Ajouté le: 3 Novembre 2019 L'heure: 15:14

Pour la fête des Puissances Incorporelles, le 8 novembre

Le texte qui suit est extrait du livre « The Holy Angels » (1981) – de la Mère Abbesse Alexandra du monastère orthodoxe de la Transfiguration à Ellwood City, en Pennsylvanie, USA.

Baptisée Ileana, née à Bucarest en 1909, cette princesse étaitla plus jeune fille du Roi Ferdinand et de la Reine Marie. Elle vécut les terribles évènementsde la 1re guerre mondiale et très tôt, suivit sa mère dans ses œuvrescaritatives. Vivant par son mariage en Autriche, elle retourna en Roumanie au moment du Nazisme, et y construisit un hôpital en mémoire de sa mère. À l’arrivée du communisme à la fin de la 2e guerre mondiale, elle devint définitivement une exilée que personne ne voulait. Finalement, elle s’installa dans le Massachusetts, gagnant la vie de sa famille. Dès que ses six enfants furent indépendants, elle réalisa son rêve : se consacrer à Dieu dans la voie monastique.

« C’était tôt le matin, à l’âge de sept ans, que je vis des anges. J’en suis aussi sûre maintenant que je le fus alors. Je ne rêvais pas ni « ne voyais des choses » – je sais seulement qu’ils étaient là, simplement, clairement, distinctement. Je n’en fus ni étonnée ni effrayée. Je n’en ai même pas eu de terreur – cela m’a seulement fait un plaisir formidable. Je voulais leur parler et les toucher.

L’aube éclairait notre chambre à coucher d’enfants, et je vis un groupe d’anges qui se tenait autour du lit de mon jeune frère et semblait bavarder. J’en étais consciente bien que je ne pusse entendre leurs voix. Ils portaient de longues robes flottantes aux nuances douces et variées. Leurs cheveux arrivaient sur leurs épaules, et de différentes couleurs allant du blond  et du roux  au brun foncé. Ils n’avaient pas d’ailes. Au pied du lit de mon frère Mircea se tenait un être céleste, un peu à l’écart des autres – il était plus grand, et extraordinairement beau, avec de grandes ailes blanches. Dans sa main droite, il tenait un cierge allumé ; il ne semblait pas appartenir au groupe rassemblé autour du lit. Il se tenait clairement à part et aux aguets. Je sus qu’il était l’ange gardien. À ce moment-là, je me rendis compte qu’au pied de mon propre lit se tenait une créature céleste similaire. Il était grand, sa robe était bleu foncé avec de larges et souples manches. Ses cheveux étaient auburn, son visage ovale, et sa beauté telle que je ne peux la décrire car elle ne pouvait se comparer à rien d’humain. Ses ailes s’étendaient haut derrière lui. Il  tenait l’une de ses mains  sur sa poitrine, tandis que de l’autre, il tenait un cierge allumé. Son sourire ne pouvait se dire qu’angélique ; amour, bienveillance, compréhension, et assurance émanaient de lui. Enchantée, je rampai de dessous mes couvertures et à genoux dressés contre le montant de mon lit, je tendis la main avec l’ardent désir de toucher mon souriant gardien, mais il recula d’un pas, leva une main pour m’avertir, et gentiment secoua la tête. J’étais si proche de lui que j’aurais facilement pu l’atteindre. « Oh, je vous en prie, ne partez pas ! » m’écriai-je ; à ces mots, les autres anges me regardèrent et il me sembla entendre un rire argentin, mais je ne suis pas certaine de ce son, bien que je sache qu’ils riaient. Ensuite, ils disparurent.

Je n’étais qu’une enfant quand je vis mon ange gardien. À mesure que le temps a passé, je me suis souvenue encore sporadiquement de sa présence et l’ai reconnue mais le plus souvent, je l’ai ignorée. Paradoxalement, c’est le mal et la détresse qui m’ont ramenée brusquement à cette vision et l’ont éclairée.

Peut-être  à cause de tout ce dont j’avais été témoin et que j’avais subi pendant la guerre et sous l’occupation communiste, je fus tourmentée, les années qui ont suivi, de cauchemars démoniaques. Mon unique salut pendant ces rêves était de faire le signe de Croix. J’ai toujours su que j’étais endormie ; c’était un rêve conscient – mais passer du sommeil à l’éveil était une torture.

Un jour, en regardant une collection de vieilles icônes, je suis tombée sur un triptyque représentant l’ange gardien : sur le panneau du milieu, il défend des mauvais rêves celui qui dort et dont il a la garde. Plus tard, quand je fus une fois de plus tourmentée par l’un de mes plus horribles cauchemars, au moment de me réveiller, je me suis soudain souvenue de l’icône, et avec une clarté  qui m’a submergée, je me suis rappelée qu’enfant, j’avais vu mon ange gardien.

À cet instant, avec une certitude extrême,  je me suis tournée vers mon ange gardien comme je ne l’avais jamais fait depuis mon enfance ; je sus absolument, comme lorsque je l’avais vu, qu’il se tenait près de moi pour me protéger. Rassurée et en paix, je me replongeai dans un sommeil profond et paisible.

(…) Pour moi, aujourd’hui, cette expérience a une signification très réelle et édifiante, et les anges sont devenus une réalité  prodigieuse. Leur activité parmi nous m’est devenue une réalité vitale et positive. Désormais, je ne cherche plus à les voir, la conscience de leur présence est suffisante. Tenter d’avoir la vision d’anges,  ou espérer ou demander une telle chose est fausse. Chercher une intimité avec eux par n’importe quel autre moyen que la grâce de Dieu est inutile ; le Christ est notre seul chemin pour nous unir au Père et à toutes Ses créatures.

Les anges sont pur esprit, mais ils ne manquent pas nécessairement de consistance, dont la nature est au-delà de notre portée. Quand nous les voyons, nous contemplons une réalité. Ce serait peut-être impropre d’appeler une telle expérience « vision », si  nous voulons dire par le mot vision un état apparenté à l’extase, et non simplement la faculté de voir. Ce que nous voyons à de telles occasions, nous le percevons tout à fait sans effort, tout en sachant que matériellement parlant il n’y a rien à voir. Selon ce qui est rapporté dans les Écritures, et aussi par le témoignage des Saints, l’émotion suscitée dans ce cas est décrite comme une joie et un étonnement, quelquefois la peur, dans lesquels l’esprit demeure parfaitement clair et le jugement inaltéré.

Saint Siméon dit que « ceux qui en sont dignes … perçoivent, à la fois par les sens et par l’intellect, ce qui est à la fois au-dessus  des sens et de l’intellect ». Jeanne d’Arc, dans sa grande épreuve, a dit qu’elle avait eu la vision de Sainte Catherine et de l’Archange Saint Michel près de ses genoux,  mais quand on lui a demandé ce qu’elle avait saisi, elle fut incapable de l’expliquer. Je ne crois pas que les anges se matérialisent dans le sens physique du terme, cependant ils ont un état concret spirituel. Ils ne sont pas transparents comme les spectres, mais ils apparaissent à ceux qui les voient comme tout à fait réels.

(…) Les saints anges sont immortels par la grâce de Dieu. Ils ont une autonomie positive et dynamique ainsi qu’une existence indépendante de tout excepté Dieu. Ils sont loin de n’avoir aucune volonté, mais cette volonté s’accorde complètement à celle de Dieu, à cause de leur extrême amour et adoration du Seigneur. Les tourments du temps leur sont inconnus.

L’adoration des anges, dans un sens païen, est définitivement fausse et interdite par les Écritures et l’Église, mais prier pour avoir leur aide et les révérer est tout à fait en accord avec Elles. La prière est le grand lien de l’unité, le fond qui soude toute la Création pour qu’elle se tienne comme une devant Lui. Les saints anges de Dieu nous gardent, nous conduisent comme des bergers, nous soignent quand nous tombons, nous consolent sur notre chemin. Notre ange personnel et aussi les gardiens des différentes nations1, mêlent leurs prières aux nôtres, les portant au Dieu très Haut, jusqu’à ce que nous nous tenions tous devant Son Trône et connaissions comme nous sommes connus (I Co. XIII, 12). »

Anne Monney, 
(Introduction et traduction de l’Américain)

Note :

1. Il est dit que l’Archange Saint-Michel est le gardien de la France (NDT.)

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