Sagesse spirituelle de l’Ancien Proclus (Nicau)
L’Ancien Proclus est né le 13/11/1928 dans le village roumain de Micolu Belan, région de Néamt.
À l’âge de 12 ans il partit pour le monastère de Sihastria, où il vécut 8 ans comme novice et fut tonsuré en 1948. Le moine Proclus a été un fidèle fils spirituel de l’Archimandrite Cléopas (Ilie) et a suivi ses Paroles sa vie durant. En 1959, eut lieu la campagne contre les monastères en Roumanie où ils furent fermés et où tous les moines qui n’avaient pas l’âge de la retraite en furent expulsés. Ce qui inclut le Père Proclus. Il avait 31 ans. Avec la bénédiction de l’Ancien Cléopas, il retourna dans son village natal et commença à y vivre une vie érémitique, en se cloîtrant dans une pauvre cabane. Père Proclus y vécut les 58 dernières années de sa vie dans le labeur ascétique, et le 27 janvier 2017 il partit vers le Seigneur, dans sa quatre-vingt-neuvième année.
Faisons tout avec amour !
Je suis heureux que vous cherchiez le Seigneur Jésus-Christ. Quiconque se tient fermement à l’Église acquerra le Paradis. Car pour quiconque l’Église est Mère, Dieu est Père. Autrement, il est vain de prononcer la prière « Notre Père ». Quiconque prie le « Notre Père » doit accepter l’Église comme sa Mère.
En arrivant à la phrase où il est écrit « Et remets-nous nos dettes comme nous les remettons ànos débiteurs » nous devons chercher si nous avons offenséquelqu’un de quelque manière et auquel nous n’aurions jamais demandé pardon. Ou, si jamais quelqu’un nous a demandé pardon, nous ne lui avons pas pardonné ? Si je ne fais pas ce qui est dit dans cette prière, cela signifie que je suis en train de mentir quand je prie, et que je ne suis pas un vrai enfant de Dieu.
En vérité, nous ne pouvons dire « Notre Père » que si nous pardonnons à tous ceux qui nous ont causé de la peine, des difficultés ou ont péché en quoi que ce soit envers nous. Quiconque ne pardonne pas, – bien, je ne sais comment il peut prier cette prière. Une telle personne est cruellement en faute.
Le plus grand problème de notre temps est l’inimitié – un cœur rempli d’irritation ne peut recevoir l’Esprit Saint !
Quand vous êtes dominé par la mémoire des fautes d’autrui, votre cœur est rempli d’irritation et votre âme sent qu’elle est en enfer. De notre mieux, ne nous vengeons pas de ceux qui nous offensent. Ne nous souvenons d’aucun mal infligé par quelqu’un ; et si quelqu’un nous afflige, prions pour lui : « Ô Seigneur, pardonne à celui qui m’a offensé ! »
Le meilleur moyen de vaincre le diable est la patience. Aussi longtemps que nous supportons et ne prenons pas notre revanche, l’esprit de paix nous calme. Selon le degré de prière pour nos ennemis et en prenant tout le blâme sur nous, nous ressentirons une grande paix de l’âme. Et si nos pensées nous disent « qu’un tel est aussi à blâmer et injuste envers moi » et que cette pensée nous conquiert, alors l’Esprit-Saint nous quitte, nous commençons à sentir la pesanteur dans notre âme, et nous ne pouvons plus continuer à endurer.
Si quelqu’un n’a pas d’humilité, alors après bien des punitions, des coups et des tristesses, il commence à reconnaître qu’il n’est rien d’autre qu’un animal, une bête, et parfois, plus bas qu’une bête. Il commence alors à chercher la Vérité, la Lumière, et il a honte d’avoir péché. Et s’il lui reste encore des jours à vivre, il commence à se repentir. Mais s’il ne le fait pas… Dieu nous en préserve !
Les peines et les difficultés nous aident à acquérir l’impassibilité et l’humilité. Le don d’impassibilité s’acquiert spécialement par ceux qui ne se vengent pas.
Si je désire aider quelqu’un, il m’est nécessaire de l’aider avec miséricorde ; je dois avoir de la miséricorde envers lui, et tout ce que je lui dis doit l’être avec miséricorde. Je n’arriverai à rien en grinçant des dents, car c’est le commandement du Seigneur de tout faire avec amour1.
Juger notre prochain chasse l’action du Saint Esprit
Dans les situations difficiles, comme en prison, la prière de la nuit est très utile. Prions notre Dieu Bon de tout notre cœur ! Et tout en le faisant, afin que notre prière soit acceptée, n’ayons aucune dent envers quiconque ; si quelqu’un a une dent contre nous, il n’arrivera à rien aussi longtemps que nous n’aurons aucun mauvais sentiment envers lui. Notre prière sera alors acceptable à Dieu. C’est une grande chose de prier sans avoir aucun sentiment déplaisant envers quelqu’un ! La prière nocturne est très précieuse.
Certains viennent à moi et disent : « Un tel m’a jeté un sort et le diable est entré en moi. Je suis tourmenté ; je suis allé à des offices d’onction, à l’église, mais sans aucun effet. » Je leur dis : « Attention, ces prières aident beaucoup si au moment de s’étendre pour dormir nous ne nous endormons pas avec un esprit dispersé mais avec prière et ne voulons de mal à personne. »
Aussi longtemps que je considère qu’un tel m’a jeté un sort, ma prière n’a aucun pouvoir. L’Esprit-Saint aide si nous ne voulons de mal à personne.
S’il arrive que j’aie jugé quelqu’un ou dit du mal de quelqu’un, je peux corriger ce péché en courant me confesser, en me souvenant de cette personne dans la prière et en ne disant jamais aucun mal d’elle.
Si nous voyons quelqu’un nous regarder avec colère, nous avons besoin de prier pour lui – par la pensée –que notre Dieu Bon lui apporte la paix. Ceci aide beaucoup à gagner une personne qui a de l’inimitié envers nous. Un ennemi peut être gagné ainsi : par des présents et une parole aimable. L’Esprit-Saint éloigne alors les mauvais esprits qui le tiennent captif, et il fait la paix.
Quiconque ne désire pas aller à l’église et faire un bon commencement, a une conscience qui dès lors, ne lui reproche plus rien, et Dieu l’abandonne. Et ensuite, comme l’Esprit-Saint l’a abandonné, le diable met de force la main sur lui et il peut finir en se noyant, ou tomber sous une automobile, ou même se pendre.
Ne vous battez contre personne ; nous devons nous battre contre l’esprit du mal. Notre combat est ainsi : nous ne pouvons rien faire par nos propres forces, mais l’Esprit Saint nous aide à la mesure de notre prière faite avec humilité.
Du livre du Moine Proclus Nicau, « Conscience, Dis-Moi » –
(Monah Proclu Nicâu. Conștiință, spune-mi tu. Sfânta Mănăstire Putna. 2016),
Traduction de l’Américain, Anne Monney
1. « Àceci tous reconnaîtront que vous êtes Mes disciples, si vous avez de l’amour les uns envers les autres » Jn XII, 35 – « Que ce que vous faites le soit avec charité » I Co. XVI, 35.

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