Le cœur est empoisonné et enténébré par le plaisir et la sensualité. Comme il est enténébré, il accomplit l’œuvre des ténèbres, attristant le Saint-Esprit qu’il a reçu lors de sa nouvelle naissance dans les fonts baptismaux. Réciproquement, la douleur et l’affliction chassent du cœur la sensualité coupable. En étant purifié par la souffrance, il devient apte à recevoir l’Esprit Consolateur. Une fois que le Consolateur est présent, Il console, encourage et illumine le cœur, et comme un nourricier, Il lui donne vie par les divins enseignements ainsi que le soutien de la joie et de l’espoir.
Ainsi donc, lève les yeux vers le serpent noétique d’airain1, Jésus, Qui guérit au travers de la souffrance toute âme qui est dans la douleur des morsures empoisonnées du péché sous toutes ses formes. Il s’ensuit, selon les vérités inébranlables de l’expérience, que souffrance et affliction sont les médicaments les plus essentiels à l’âme malade du péché. Elles sont en même temps d’excellents maîtres de l’élévation spirituelle de l’âme qui a souillé sa beauté dans le péché et les ténèbres morales, ayant ainsi acquis de mauvaises habitudes.
La douleur, dans un autre sens de ce mot, devient un cultivateur habile qui prend l’âme pécheresse comme une olive sauvage et la greffe sur un bon olivier. Le péché endurcit le cœur du pécheur et le rend insensible ; rien ne le touche parce que Dieu Qui aime les gens, manque. Cependant, ce que Dieu fait – Celui Qui aime l’homme, Qui « est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc, XIX, 10) – est d’extirper le salut par la souffrance, et en partie de la maladie, pour l’âme qui s’est égarée. Par exemple, vous voyez un jeune gonflé de sa force dès sa prime enfance, se conduisant avec arrogance, en oubliant Dieu et son âme, qui, soudain, gît sur le lit de la douleur. Alors, comme le médecin le plus expérimenté et habile, la souffrance commence sa chirurgie. D’abord, elle opère le cœur en enlevant la dureté petit à petit et ainsi elle adoucit l’âme. Celui qui auparavant avait un cœur dur, acquiert des sentiments doux et calmes. Il a de la compassion pour son prochain lui aussi malade ; et lui qui était sans sympathie autrefois parle avec sympathie.
Une fois que son cœur a été préparé pour ces autres sentiments – différents de ceux d’avant – par le bâton instructif de la douleur, alors les oreilles de son âme, sourdes jusqu’alors, s’ouvrent et il accepte, retient, écoute attentivement la parole de vérité : l’Évangile du Salut. C’est alors que celui qui avait été d’abord indifférent à Dieu et à son âme, devient zélé envers les diverses œuvres, livres et journaux religieux. Il commence à se rappeler de son péché avec une contrition, un sentiment authentique. Ainsi devient-il un prédicateur éloquent de l’excellent bienfait de Dieu, la souffrance. Il proclame que seule, elle guérit de la maladie de l’éloignement de Dieu.
La souffrance ne guérit pas seulement la personne loin de Dieu, elle guérit aussi les âmes saines, mais partiellement malades d’un « mal qui ne va pas jusqu’à la mort », tels que l’indifférence occasionnelle, la critique, l’égoïsme, la lâcheté, le doute etc. La douleur exerce son activité même chez les Saints afin que par leur patience, leur gloire puisse augmenter. Cependant les Saints souvent souffrent aussi pour donner un exemple aux autres, comme cela arriva à Job le souffrant, Sainte Synclétique et tant d’autres Saints. Quand nous avons un magnifique meuble et que nous le laissons sans soin pendant un certain temps, nous voyons qu’une fine couche de poussière s’y est déposée. En vérité, il n’est pas abîmé mais il a perdu un peu de son brillant et de sa beauté. Ceci arrive aussi à l’âme en santé quand elle n’a pas d’afflictions de temps à autre. Par exemple, l’indifférence : si l’on ne s’en occupe pas à temps, peu à peu, sans que l’on ne s’en rende compte, elle s’installe dans l’âme comme de la poussière sur un meuble, et l’âme perd son zèle originel envers Dieu. Elle prie, elle accomplit ses devoirs mais non comme elle le devrait. Cependant si la douleur la visite, le vent souffle alors et la flamme, c’est-à-dire le zèle pour accomplir ses devoirs, est à nouveau ranimé.
Précisément comme cela arrive avec l’indifférence, ainsi en est-il de toutes les autres maladies de l’âme. La souffrance est la médecine divine que la sagesse infinie de Dieu a trouvée pour l’âme mal portante. Il en use avec une autorité absolue et sans réserve afin que, par un médicament aussi efficace, nous revenions à nous-mêmes et soyons attentifs à exécuter Sa sainte volonté. « L’ignorance, mon enfant, est connue comme la mort de l’âme. L’ignorance n’éclaire pas une personne malade. Elle ne lui dit pas : ‘Ta maladie est la volonté de Dieu, et tu dois y passer avec patience et gratitude, afin que tu ne deviennes pas transgresseur devant Dieu par ton impatience !‘ Pour le Chrétien éclairé cependant, la connaissance de la volonté de Dieu non seulement lui fera tout supporter avec reconnaissance, mais l’aidera aussi à acquérir une constitution spirituelle forte et en même temps, lui obtiendra le baume de la consolation réparatrice. Il pense : ‘En supportant ces douleurs et afflictions, je fais la volonté de Dieu, et cela m’obtiendra le pardon de mes offenses passées. En payant la dette de la sentence du jugement, je recevrai ma liberté là-bas dans la vie à venir, où je vivrai éternellement – tandis qu’ici-bas, peu importe par combien de souffrances je devrai passer, cela reste temporaire et éphémère.’ Ainsi mon enfant, nous avons besoin de patience afin de ne pas être condamnés avec le monde qui ne se repent pas. Sans tenir compte de ce qui pourrait nous arriver, par la patience tout est remis à l’endroit. L’homme intérieur trouvera la paix, en portant patiemment ce que Dieu a permis.
Porte ta croix, je porterai la mienne, tout en suivant le Fiancé céleste, Christ qui a porté la Croix de la honte pour nous pécheurs ingrats. Que portons-nous qui puisse égaler tous les bienfaits de Dieu dont nous jouissons ? Si je devais énumérer les bénédictions de Dieu et dire l’ingratitude de l’homme, je pense que mon esprit s’arrêterait, car comment un esprit limité peut-il saisir les bienfaits infinis de Dieu envers l’homme ?
(Trad. de l’Américain – A. Monney)
1. Cf. le serpent brandi par Moïse et que les Israélites devaient regarder pour rester en vie, cf. No. XXI, 9

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