Ajouté le: 6 Mars 2015 L'heure: 15:14

Notre identité chrétienne

Archimandrite Zacharias (Zacharou)

Texte d’une causerie parue dans le feuillet The Angel (novembre 2014) des paroisses orthodoxes de la Sainte Trinité et de l’Annonciation à Oxford, Gde Bretagne

En Occident, notre destinée est de donner une parole à tous ceux qui la demandent afin qu’ils sachent que ce n’est pas juste par hasard que nous sommes devenus Orthodoxes, que nous sommes les membres du grand Corps du Christ, la grande Eglise Orthodoxe. Nous partageons tous cette identité qui est au-dessus de tout autre identité. Que nous soyons grecs ou russes, américains ou anglais – c’est tout à fait secondaire. Notre première et principale identité est que nous sommes les membres de ce Corps étonnant et prodigieux du Christ.

Je me souviens d’un Ancien qui disait : « Vous voulez connaître Dieu ? C’est très facile. Simplement approchez – vous de Lui avec un cœur douloureux, et il sera facile d’avoir une relation avec Lui, le cœur contrit et humble. » Et il est facile d’être en rapport avec Lui, de Lui parler, et de recevoir Sa consolation incorruptible. Et cette consolation incorruptible protège la vie des membres de ce Corps. Quand cette consolation abonde dans la vie, elle les amène à la fin de ce monde, et pour nous, le terme de ce monde est arrivé, dit St Paul. C’est-à-dire, les membres de ce Corps vivent d’une manière eschatologique. Comme le Seigneur a souffert pour leur salut en dehors du camp de ce monde, eux aussi sortent du camp de ce monde, renonçant à toute vanité, toute futilité de ce monde, toutes les valeurs de ce monde, toutes ses illusions, et la plus grande des illusions est de vouloir rendre compatible l’amour de Dieu avec l’amour du monde. L’amour du monde est ennemi de Dieu, dit l’Ecriture.

Ainsi les véritables membres du Corps du Christ, vivent continuellement en présence de Dieu, protégés par la consolation incorruptible de Son Esprit, et ils se hâtent vers Son Second Avènement. Ils n’attendent pas simplement le Second Avènement, mais ils se pressent vers le Second Avènement, à cause de la grande consolation qui abonde dans leur vie.

Je dis ces choses parce que, pour nous qui sommes prêtres et avons reçu dans l’Eglise le ministère de la réconciliation des gens avec Dieu, c’est très important. Nous ne sommes pas simplement ceux qui célèbrent les sacrements ; nous ne sommes pas des magiciens. Pardonnez-moi ce mot exagéré. Bien sûr, les sacrements sont saints, et le Seigneur y est présent, mais surtout, nous réconfortons les âmes. Dieu nous a donné une telle grâce, et Il veut de nous que nous consolions les âmes. Mais comment pouvons-nous consoler les âmes ? Simplement en nous mettant en présence du Dieu Vivant. A chaque fois que nous nous approchons du Dieu Vivant avec un cœur contrit et un esprit humble, nous entrons en Sa présence, et en sortant de cette présence du Dieu Vivant, nous trouvons des paroles prêtes dans notre cœur, que nous sommes prêts à transmettre à nos semblables, paroles qui leur dispenseront la grâce, paroles qui informeront leur cœur avec grâce et les gagneront au Seigneur, et les feront collaborateurs de Dieu pour leur régénération.

Ceci est par excellence le travail des prêtres, continuellement, qu’ils célèbrent les sacrements de l’Eglise, qu’ils se préparent pour la Liturgie, qu’ils offrent la Liturgie, ou qu’ils prêchent. Quoiqu’ils fassent, ils doivent avoir une parole vivante pour leur prochain et la leur transmettre. Même lorsque nous présentons un enfant à l’Eglise, nous devons dire quelques phrases, quelques paroles aux parents, afin de leur faire comprendre qu’ils sont les intendants de leur enfant et les collaborateurs de Dieu dans l’élaboration d’un grand édifice, d’une œuvre merveilleuse en Dieu. Ainsi quoique nous fassions, que nous marrions des gens, que nous enterrions des gens, que nous procédions à l’entrée d’un enfant dans l’Eglise, nous devons toujours être prêts à dire une parole, une parole qui procure de la force, de la grâce aux gens.

Ainsi nous en déduisons que notre identité – celle d’être membres de ce Corps immense – est de beaucoup plus grande que tout autre identité humaine que nous puissions avoir, parce que dans ce Corps, comme je le disais, nous entrons dans la communion de la grâce, dans la communion des dons de tous les Saints.

Quand nous nous préparons pour la Liturgie par exemple, non seulement les prêtres mais tous les fidèles, travaillons dans le secret de notre chambre à la maison. Nous travaillons à un petit don en nous préparant pour la Liturgie. Ce qui veut dire que nous essayons de nous repentir, de réchauffer notre cœur dans l’attente de Son don à Lui, et nous allons à la Liturgie avec ce petit don. Pour que chacun de nous puisse être membre du Corps du Christ, il doit avoir un petit don à offrir, et ce petit don sera une clef pour ouvrir la porte aux dons de tous les autres membres du Corps.

Nous allons à la Liturgie avec un petit don que nous avons élaboré dans le secret. Dans le secret – nous ne devons pas être vus des hommes. C’est une loi de la vie : ne pas être vu des hommes, dit le Seigneur, et c’était la règle que suivait la Mère de Dieu. C’est pourquoi le Très Haut garda son humilité et accomplit de grandes choses à son égard. Nous devons donc travailler dans le secret. Nous devons travailler à ce petit don, remplir notre cœur d’une humble disposition, des dispositions de repentance, d’humilité, aussi bien que d’amour envers Dieu. Et le cœur rempli de telles dispositions, nous allons à l’assemblée de ce Corps, vers les autres membres, et nous déposons ce don dans l’assemblée. Si nous n’apportons aucun don, nous nous faisons du mal et sommes injustes envers nos semblables. Nous devons tous contribuer à quelque chose dans cette assemblée. Nous devons apporter notre petit don à cette assemblée, et cela nous ouvrira la voie pour partager les dons de tous les autres membres qui sont rassemblés au nom du Christ, et ainsi nous enrichirons-nous de cette communion de dons, de cette communion de grâce, parce que si nous nous assemblons pour former le Corps du Christ, le Seigneur Lui-même est présent, et où que le Seigneur soit, là aussi sont les ordres des Saints et tous les Anges. Où que le Seigneur soit, là aussi sont présentes les armées célestes, et c’est le Royaume de Dieu dans la Liturgie, qui vient en sa toute puissance dans la Liturgie.

Ainsi quand nous allons à la Liturgie, préparés avec ce petit don, et que nous plaçons ce don dans les dons que le prêtre offre à Dieu de notre part, nous mettons dans ces dons toutes nos prières, toute notre repentance, toute notre humilité, tout notre amour, tout ce que nous attendons de Lui, toute notre vie, et nous offrons à Dieu au travers des paroles du Prêtre, qui le fait en notre nom, « Ce qui est à Toi, le tenant de Toi, nous Te l’offrons en tout et pour tout ». Alors Dieu qui nous est fidèle dans Ses promesses et l’alliance qu’Il a faites avec nous lors de notre baptême, fait de même. Il met Sa vie dans les Saints Dons, la grâce du Saint Esprit, en le transformant en Son Corps et en Son Sang, contenant toute la grâce du saint Esprit.

Et à la fin, le Seigneur nous parle, et Il dit : « Les Saints Dons aux Saints ». Nous Lui offrons ces don pleins de notre vie, disant : « Ce qui est à Toi le tenant de Toi, nous Te l’offrons en Tout et pour tout », et le Seigneur accepte notre humble et petit sacrifice, notre petite vie, et nous donne en échange Sa vie infinie et sans bornes. « Les Saints Dons aux Saints ». Ainsi avons-nous la possibilité en nous rassemblant, en cette assemblée du Corps du Christ, de faire l’échange de notre pauvre petite vie avec la vie grandiose et sans limites de Dieu. A chaque Liturgie, nous faisons l’échange de notre vie contre la vie de Dieu. C’est pourquoi, après avoir communié aux Saints Dons, après avoir reçu la Sainte Communion, l’Eglise chante un hymne triomphal pour cet échange qui a été accompli : « Nous avons vu la vraie lumière, nous avons reçu l’Esprit céleste, nous avons trouvé la vraie Foi, nous adorons la Trinité indivisible car c’est Elle qui nous a sauvés ». Et la suite.

Voilà notre vie : dans ce Corps. Et nous ne devons pas oublier que St Paul dit aux Ephésiens que nous ne pouvons comprendre la profondeur et la hauteur, la longueur et la largeur de l’amour de Dieu qu’avec tous les saints. C’est pourquoi nos Pères, et en particulier St Cyprien de Carthage, ont enseigné qu’en dehors de ce Corps, il n’y a point de salut : extra Ecclesia, nulla salvus ; en dehors de l’Eglise, il n’y a point de salut parce que c’est seulement dans l’Eglise que nous trouvons cette communion de grâce, cette communion des dons de tous les saints, les forts au Ciel, et le peuple choisi de Dieu sur terre, en tout lieu de Sa domination. Dans cette communion de grâce, cette communions des dons des saints, nous devenons riches et trouvons le salut.

C’est un honneur et privilège si prodigieux que nous avons, de faire cet échange de vies. Bien sûr, si nous faisons cet échange de vies, alors deviendrons-nous de véritables témoins de Sa Mort et de Sa Résurrection, et nos paroles pourront convaincre un certain nombre de personnes d’accepter la vérité de la révélation du Christ. Si nous n’arrivons pas en premier lieu à convaincre Dieu que nous Lui appartenons, en vain nous efforcerons-nous de convaincre qui que ce soit en ce monde.

Bien des tragédies de l’histoire de l’Eglise sont dues au fait que nous ne sommes pas conscients, que nous ignorons cette importante identité que nous avons tous dans l’Eglise, que nous sommes, surtout, les membres du Corps du Christ, et que tout le reste est une ombre. Tout le reste est très secondaire.

NB. Par soucis de fidélité à l’Esprit, je me suis efforcée de respecter le style parlé d’un enregistrement, dans ma traduction de l’Anglais.

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