Ajouté le: 15 Juin 2010 L'heure: 15:14

Cultivons les valeurs de la famille chrétienne

Message de sa Béatitude notre Père en Christ Daniel, Patriarche de l’Église Orthodoxe Roumaine, adressé à la communauté des fidèles de la paroisse du Saint Mégalomartyr Georges d’Alcalá  de Henares, Espagne, le samedi, 17 avril 2010.

Cultivons les valeurs de la famille chrétienne

Vos Éminences,
Vos Excellences,
Révérends pères,
Messieurs les représentants des autorités locales,
Chers fidèles
,

Le Christ est ressuscité !

Nous nous réjouissons en ce jour de la rencontre avec les clercs et les fidèles de la paroisse orthodoxe roumaine du Saint Mégalomartyr Georges d’Alcalà de Henares. C’est un événement saint et béni plus particulièrement pour les clercs et les fidèles roumains vivant dans cette région, qui se réunissent dans cette chapelle catholique-romaine, mise à la disposition des roumains orthodoxes par l’Évêché catholique d’Alcalà de Henares, par la bienveillance de l’Évêque catholique Jesùs Català Ibanez, afin de garder allumée la flamme de la foi orthodoxe de nos aïeux et de faire grandir leur amour pour la Roumanie et les valeurs authentiques de notre pays.

Nous sommes au courant que cette communauté a fait beaucoup de démarches et d’efforts afin d’obtenir cette chapelle, et surtout le terrain sur lequel vous allez construire la nouvelle église. Nous sommes certains que tous vos efforts vont porter leurs fruits bénis, en connaissant le zèle et l’amour des clercs et des fidèles, mais aussi l’ouverture et la belle collaboration avec l’Évêché Catholique d’Alcalá de Henares, avec les autorités locales, et particulièrement avec M. Bartolomé González Jiménez, maire de la ville d’Alcalá de Henares.

Nous vous bénissons et nous vous exhortons afin que, en même temps que l’édification de l’église matérielle, vous puissiez édifier aussi une église spirituelle dans vos âmes, en tant qu’expression de la foi, de l’abnégation et de la communion avec Dieu et les hommes.

Cette communauté, apparemment l’une des plus grandes communautés roumaines en Espagne, est une grande famille orthodoxe. Nous sommes pleinement conscients des difficultés et des problèmes auxquels vous vous confrontez, ou bien ceux qui vous ont déterminés à venir chercher ici un travail, loin de la Roumanie et de vos proches. C’est pour cette raison, afin que vous ne perdiez pas votre foi ancestrale, votre identité nationale et les saintes traditions, que nous vous exhortons à cultiver ces valeurs dans vos familles, car la famille est la couronne de la création et le lieu ou le milieu où l’homme commence à comprendre le mystère de l’amour et de la bénédiction paternelle de Dieu.

La famille chrétienne d’aujourd’hui, tant en Roumanie, qu’en Europe doit faire face à la crise économique (pauvreté, chômage, l’insécurité de l’avenir), à la crise morale (l’avortement, le divorce, l’abandon des enfants, le libertinage, etc.) et à la crise spirituelle (les sectes, le fanatisme, le prosélytisme religieux).    

A cette crise spirituelle de l’Europe occidentale s’ajoutent, en l’Europe centrale et orientale, dans les pays qui ont subi le régime communiste, d’autres facteurs négatifs qui secouent la famille : la pauvreté, le chômage, les sectes prosélytistes, la violence, l’insécurité de l’avenir, l’émigration dans des pays plus riches. La crise de la famille se manifeste aussi par l’abandon des enfants et l’abandon des parents, par le nombre important d’avortements et par une augmentation du nombre de divorces, une augmentation de la violence au sein de la famille et de la délinquance juvénile.  

Le départ de l’un des époux à l’étranger, pour une période plus longue, crée les prémices de commettre des actes d’infidélité ou cause le divorce de beaucoup de familles se trouvant dans cette situation. Qui plus est, entre le père parti à l’étranger et ses enfants, le lien familial s’affaiblit considérablement ; et si les deux époux partent à l’étranger, en laissant les enfants chez des parents ou amis, alors ces enfants risquent d’avoir des problèmes affectifs ou peuvent être les auteurs de dérapages sociaux (la manque d’éducation et d’une surveillance attentive mène parfois ces enfants à commettre des infractions). Il y a des situations où les parents envoient trop d’argent à la maison, que les enfants dépensent sans compter, tombant en proie à des vices ou passions ; il y a aussi des cas où les parents envoient des sommes trop petites, ou bien n’envoient rien du tout, ce qui peut engendrer de gros problèmes financiers, en entraînant parfois le placement des enfants dans des établissements d’assistance sociale.

De l’espoir de dépasser la crise

a) La bénédiction de la famille par Dieu.

La crise de la famille actuelle ne peut pourtant pas être plus forte que la bénédiction de Dieu le Créateur Qui a dit : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre […] » (Genèse, 1,28). Malgré beaucoup de péchés et de dangers qui ont affaibli le peuple roumain, la famille a pourtant été l’institution la plus stable de l’histoire. En ce sens, « depuis l’Antiquité, comme le montre Aristote, elle (la famille) était reconnue comme l’institution sociale primaire et fondamentale, antérieure et supérieure à l’État (L’Étique Nic VII, 12, 18), contribuant d’une manière efficace au bien-être de la société ».

Il ne faut pas oublier que notre Seigneur Jésus Christ a béni la famille lors des noces de Cana, quand Il a transformé l’eau en vin, à la demande de la Mère de Dieu – icône de l’Église qui prie –, qui voulait aider une famille dans le besoin ; cette bénédiction est un fondement bien fort de l’espérance chrétienne.

Le Christ qui a changé l’eau en vin peut transformer la crise en un nouvel espoir, peut ramener la joie là où règnent les manques et la tristesse. On se doit de Le prier, de Lui dire ce qui manque véritablement à la famille d’aujourd’hui ; on se doit également de dire à la famille chrétienne en crise que sa crise la plus profonde réside dans sa faible ouverture envers l’aide du Christ et de la Mère de Dieu dans l’organisation-même de la vie conjugale. En d’autres mots, il s’agit là de la culture insuffisante de la sainteté et de la sacramentalité de la famille. Les noces de Cana en Galilée nous découvrent le bonheur en tant que don de Dieu qui engendre la communion et la joie au sein de la société, en non pas comme étant un droit qui doit être acquis de manière individualiste-égoïste.

b) Une autre source d’espoir est l’effort des Églises de défendre la famille naturelle, traditionnelle, universelle, et de résister aux nouveau « modèles » de familles, dans lesquelles la relation normale homme-femme est considérée comme dépassée.

Dans ce sens, la crise de la famille en Occident a déterminé plusieurs Églises, et plus particulièrement l’Église Catholique Romaine à se projeter dans une intense réflexion théologique et une activité pastorale soutenue à l’égard de la famille. Malgré tout cela, il reste beaucoup à faire.

Une coopération œcuménique intense dans ce domaine peut se révéler bénéfique et se fait source d’espoir. Nous avons besoin de plusieurs programmes et projets de coopération œcuménique à long terme.

En même temps, il est urgent d’appoter une réponse chrétienne commune à de nouveaux problèmes comme : l’euthanasie, le transplant d’organes, l’ingénierie génétique (l’implant de cellules embryonnaires, la fécondation in vitro, la procréation par dissociation parentale, les mères porteuses, le clonage), l’avortement, les unions libres comme alternative à la famille traditionnelle, les mariages entre personnes du même sexe, etc. La réflexion théologique, scientifique et éthique de certaines Églises peut aider d’autres Églises dans la formation d’une attitude commune dans la société sécularisée dans laquelle nous vivons.

c) La coopération État-Église (Églises) est une source majeure d’espoir.

Inquiété par l’ampleur des phénomènes sociaux visant la famille chrétienne et pleinement conscient de la situation de crise que traverse de nos jours la famille naturelle, traditionnelle, le Patriarcat de Roumanie s’est joint aux action de lutte contre la violence et la discrimination au sein des familles, en s’impliquant de manière active par l’intermédiaire des prêtres et des professeurs de religion de Roumanie dans des programmes de soutien de la famille chrétienne, afin de prévenir et de combattre la violence, l’intolérance et la marginalisation dont les principales victimes sont les femmes et les enfants.

De même, nous exhortons nos prêtres à un engagement pastoral plus profond dans la promotion et le soutien des valeurs traditionnelles de la famille chrétienne, dans l’affirmation et la culture de sainteté du mariage, dans l’affirmation de la dignité de la maternité et de la paternité, de la filiation et de la fraternité, en tant que dons de Dieu qui doivent être cultivés.

Il faut prêter une attention particulière à la mise en place de la solidarité au sein de la famille et entre les familles, surtout dans le contexte actuel de crise spirituelle et matérielle, afin que notre œuvre puisse devenir un témoignage missionnaire et béni.

Afin que l’espoir soit cultivé et donne des fruits, il est nécessaire de mettre en place, au sein de notre Église, de notre communauté, des programmes catéchétiques et d’assistance pastorale pour les enfants et les familles en crise, des cycles de catéchèses pour la préparation des jeunes au mariage, des catéchèses pastorales pour les jeunes mariés et leurs parents, afin que la préparation au mariage ne soit pas réduite à la belle cérémonie des noces. Il est aussi  nécessaire un programme de catéchisme pour les parrains afin qu’ils soient un soutien vrai et continu des familles qu’ils ont amenées à l’autel.

Il faut comprendre en profondeur et cultiver davantage la sainte liaison existant entre le mystère de la famille et celui de l’Église, entre le mystère de l’enfant et celui de la personne, vu que, afin d’être un vrai Homme, Dieu-le Fils S’est incarné de la femme et Il est entré dans l’histoire en tant qu’enfant. Tous les termes fondamentaux dans l’Église sont des termes empruntés à la famille : père spirituel, mère spirituelle, frère et sœur spirituels, fils et fille spirituels, même dans la vie monastique. C’est pour cela que, sans le mystère de la famille on ne peut pas comprendre le mystère de l’Église, et sans la sainteté de l’Église on ne peut pas comprendre la sainteté de la famille. Le mariage est béni par l’Église, en sa qualité d’icône de l’amour entre le Christ et l’Église, entre Dieu et l’humanité. On ne peut jamais résumer la famille à son aspect biologique, juridique, psychologique, sociologique ou culturel, car elle est bien plus que tout cela, car elle a la vocation d’être l’icône de l’amour divin éternel dans ce monde.

† Daniel,
Patriarche de l’Église Orthodoxe Roumaine

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