Ajouté le: 18 Septembre 2010 L'heure: 15:14

Parole de l'Evêque Silouane (septembre 2010)

« Que cette pensée soit en vous, qui était aussi dans le Christ Jésus ».

(Philip. 2, 9)

Parole de l'Evêque Silouane (septembre 2010)

Le mois de septembre par lequel débute le Nouvel An Liturgique Ecclésial est marqué par deux grandes fêtes, celle de la Nativité de la Mère de Dieu et celle de l’Exaltation de la Sainte Croix, qui nous dévoilent, l’une comme l’autre, le sens de la voie que le Seigneur Jésus nous a montrée par Son incarnation et par Son habitation « en » et « parmi » nous (cf. Jean, 1, 14), Voie qui, dans les conditions difficiles de la vie d’aujourd’hui, est plus actuelle et plus digne d’être suivie que jamais.

L’Epître aux Philippiens (2, 5-11) qui est lue à la fête de la Nativité de la Mère de Dieu, nous présente plus clairement la « pensée » qui était en Christ, en montrant que S’abaissant Lui-même, et prenant la forme d’un esclave, Se rendant semblable aux hommes, et prenant l’apparence d’un homme, S’humiliant, et faisant obéissance jusqu’à la mort, et la mort sur la croix, à quoi l’Epître lue à la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix vient ajouter que nous prêchons le Christ crucifié (cf. 1 Cor. 1, 23).

Pour l’homme rationnel et qui pense dans la logique et les formes de ce monde, ces paroles ont pour le moins un ton « décourageant », sinon complètement macabre, étant une vraie déraison et folie (cf. 1 Cor. 1, 18; 23)… Dans la lumière de la Grâce du Saint Esprit, qui a découvert et inspiré au saint apôtre Paul ces pensées qui étaient aussi dans le Christ Jésus, les paroles ci-dessus portent dans leur cœur, prêtes à être dévoilées à ceux qui les reçoivent dans leur cœur en confiance, comme on prendrait dans sa bouche les remèdes donnés par la main d’une mère, la force et la Sagesse de Dieu (cf. 1 Cor. 1, 24) qui a tourné en folie la sagesse de ce monde (cf. 1 Cor. 1, 20). Plus clairement parlant, dans le monde où nous vivons, où l’affirmation de soi, même en défaveur ou contre les autres, illustrent une normalité, l’abaissement de soi-même, le fait d’assumer la condition défavorable de la majorité, l’humilité, l’obéissance – et surtout jusqu’à la mort – représentent une vraie folie… C’est l’échec sûr… Et en fait, ce que nous découvre le Sauveur, c’est la vraie voie qui mène au vrai salut et qui, même si apparemment, passe par le renoncement à soi-même, rend ainsi possible la manifestation en nous de la Vraie Vie qui est Dieu Lui-même et qui ne peut habiter que là où on Lui fait de la place… Celui qui est rempli de LUI-MEME n’a plus de place pour quelqu’un d’autre dans son cœur… Celui qui a renoncé à lui-même a une place où aller et faire habiter ni plus ni moins que le Royaume de Dieu. Par conséquent, nous pouvons entrevoir – mais sans le conseiller à tous – dans la situation de componction et de servitude où Dieu permet que Ses fils soient mis, une Providence qui peut constituer pour eux une occasion de voir à l’œuvre la force de la parole de Dieu dans les profondeurs de la terre et de la vie et de la souffrance… Serait-ce la seule thérapie aplicable et qui s’accorde avec les conditions impossibles à maîtriser du trop-plein de soi et de l’affirmation de soi sur tous les plans de la vie – la cause principale de la souffrance personnelle et générale, le fondement de toute malignité et des abus auxquels ces plus petits sont soumis?!...

Quoi qu’il en soit, il est certain que, en lisant les deux Epîtres mentionnées ci-dessus, il semble que le cœur se console, et bien que ne comprenant pas de manière raisonnable ce qu’il lit, ressent la vérité qu’elles contiennent et partage ce qu’il lit… Plus encore, la Mère de Dieu elle-même, en la fête de sa Nativité où l’on a prévu de lire la première de ces Epîtres, est allée dans cette voie, suivant Celui qui a cherché vers l’humilité de sa servante (cf. Lc. 1, 48) faisant maintenant que toutes les nations la disent bienheureuse et qu’elle soit plus vénérable que les chérubins et plus glorieuse que les séraphins. Cette voie a été suivie aussi par le Précurseur du Seigneur qui, voyant s’accomplir l’œuvre à laquelle il a été voué, a dit à ses disciples en parlant du Seigneur: maintenant il faut que Lui grandisse, et que moi je décroisse (cf. Jean. 3, 30). C’est de cela que témoigne le Seigneur en disant: Entre ceux qui sont nés d’une femme, personne n’est plus grand que Jean (Luc. 7, 28). L’Epître aux Philippiens nous montre elle aussi le respect de cette voie: C’est pour cela que Dieu aussi L’a glorifié et Lui a donné (au Seigneur) un Nom qui est au-dessus de tous les noms; afin que dans le nom de Jésus tout genou fléchisse, de ceux qui sont dans les cieux et de ceux qui sont sur la terre, et de ceux qui sont au-dessous, et que toute langue témoigne que le Christ Jésus est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (cf. Philip. 2, 9-11).

Celui-ci nous adresse à tous cet appel en disant: Celui qui veut Me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il Me suive! (Luc 9, 23), exortation qui contient la voie vers la véritable glorification, la seule pour laquelle il convient que l’homme renonce à lui-même, la gloire inaltérable et éternelle de Dieu, qui brille par Sa Croix même.

† L’Évêque SILOUANE
de l’Évêché Orthodoxe Roumain d’Italie

Parole de l'Evêque Silouane (septembre 2010)

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