Ajouté le: 15 Mars 2020 L'heure: 15:14

Pour le premier dimanche du grand Carême ou « Triomphe de l’Orthodoxie »

Les Saints Martyrs Auxence, Stéphane, Basile, Grégoire, un autre Grégoire, Jean, Basile, Jean, André, Pierre, Anna et bien d’autres furent persécutés pour la Vénération des Saintes Icônes avec le Saint Moine Martyr Stéphane le Nouveau avec lesquels ils souffrirent en prison. Après son rappel à Dieu, ils furent tous exécutés.

Les Saints 42 moines martyrs pour la défense des icônes en 741, et la liste pourrait s’allonger…

Les Saints Martyrs Auxence, Stéphane, Basile, Grégoire, un autre Grégoire, Jean, Basile, Jean, André, Pierre, Anna et bien d’autres furent persécutés pour la Vénération des Saintes Icônes avec le Saint Moine Martyr Stéphane le Nouveau avec lesquels ils souffrirent en prison. Après son rappel à Dieu, ils furent tous exécutés.

Les Saints 42 moines martyrs pour la défense des icônes en 741, et la liste pourrait s’allonger…

Il semblerait que le mot « victoire » de l’Orthodoxie » serait plus approprié. En effet, gardons sous les yeux notre propre vulnérabilité et particulièrement en ce temps où l’Église est déchirée. Certes, le « triomphe » de l’Orthodoxie en tant que voie droite de la Vérité est indéfectible, immuable, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Il nous appartient en tant qu’Église de le garder comme le trésor le plus précieux au monde car c’est sur le Christ Lui-même qu’il a été constitué.

En ce dimanche consacré à l’Orthodoxie, gardons en mémoire éternelle ceux qui ont versé leur sang pour le maintien de la vénération des icônes et dont nous ne sommes pas vraiment conscients des souffrances atroces qu’ils ont supportées pour elle. La vie de Saint Stéphane le Nouveau, ci-dessous, en témoigne. Il serait trop long d’exposer en quoi cette vénération témoigne de l’essence-même de l’Orthodoxie : l’incarnation du Christ qui désormais a révélé le visage du Fils de Dieu, la divinisation de l’homme qui est peinte sur les icônes.

« Celui qui grâceàtoi (la Mère de Dieu)
A conversé avec les hommes,
Lui le Dieu de l’univers,
A pris l’aspect humain
dont nous vénérons, sur les icônes, les traits. »1

Souvenons-nous, à chaque fois que nous nous signons en vénérant une icône ou une relique, non seulement de ce privilège mais surtout de ceux qui ont versé leur sang et subi des souffrances innombrables pour nous redonner cette liberté.

Anne Monney

Saint Stéphane le nouveau martyr pour la vénération des icônes et des reliques

Saint Stéphane vit le jour à Constantinople de Parents Pieux et distingués qui étaient restés longtemps stériles. En obtenant ce garçon de Dieu à la suite d’une Apparition de la Toute Sainte Mère de Dieu, ils firent le vœu de le consacrer au Service Divin. Baptisé par le Saint Patriarche Germain qui le plaça sous la protection du Saint Protomartyr Stéphane, le jeune garçon croissait en science et en vertu au mépris des vains plaisirs et s’appliquant en particulier à la pratique de la douceur et de l’humilité. Lorsqu’arriva le moment pour les parents de Saint Stéphane de remplir leur promesse et de consacrer leur fils à Dieu, l’empereur Léon III l’Isaurien (717-741) commençait à prendre ses premières mesures d’interdiction de la Vénération des Saintes Images et de persécution des Défenseurs de l’Orthodoxie. Ils jugèrent plus prudent de s’éloigner de la capitale où sévissait l’hérétique souverain et de confier leur fils aux Moines du Mont Saint-Auxence près de Nicomédie.2

[…] À la mort de Léon (741), son fils Constantin V fut couronné empereur. Au début de son règne, il sembla ne pas se préoccuper de la suppression des Saintes Images, trop affairé qu’il était à s’opposer à l’usurpateur Artavasde et à la menace arabe en Orient. Mais sitôt son autorité bien assise, il déclencha une sauvage répression contre ceux qui vénéraient les Saintes Icônes. Il dévasta des églises, fit profaner les vases sacrés ornés de Saintes Représentations, fit blanchir à la chaux les murs couverts de fresques et fit brûler les Saintes Icônes sur bois. On ne respectait que les peintures ayant un caractère profane et décoratif et l’on n’admettait que la Croix comme digne de Vénération. Tous ceux qui osaient s’opposer à ses mesures étaient sévèrement châtiés, en particulier les Moines. Pourchassés, exilés et torturés, ceux-ci accouraient en grand nombre vers le Mont Saint-Auxençe pour trouver auprès de Saint Stéphane réconfort et encouragement à persévérer dans la Confession de l’Orthodoxie. Il leur conseillait d’émigrer dans les régions encore indemnes des cruelles mesures impériales : la Mer Noire, le Golfe Persique, Chypre, la côte de Syrie et surtout l’Italie du Sud où des milliers de Moines trouvèrent alors refuge. En 754, le tyran réunit un pseudo-concile au palais de Hiéra composé de plus de trois cents évêques soumis à son autorité et lui fit proclamer officiellement la suppression de la Vénération des Saintes Images et la reconnaissance de ses folles doctrines personnelles car il se piquait de théologie. Fort de cette décision, Constantin V fit partout détruire les Saintes Images et ordonna qu’on les remplace par des représentations de l’empereur ou par des scènes profanes. On détruisait aussi les Précieuses Reliques des Saints de Dieu et on allait même jusqu’à condamner la Vénération de la Mère de Dieu et des Saints. Partout, on brûlait, frappait et emprisonnait les Confesseurs. Ce fut une persécution systématique contre le monachisme dont la plus grande indépendance que la hiérarchie officielle à l’égard de l’autorité constituait toujours un facteur de résistance à l’arbitraire impérial. On fermait les monastères en les convertissant même en casernes, bains ou autres édifices publics. On outrageait les Moines, les obligeant à prendre l’habit laïc et à se marier sous peine de torture. À ceux qui résistaient, on coupait le nez, la langue ou on affligeait d’autres sévices avant de les envoyer en exil. Sans crainte des représailles, Saint Stéphane continuait sa résistance et apparaissait partout comme le chef du parti orthodoxe. Il fut mis en demeure par les envoyés de l’empereur de se rendre à Constantinople pour souscrire aux décisions du concile hérétique mais comme il avait refusé et les avait renvoyés courageusement, ceux-ci conçurent une fourberie pour le discréditer auprès de ses nombreux partisans et leur permettre de l’emmener. Ils firent courir le bruit que Saint Stéphane se livrait à la débauche avec une honorable Moniale du monastère (sa fille spirituelle) et payèrent des faux témoins pour l’affirmer devant l’empereur. Anne, la Moniale, fut emmenée à Constantinople et comparut devant le souverain. Comme elle réfutait ces infâmes calomnies, elle fut cruellement torturée mais Saint Stéphane resta indemne. Finalement, on réussit à l’appréhender, prétextant à l’aide d’une nouvelle fourberie qu’il avait contraint un jeune favori de l’empereur à revêtir l’Habit Angélique. Arrêté, il fut enfermé dans un monastère de Constantinople tandis qu’on incendiait son monastère et qu’on dispersait ses disciples. Il fut confronté aux théologiens de l’empereur en public mais il soutint alors brillamment la Tradition Apostolique défendue dans l’Église par les Saints Pères. Comme on le plaçait devant l’alternative de signer les décisions du concile ou mourir dans les tourments, Saint Stéphane se moqua de ses accusateurs, leur montra que ce concile ne pouvait en être un et que les six premiers Conciles Œcuméniques ayant été réunis dans des églises ornées elles-mêmes d’Images, ses décisions étaient manifestement hérétiques et étrangères à la Tradition Apostolique et Patristique. Il fut alors condamné à l’exil en 755 dans l’Île de Proconnèse en Propontide. Il profita de cet exil pour se retirer dans une étroite cellule au sommet d’une colonne pour entreprendre de nouveaux exploits ascétiques. Il obtint ainsi une telle faveur auprès de Dieu qu’il accomplit de nombreux Miracles pour ceux qui venaient vers lui et confessaient la Sainte Foi Orthodoxe en vénérant l’Image du Christ. Ces Miracles firent encore grandir la renommée de Saint Stéphane et renforcèrent les partisans de l’Orthodoxie car on aurait été bien en peine de trouver une telle Sainteté dans le camp des hérétiques. Pour mettre fin à ce prestige, l’empereur fit transférer Saint Stéphane à Constantinople dans la prison du prétoire. Il y retrouva trois cents quarante-deux autres Moines Confesseurs de la Foi. Tous portaient sur leurs corps les marques de leurs glorieux combats : les uns le nez coupé, d’autres les oreilles ou la langue, d’autres avaient été honteusement outragés et couverts de purin. À leur vue, Saint Stéphane glorifia en pleurant leur Foi et leur endurance. Il rendit courage aux désespérés, les exhorta à demeurer fermes sur la pierre de la Foi jusqu’au terme du combat et il les réunit comme un seul corps sous sa puissante autorité spirituelle. Malgré les difficiles conditions de leur détention, Saint Stéphane organisa la vie des prisonniers comme dans un monastère au rythme de la Louange Perpétuelle de Dieu et dans l’union harmonieuse de tous. Il convertit même à l’Orthodoxie ses geôliers qui écoutaient eux aussi avec admiration les récits des luttes des Saints Confesseurs. Après onze mois d’emprisonnement, Saint Stéphane reçut la Révélation de son proche rappel à Dieu. Il entreprit alors un jeûne de quarante jours pendant lesquels il enseignait nuit et jour à ses disciples la voie du Salut puis le dernier jour venu, il ordonna de célébrer une Vigile de toute la nuit pour recevoir de Dieu la force dans son ultime combat. L’empereur avait fait afficher partout la sentence d’exécution du chef du parti orthodoxe afin d’effrayer ceux qui cachaient chez eux des Moines ou des Confesseurs de la Foi si bien que dans une grande confusion, la foule excitée par les soldats se précipita au prétoire, on retira Saint Stéphane pour le traîner sur la voie publique en le couvrant d’injures et de coups.

Lorsque le cortège parvint à l’église Saint-Théodore, un de ces mécréants le frappa la tête avec une poutre qui lui brisa le crâne et répandit sa cervelle sur le sol. La dépouille de Saint Stéphane fut alors atrocement mutilée et jetée dans la fosse commune réservée aux idolâtres.

C’était le 28 novembre 766 et Saint Stéphane était âgé de cinquante-trois ans.

Notes :

1. Complies Ton 8, ode 8 – Octoèque – trad. Denis Guillaume.
2Fondé au cinquième siècle par Saint Auxence (14 février), ce n’était pas à l’époque un monastère mais plutôt un groupement d’Ascètes qui vivaient sous la direction d’un Père Spirituel. Non loin de là, se trouvait un monastère de Moniales.

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