère de VATOPEDI, à la demande du Père Valeriu, un moine originaire du Sud de la France, le Père Justan, vient nous parler. Habité d'une recherche spirituelle que le New Age n'avait pas comblée, il est venu un jour au mont Athos, en touriste … et il y est resté. Nous nous prosternons devant un morceau de la Vraie Croix, puis devant une icône de Saint Jean Chrysostome. A l'entrée, une grande fresque de la Mère de Dieu (la Vierge Pyrovolithissa, « la fusillée ») : sa main droite porte la marque d'une balle de fusil tirée par un soldat turc : devenu fou, il s'est pendu à un olivier. Les autres soldats ont eu peur et se sont enfuis.
Nous nous sommes prosternés devant l'icône de la Mère de Dieu Pantanassa.On raconte que le visage de la Vierge s'est illuminé un jour où un jeune homme – qui avait pratiqué la magie noire – vint adorer l'icône : une force le jeta par terre. Ayant repris ses esprits, cet homme changea totalement de vie. Cette icône est aussi connue pour le don de guérison du cancer. Autre icône miraculeuse : la Mère de Dieu Elaiovrytissa (« débordante d'huile »). La tradition relate que l'huile venant à manquer au monastère, on ne l'utilisait que pour l'usage liturgique. Après une plainte du moine cuisinier, l'huile coula à profusion ! Nous nous sommes prosternés devant l'icône de Gerontissa, qui représente la Mère de Dieu de la tête aux pieds, elle qui s'est présentée comme « l'Higoumène du Mont Athos ».
Nous nous sommes recueillis devant la relique de la Sainte Ceinture de la Mère de Dieu, source de nombreux miracles à travers le temps. De nombreuses autres reliques sont précieusement conservées, notamment l'os frontal de l'apôtre Saint André. Une des icônes de la Mère de Dieu a cette particularité que ses yeux semblent nous suivre lorsque nous nous déplaçons devant elle. A plusieurs reprises, le Père Valeriu a chanté l'hymne « Il est digne en vérité de te célébrer, Mère de Dieu ...»
Dans les monastères, nous avons fait une halte plus ou moins longue dans leurs boutiques d'objets religieux. Ici, un moine rempli d'humour, quand il lui était demandé s'il faisait une réduction, répondait « oui, bien sûr : cette cloche qui coûte 15 euros, je vous la laisse pour 20 euros ! » Moyennant quoi son humour fidélisait la clientèle !
Monastère d'IVIRON C'est un ancien monastère géorgien, devenu grec par la suite. Nous avons vu l’icône de la Mère de Dieu Portaïtissa, qui se trouve à la porte du monastère. L'histoire nous dit que cette icône est arrivée miraculeusement sur l'eau : un saint moine a été la chercher (d'autres avant lui avaient essayé, mais l'icône reculait à leur approche). Une fois récupérée sur la mer cette icône a été placée devant l'autel, mais chaque matin, les moines la trouvaient déplacée devant la porte de la chapelle, si bien qu'elle y a été fixée.
Monastère de PHILOTHEOU : Nous n'avons pu que visiter rapidement ce monastère.
Monastère de la GRANDE LAVRA : Historiquement, le premier monastère du Mont Athos. La tradition dit qu'en 963, le monastère venant à manquer de tout, Saint Athanase (un saint universel, commun à nos Églises, catholique et orthodoxe) partit demander conseil aux anciens à Karyès, il rencontra en chemin la Mère de Dieu, qui fit jaillir devant lui une source d'eau. La pierre s'est ouverte et de l'eau a jailli. On voit toujours le signe de la croix sur la pierre, et la source d'eau est toujours là. Nous avons bu de cette eau bénite (Agiasma). La Mère de Dieu lui recommanda de ne pas s'inquiéter, car elle assumerait Elle-même, pour la suite des temps, la charge d'Économe du Monastère. Et lorsque le Saint rentra au Monastère, la Toute-Sainte lui montra les réserves pleines. Nous nous sommes prosternés devant la tombe des reliques de Saint Athanase, devant l'icône de la Mère de Dieu « Oikonomissa » « l’Économe », et devant l'icône de la Vierge Marie Kourouzelissa.
Saint Jean Coucouzèle chantait d'une voix merveilleuse si bien que les chèvres l'écoutaient chanter. Fêté le 1er octobre. Il a laissé de grandes compositions musicales. Nous nous sommes aussi prosternés devant les tombeaux des trois patriarches qui ont choisi de se retirer dans ce monastère.
Skyte de PRODROMOU (le Précurseur) Le patron de ce skite est saint Jean Baptiste. C'est un monastère roumain. Nous avons visité la grotte de saint Athanase. Nous avons ensuite eu un dialogue avec le Père Valérien, moine de ce skite.
Après la divine Liturgie et le petit déjeuner, nous montons vers le sommet de l'Athos. Je prends la mesure de mes 75 ans … ! Le groupe se met en quatre pour porter mon sac à dos, et me soutenir (chocolat et autre denrée…). Je parviens à la chapelle PANAGIA. Nous allons y dormir ce soir. Le sommet est 500 mètres plus haut … Je laisse le groupe partir pour cette dernière étape. Parvenus au sommet du Mont, le Père Valeriu chante des hymnes à la Mère de Dieu, et fait des prières pour la santé des pèlerins, leurs familles, et tous ceux qui ont demandé que l'on prie pour eux. Le soleil se couche devant leurs yeux.
Après que chacun des membres du groupe se soit confessé, la divine Liturgie est concélébrée par les Pères Valériu et Lilian, en trois langues : français (pour moi), slavon (pour le moine Alexis), et roumain. Petit déjeuner carémique, puis descente vers le skite Sainte Anne, à la lumière des lampes électriques. Nuit noire, ciel étoilé. Spectacle admirable !
Skite SAINTE ANNE:Les moines nous accueillent : grand verre d'eau fraîche, loukoum et petit verre d'eau de vie. Nous remercions Dieu et sainte Anne, mère de la Vierge Marie. Nous nous prosternons devant l'icône miraculeuse de la Mère de Dieu au bas de laquelle sont glissées plusieurs photos de jeunes enfants guéris de leur maladie. Nous nous inclinons aussi devant la relique d'une partie du pied de sainte Anne.
Monastère SAINT-PAUL : Magnifique vue surplombant ce monastère avec les plans successifs. Nous avons prié devant l'icône miraculeuse de la Mère de Dieu et devant les dons des mages arrivés dans ce monastère grâce à une impératrice. Nous avons vénéré les reliques du saint Martyr Panteleimon.
Puis Direction l'embarcadère. Deux bateaux nous emmènent d'abord à Daphné. Arrivés à Ouranopolis un minibus nous ramène à Thessalonique.
L’église SAINT DIMITRI de Thessalonique: Nous vénérons les reliques de Saint Dimitri. Visite des catacombes de cette église majestueuse. Nous écoutons une partie de la divine Liturgie.
Je souligne en premier la grande fraternité de l'équipe que nous formions. J'en ai été le bénéficiaire : vu ma lenteur pour marcher, spontanément, tous m'ont soutenu et attendu sans me faire sentir que je pouvais être un poids pour eux.
Ce qui m'a le plus frappé, c'est la dévotion mariale. Je savais, mais j'ai vu, j'ai expérimenté combien le culte rendu à la Mère de Dieu était important pour tous : prosternations, vénération des icônes. Le côté “miraculeux” des icônes m'a conduit à une attitude de respect même si, en moi-même, je restais prudent devant ces nombreuses interventions miraculeuses. Ces icônes sont la manifestation d'une foi profonde. Elles traduisent la force de la dévotion mariale dans la tradition orthodoxe du Mont Athos.
J'ai aussi été marqué par la beauté, comme une forme de prière. J'ai été frappé encore par le nombre de chantiers de restauration, dans la plupart des monastères que nous avons visités, et souvent de gros travaux, avec beaucoup de goût, en utilisant des matériaux traditionnels, respectueux de l'environnement. Marqué aussi par le déploiement des richesses dans les chapelles ou les églises : « rien n'est trop beau pour Dieu » !
Je ne peux pas terminer ces quelques notes sans exprimer ma profonde gratitude au Père Valeriu pour la délicatesse de son invitation. Que la Vierge Marie lui conserve ainsi qu'à sa propre famille et à tous les membres de sa communauté cette source de paix intérieure, force d'espérance et de confiance, sur le chemin qui nous mène à la suite du Christ jusqu'à son Père !
Père Jacques Meunier

Publication de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale
Le site internet www.apostolia.eu est financé par le gouvernement roumain, par le Departement pour les roumains à l'étranger
Conținutul acestui website nu reprezintă poziția oficială a Departamentului pentru Românii de Pretutindeni
Copyright @ 2008 - 2023 Apostolia. Tous les droits réservés
Publication implementaée par GWP Team