Ajouté le: 3 Novembre 2021 L'heure: 15:14

Le Roi Michel Ier de Roumanie et l’Église Orthodoxe Roumaine

Nous rendons aujourd’hui hommage à la personnalité lumineuse du Roi Michel Ier de Roumanie, lors de l’anniversaire des 100 ans depuis sa naissance, en mettant en évidence les grandes vertus qui l’ont guidé tout le long de sa vie : la foi en Dieu, l’amour envers le peuple roumain, la patience dans la souffrance, la dignité dans le comportement et le pouvoir de pardonner à ceux qui lui étaient hostiles.

Personnalité historique marquante de son siècle, monarque, maréchal de la Roumanie, vétéran de la IIe Guerre Mondiale, héroïque dans l’acte du 23 août 1944, le Roi Michel Ier de Roumanie a été, en même temps, un inébranlable fidèle de l’Église Orthodoxe Roumaine, un homme d’une foi puissante, qu’il n’a jamais hésité à confesser en public, vivant selon le principe qui a guidé la Monarchie Roumaine : « Nihil sine Deo » (« Rien sans Dieu »)1.

Né le 25 octobre 1921, la veille de la fête de Saint Mégalomartyr Dimitrios le Myroblite, il a été le premier prince né après l’union du pays en 1918. C’est pourquoi il a reçu le nom du Voïvode Michel le Brave, prince de la première Union de 1600, étant baptisé par le Métropolite Primate de la Roumanie, le futur Patriarche Miron Cristea, le dimanche, 22 janvier 1922.

Durant la première partie de son enfance, décisive pour la formation de la personnalité, le jeune prince Michel a joui de l’éducation spirituelle de sa mère, la Reine Hélène, une femme particulièrement croyante et pieuse. Plus tard, le Roi Michel allait avouer le fait que c’est par sa mère Hélène qu’il a pris l’habitude de prier souvent, de lire l’Écriture, de fréquenter l’Église, de se confesser et de communier.

Durant la période de son premier règne (20 juillet 1927 – 8 juin 1930), le Roi mineur Michel Ier a joui de la protection et de la sollicitude paternelle du Patriarche Miron Cristea, membre de la Régence Royale. Les témoignages de l’époque et les photographies conservées montrent cette relation proche entre le Roi et le Patriarche comme celle entre le petit-fils et son grand-père.

Entre 1932 et 1940, à la maison palatine organisée spécialement par son père, le Roi Carol II, pour l’éducation du jeune prince, Grand Voïvode d’Alba Iulia, celui-ci a eu comme professeur de religion l’académicien Nicolae M. Popescu, une grande personnalité de l’époque, qui, avec les savants Nicolae Iorga et Simion Mehedinți, a beaucoup contribué à la formation intellectuelle et spirituelle du futur Roi.

Durant toute cette période de sa formation, le Prince Michel se rendait souvent à la Cathédrale Patriarcale ou dans les différentes églises de Bucarest, participant aux Divines Liturgies de Pâques, du Nouvel An, de l’Épiphanie, aux offices de Te Deum les jours officiels, mais aussi les dimanches ordinaires, accompagné par des membres de la Famille Royale ou par des personnalités officielles.

Après l’abdication du Roi Carol II, le 6 septembre 1940, le Grand Voïvode d’Alba Iulia, Michel, a prêté le serment de foi devant le Patriarche Nicodim Munteanu, au Palais Royal, après quoi, dans la Cathédrale Patriarcale de Bucarest, il a reçu des mains du même Patriarche l’onction avec le Saint et Grand Chrême, devenant roi de la Roumanie. Les relations du Roi Michel Ier avec l’Église vont maintenant s’intensifier aussi dans une perspective institutionnelle.

Le nouveau Roi va participer aux grandes fêtes religieuses et même à des consécrations d’églises, comme par exemple le 6 octobre 1946, lorsqu’a eu lieu la consécration de la Cathédrale Métropolitaine de Timișoara, par le Patriarche Nicodim, le Roi Michel faisant partie des fondateurs de cette nouvelle et imposante cathédrale. 

Sur la base des dispositions de la Constitution, le Roi Michel va investir, au Palais Royal, les hiérarques nouvellement élus de l’Église Orthodoxe Roumaine : le Métropolite Tit Simedrea de la Bucovine (1941), l’Évêque Veniamin Nistor de Caransebeș (1941) et d’autres.

L’acte d’abdication forcée du 30 décembre 1947, et le départ du Roi Michel Ier de Roumanie dans un exil prolongé et injuste ont représenté un coup dur pour la Roumanie, mais aussi pour l’Église, puisque dans les années qui ont suivi le régime communiste allait commencer une terrible période de persécutions contre l’Église et contre ceux qui manifestaient de la fidélité ou de l’admiration pour la monarchie.

Malgré la politique qui consistait à effacer toutes les traces qui rappelaient la contribution de la monarchie au progrès de la Roumanie, l’Église a trouvé des solutions viables pour sauver les inscriptions, les pierres votives où apparaissait le nom du Roi Michel ou ses tableaux votifs, comme celui de la Cathédrale de Timișoara, celui du Monastère de « Sâmbăta de Sus », celui de l’église paroissiale de Dragoslavele–Argeș, celui de l’église de la paroisse de Salcia, jud. Dolj, et d’autres.

Durant l’exil prolongé du Roi Michel, sa foi puissante l’a aidé à dépasser avec patience et dignité, et à vaincre toutes les peines et les injustices éprouvées, conformément à ses propres confessions. Même si éloigné géographiquement de la Roumanie, le Roi Michel a continué à fréquenter l’Église Orthodoxe, dont il était le fils spirituel par le Baptême, et qui, à Athènes, le 10 juin 1948, allait célébrer son mariage avec la princesse Ana de Bourbon, et qu’ensuite, toujours dans l’Église Orthodoxe, ils baptisent aussi leurs cinq filles : Margareta, Elena, Irina, Sofia et Maria.

Deux ans après la chute du régime communiste, la visite de Sa Majeste le Roi Michel de Roumanie, les 25-27 avril 1992, a eu une profonde signification. Chassé du pays en 1947 par le régime communiste installé au pouvoir, le Roi Michel revient, après 45 ans, en 1992, en Roumanie, au Monastère de « Putna », fondation du Saint Prince Étienne le Grand, afin de participer à la Solennité de la Résurrection du Seigneur, confirmant ainsi que, après la croix de la souffrance, est arrivée la résurrection ou la délivrance du peuple roumain du joug communiste totalitaire.

Depuis, durant les deux dernières décennies, la présence du Roi Michel en Roumanie aux grandes fêtes chrétiennes ou aux divers événements importants de la vie de l’Église est devenue familière et grandement appréciée par le clergé et par le peuple.

Le Roi a été présent à la Cathédrale Patriarcale et à la Résidence Patriarcale de Bucarest en 1997, 2000, 2001 et 2006. Il s’est rendu à la Cathédrale Métropolitaine et à la Résidence Métropolitaine de Iaşi en 1997 et 1999, à la Cathédrale Métropolitaine et à la Résidence Métropolitaine de Timişoara en 1997, 2002 et 2008. Il s’est rendu à la Cathédrale Métropolitaine et à la Résidence Métropolitaine de Craiova en 2005 et 2007, tout comme à d’autres cathédrales éparchiales, où il a été reçu avec des honneurs ecclésiaux particuliers.

Il a rendu visite à beaucoup d’églises et de monastères de Roumanie, étant reçu avec respect et beaucoup de joie. Au Monastère « Sihăstria » de Neamţ il a souhaité avoir un entretien avec le grand père spirituel le Père Cleopa Ilie, qui a beaucoup apprécié et a admiré le Roi.

Le 15 mars 1998, le Roi Michel a assisté, à Paris, à l’ordination du Métropolite Joseph Pop de la Métropole Orthodoxe Roumaine d’Europe Occidentale et Méridionale, montrant ainsi aux Roumains de l’Occident son lien avec l’Église du peuple roumain.

Ensuite, Son Éminence le Métropolite Joseph est devenu son père spirituel et son confident. Le 30 septembre 2007, le Roi Michel a participé personnellement à l’événement de notre intronisation en tant que Patriarche de l’Église Orthodoxe Roumaine, adressant un message à ceux qui étaient présents dans le Palais du Patriarcat d’aujourd’hui, à savoir dans l’ancien Palais du Parlement de la Roumanie, où Sa Majesté a prononcé un discours en 1946, lorsqu’il était encore Roi de la Roumanie.

Les dernières années de la vie du Roi Michel se sont identifiés en quelque sorte avec la vie de prière d’un moine, puisque, étant aidé et soigné par des moniales, il leur demandait de faire leur prière quotidienne à haute voix en sa présence. Il a reçu souvent la visite du Métropolite Joseph de Paris, et du prêtre orthodoxe roumain Adrian Diaconu, de Genève et Lausanne, à qui il demandait divers offices et prières.

Le Roi Michel a vécu avec discrétion mais avec intensité la foi orthodoxe dans laquelle il a été baptisé, et qu’il a gardée avec beaucoup de soin tout le long de sa vie, comme le trésor le plus précieux reçu de sa mère, la Reine Hélène, et du pieux peuple roumain. Cette foi l’a aidé à rester inébranlable dans son amour envers le peuple roumain, envers l’Église et la famille. De même, nous devons mentionner que, tout en étant chrétien orthodoxe en paroles et en actes, le Roi Michel était aussi respectueux des autres cultes religieux, étant un homme de paix interethnique et interreligieuse.

Le Roi Michel Ier de Roumanie a milité pour et contribué intensément à l’intégration de la Roumanie dans l’OTAN et dans l’Union Européenne, parce qu’il appréciait beaucoup la liberté et la démocratie. Après la réalisation de ces objectifs, il a prononcé un discours au Parlement de la Roumanie, le 25 octobre 2011, où il a dit que «le monde de demain ne peut exister sans morale, sans foi et sans mémoire» et a adressé l’exhortation de cultiver, de même, l’identité et la dignité nationales, valeurs que le Roi Michel a défendues par son exemple personnel tout le long de sa vie.

Par sa personnalité, sa vie et son travail, le Roi Michel Ier de Roumanie restera dans la mémoire du peuple roumain un flambeau de Résurrection dans des temps troubles.

† DANIEL, Patriarche de l’Église Orthodoxe Roumaine

1. Voir : Daniel, Patriarche de Roumanie, “Regele Mihai I al României – o făclie de Înviere în vremuri de răscruce – Le Roi Michel Ier de Roumanie – un flambeau de résurrection dans des temps troubles”, parole adressée à l’occasion de la séance solennelle du Sénat et de la Chambre des Députés du Parlement de la Roumanie, dédiée à la commémoration de Sa Majesté le Roi Michel Ier de Roumanie, lundi, le 11 décembre 2017.

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