I. La prière avant la Communion
À chaque fois que nous allons à la Communion, nous disons au Seigneur que nous venons à Lui Qui est le Sauveur des pécheurs, mais nous affirmons aussi que nous en sommes « le premier ». Quand nous faisons une telle affirmation, combien y‑a‑t‑il de vérité en elle ? Est‑elle honnête ? Pouvons‑nous vraiment dire que nous nous considérons comme « le pire de tous les pécheurs » ? Saint Jean de Cronstadt, dans son « Journal » fait une mise au point que je crois être très importante ; il dit que lui aussi se pose cette même question, et qu’il peut y répondre en toute honnêteté parce que, si les autres avaient reçu autant d’amour, autant de grâce, autant de divine Révélation que lui, ils en auraient porté un fruit qu’il s’est montré incapable de porter.
Et ainsi, est‑ce une manière de nous mettre en question quand nous nous approchons de la Communion, et que nous disons les paroles de la prière avant de communier. Est‑ce simplement que nous les répétons parce qu’elles sont écrites dans les livres ? Ou est‑ce que nous sommes conscients – mais conscients de quoi ? Conscients d’être pécheurs ? Oui, nous en sommes tous plus ou moins conscients ; mais sommes‑nous conscients de combien nous avons reçu de Dieu et de combien peu de fruit nous en avons porté ? C’est seulement si nous voyons de manière frappante et claire le contraste entre ce qui était possible, en vérité – tout ce qui EST possible – et tout ce que nous sommes, que nous pouvons honnêtement prononcer de telles paroles.
Réfléchissons‑y, parce que nous ne pouvons dire à Dieu des paroles par courtoisie, des mots remplis de politesse quand nous prions. Ce que nous disons doit être vrai, et nous devons faire de chaque prière un test de vérité de notre conscience et de nos vies.
Gardons cela avec nous jusqu’à notre prochaine Communion, afin qu’un jour, peut‑être non cette fois‑là, mais après une longue vie de recherche, de prière, de jugement sur nous‑mêmes, nous puissions dire en vérité : « Dieu, ô Dieu ! Combien Tu m’as donné, et combien peu de fruit j’ai porté ! Si quelqu’un avait reçu ce que Tu m’as donné, il serait déjà un Saint ! » Amen.
Newsletter 214, 18 septembre 1988 (Trad. Anne Monney)
II. L’Eucharistie
Au nom du Père et du Fils et du Saint‑Esprit.
Quand le Seigneur a institué à la Dernière Cène le Mystère de notre Foi que nous appelons la Sainte Liturgie ou l’Eucharistie, Il a réuni Ses disciples autour de Lui, à la fois ceux qui Lui furent fidèles jusqu’à la mort et celui qui avait déjà préparé la trahison de son Maître, et Il confronta ce dernier, ensemble avec les autres, à l’extraordinaire amour de Dieu – parce que, être admis à la table d’un homme signifie que lui, notre hôte, nous considère comme ses égaux, ses compagnons au sens ancien du terme, ceux qui ont le droit de rompre le pain avec lui, de partager avec lui la substance de la vie ; égaux dans l’amour de Dieu, égaux avec Dieu au travers de Son amour pour nous.
C’est l’un des aspects de cet évènement extraordinaire que nous appelons la Dernière Cène. Mais nous lui avons aussi donné un autre nom : nous l’appelons l’Eucharistie du mot grec qui signifie à la fois « don » et « action de grâce ». En vérité, nous pouvons voir que la Communion au Corps et au Sang du Christ, cette relation incroyable qu’Il accepte pour nous, est le plus grand don que le Seigneur puisse nous accorder : le compagnonnage et l’égalité, de devenir collaborateurs de Dieu, et au travers de cette incroyable, insondable action et puissance de l’Esprit‑Saint (car ce Pain n’est plus du pain seulement et ce Vin seulement du vin, étant devenus Corps et Sang du Donneur), nous commencions à naître et à croître dans la participation de la nature divine, comme dieux par adoption ; et aussi, pour que nous devenions avec Celui qui S’est incarné comme le Fils de Dieu, la révélation totale de la présence de Dieu, le « Christ Total » dont parle Saint Ignace d’Antioche. Et au‑delà, plus haut, plus profond même que cela, dans cette communion de nature et de vie du Fils Unique de Dieu, selon les paroles de Saint Irénée de Lyon, pour que nous devenions en vérité le Fils Unique, au regard de Dieu Lui‑même.
Ceci est le don, mais où est l’action de grâce ? Que pouvons‑nous apporter au Seigneur ? Du pain et du vin ? Ils Lui appartiennent. Nous‑mêmes ? Ne sommes‑nous pas les Siens ? Il nous a tirés du néant à l’être. Il nous a gratifiés de tout ce que nous sommes et de tout ce que nous possédons. Que pouvons‑nous alors Lui offrir qui soit réellement nôtre ? Saint Maxime le Confesseur dit que Dieu peut tout faire sauf une chose. Il ne peut obliger la plus petite de Ses créatures à L’aimer, parce que l’amour est la liberté suprême. C’est le seul don que nous puissions apporter à Dieu, le don d’un cœur confiant. Mais pourquoi cette mystérieuse Cène de l’Eucharistie demande‑t‑elle plus que tout autre office une action de grâce, plus que toute autre de nos actions ? Que pouvons‑nous donner à Dieu ? C’est la question à laquelle le Psalmiste répond lui‑même des siècles auparavant, avant que le Christ n’apparût et révélât l’amour divin, et sa réponse fut si inattendue et si vraie. Il dit : « Que rendrai‑je au Seigneur pour tout ce qu’Il m’a donné? » et il répond : « Je prendrai le calice du salut et j’invoquerai le Nom du Seigneur, j’acquitterai mes vœux au Seigneur devant tout Son peuple (…) je Te sacrifierai un sacrifice de louange ». La suprême action de grâce n’est pas de rendre, parce que celui qui reçoit et donne en retour paie le don et ainsi, détruit en quelque sorte le don. En vérité les deux sont à égalité, les deux ont donné, les deux ont été au bout de la chaîne du don, mais le don réciproque a détruit les deux joies jusqu’à un certain point.
Si nous sommes capables de recevoir de tout notre cœur, alors nous exprimons vraiment notre totale confiance, notre assurance que l’amour du donateur est parfait et c’est en recevant de tout notre cœur, en toute simplicité que nous suscitons la joie chez celui qui a donné de tout son cœur. Ceci est vrai même dans les relations humaines ! Nous désirons rendre un don seulement pour nous libérer de la gratitude et d’une certaine obligation dans laquelle nous nous sentons quand nous recevons comme quelqu’un qui n’aime pas recevoir de tout son cœur et de quelqu’un que nous n’aimons pas assez pour recevoir de lui de tout notre cœur. C’est pourquoi l’Eucharistie est la suprême action de grâce de l’Église et la suprême action de grâce de la terre. Les gens qui ont confiance en l’amour de l’Église et de Dieu avec un cœur ouvert sans pensée aucune de rendre le don, seulement en se réjouissant de l’amour qu’il exprime, reçoivent de Dieu non seulement ce qu’Il peut accorder mais aussi ce qu’Il est, la participation à Sa vie, à Sa nature, à Son éternité, à Son amour divin.
C’est seulement si nous sommes capables de recevoir avec une gratitude parfaite et une joie parfaite que notre participation à l’Eucharistie peut être véritable, et alors seulement l’Eucharistie deviendra‑t‑elle l’acte suprême de la gratitude. Mais la gratitude est difficile car elle demande de l’espoir, un cœur aimant capable de se réjouir quand il reçoit, et une confiance et une foi parfaite en l’amour de celui qui donne, et que ce don n’a pas un sens d’humiliation ou d’obligation. C’est pourquoi nous devons croître de jour en jour en la capacité d’aimer et d’être aimé, d’être reconnaissants et de nous réjouir, et alors seulement la Dernière Cène et le Seigneur deviendront ce don parfait de Dieu et une réponse parfaite de la terre. Amen.
Newsletter no 180, novembre 1985 (Trad. Anne Monney)
III. Prières après la Communion
Il devrait toujours y avoir la lecture des prières d’action de grâce après la Communion afin que ceux qui ont eu la Communion puissent remercier le Seigneur. Tous ceux qui viennent à la Communion le font en privé ; mais la Communion n’est pas seulement un évènement privé ; c’est un moment où nous sommes unis non seulement au Christ, à Dieu, mais aussi d’une manière nouvelle les uns aux autres.
Aussi, a‑t‑il été décidé lors de notre dernière Assemblée Générale que ces prières d’action de grâce seraient lues à la fin de la Liturgie. Notre Diacre les lira au milieu de l’église devant la Croix de notre Seigneur. Et je voudrais, qu’en allant vénérer la Croix, vous soyez en silence, pour permettre à ceux qui se rassembleront autour du lecteur d’écouter de tout leur cœur, de tout leur esprit et d’offrir toute leur gratitude. Cependant, ce silence que je demande n’est pas seulement destiné à le leur rendre possible, mais aussi à réaliser comme nous devrions tous être reconnaissants en tant que corps vivant de personnes, et non en un rassemblement d’individus, mais un corps de frères et de sœurs ; que certains d’entre nous sont unis de cette manière mystérieuse aujourd’hui avec le Seigneur ; et que leur gratitude devrait aussi être la nôtre.
Par conséquent, prenons part avec eux tous ensemble à ces prières, et si nous allons vénérer la Croix et repartons de notre côté, remercions Dieu que plusieurs aient déjà reçu la Communion aujourd’hui, et soient plus profondément un avec le Seigneur qu’auparavant. Amen.
18 mars 1990
(Trad. Anne Monney)

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