Ajouté le: 5 Mars 2022 L'heure: 15:14

À propos du repentir et du pardon

Pour le Grand Carême

Écoutons l’Archimandrite Syméon (Kragiopoulos † 2020), Ancien bien connu en Grèce, nous parler de ces thèmes privilégiés du Grand Carême dans les extraits suivants: des parole-clé pour la vie de tous les jours, pour éclairer, élever notre routine…

 

Considérons que ce Grand carême est unique pour chacun d’entre nous. Dieu nous a préparés depuis des années – et dans Sa compassion Il nous a préparés peu à peu – nous a amenés paisiblement et doucement à ce moment afin de nous rendre dignes de jouir des choses célestes au sein de toute la célébration spirituelle du Grand Carême. Dieu est très sérieusement concerné par chaque âme, afin que nous aussi prenions le sujet de notre salut de la même manière : très sérieusement.

Ce dont Il prend mesure est notre réponse. Dieu est capable de nous secouer, si nous sommes en train de nous réveiller de notre léthargie, mais normalement Il ne nous traque pas de force pour obtenir une réponse de notre part et pour nous mettre sur le chemin du salut. Dieu Se réjouit de nous voir volontairement nous lever et Le chercher. Il nous donnera des occasions dans la vie quotidienne, et à chaque moment, nous devrions nous demander en premier lieu et avant tout : « Que désire le Christ de moi juste maintenant ? »

Prière de Saint Ephrem le Syrien

Chaque péché est un manque de bon sens. Une personne fait quelque chose d’insensé et pèche. 

Dans la prière « Seigneur et Maitre de ma vie… », de Saint Ephrem le Syrien, (Grandes Complies du Carême), nous demandons un esprit d’intégrité qui est, dirons-nous, l’opposé d’un esprit insensé. Si une personne est intègre, elle ne pèche pas. Nous pourrions ajouter à ce mot, le concept de discernement. Certes, le discernement est une très haute vertu, c’est ce qui unit, souligne toutes les vertus ; c’est la plus grande des vertus. Considérons aussi le terme d’intégrité sous cet angle : nous devrions être intègres en paroles et dans nos actions, et dans nos faits et gestes, et dans nos pensées. Il n’est pas permis à un Chrétien de faire des choses insensées, de ne pas être intègre. On est attristé par les créatures de Dieu et on se demande comment elles en sont arrivées au point de vivre comme si elles ne pensaient pas, comme si Dieu ne leur avait pas donné d’intelligence, et en agissant de manière inconvenante, sans pertinence ni décence.

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 « L’homme est enclin à l’oisiveté. Il n’aime pas travailler, il n’aime pas être actif. Il a cette inclination envers ce qui est matériel mais encore plus envers les choses spirituelles.

«… à l’esprit d’oisiveté, de découragement, de domination et de parole facile… », 

La parole facile signifie dire des choses qui ne sont pas nécessairement mauvaises en elles-mêmes, mais qui sont superflues et inutiles. Quelqu’un engage une conversation oisive précisément quand il n’a pas trouvé Dieu, qu’il n’a pas le sentiment de la présence de Dieu, qu’il n’a ni repentir, ni crainte de Dieu en son âme, ni contrition, et quand il ne sent pas son état de pécheur, et par conséquent qu’il vit de manière insensible, avec futilité, manque de respect, impudence, et sans soucis de plaire à Dieu.

Comme nous sommes malades spirituellement ! Si vous y faites attention, vous deviendrez au moins conscient de votre faiblesse – avec comme résultat une prière qui viendra à vous  – cette prière : « Ô Seigneur et Maître de ma vie, délivre-moi de l’esprit d’oisiveté, de découragement, de domination et de parole facile ».

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« Oui, Seigneur et Roi, accorde-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère… ».

Permettez-moi, je vous prie, de dire, et ceci se fonde sur mon expérience, qu’il est rare, très rare de trouver un Chrétien qui a compris cette demande, l’a saisie, et la garde en son cœur : ce qui est de voir ses propres chutes, ses manques, et de ne pas juger son frère.

Comme nous le savons, le fait de juger affecte même les parfaits, et quiconque aura vaincu cette faiblesse et ne jugera pas les autres – ne sera pas jugé, selon la Parole du Seigneur : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ». (Mt. VII, 1)

Saint Ephrem le Syrien l’avait bien compris, et pour cette raison en appelle au Seigneur pour lui accorer le blâme de soi-même, de voir ses faiblesses, et en même temps de lui donner de ne pas juger les autres.

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Il est difficile de trouver un homme repentant tel que Dieu le souhaite. 

Le repentir n’est pas de nous souvenir de quelques choses qui ne sont pas si bonnes et de simplement les confesser. C’est n’est pas le repentir. Le repentir est la condition de l’âme. C’est la tristesse à l’intérieur de l’âme – tristesse selon Dieu, cependant. C’est une condition constante, celle qui fait que l’âme est accablée, qu’elle a la crainte de Dieu et qu’elle n’est pas découragée. Le repentir amène la rédemption, la liberté intérieure, la joie et le bonheur. Comme tel, le repentir n’est pas avoir continuellement ‘le pied en l’air’ en pleurnichant. Vous souffrez tout cela précisément parce que vous ne vous repentez pas vraiment.

Comme les choses se sont embrouillées, et comme l’homme, de nos jours, ne peut se repentir ! Le repentir est soulagement. On ne peut exprimer à quel point il l’est ! Mais l’homme le prend à cœur : il se sent déprimé en étant forcé de se repentir de ses péchés. Parce qu’il n’a pas de repentir réel, c’est pourquoi il se sent ainsi.

Être pardonné et pardonner

(…) La guérison du paralytique : comme s’Il ne voyait pas que l’homme était paralysé et qu’il en souffrait, le Christ lui dit immédiatement : « Courage, tes péchés te sont pardonnés. » (Mt.IX, 2 n.d.t.)

Pour le Christ, ce qui importe est le péché. Ceci doit être ce après quoi chacun d’entre nous soupire : entendre à l’intérieur de nous-mêmes – et, même plus, sentir – la voix du Christ nous disant que nos péchés nous sont pardonnés. C’est une grand-chose de ne pas seulement croire, mais de percevoir et de sentir en vous-même que Dieu vous pardonne, qu’Il vous reçoit. Mais pour que cela se passe, vous devez arriver au point de dire : « Ô mon Dieu, je ne veux plus à nouveau pécher » – ce qui est de détester et de haïr le péché, comme le disent les Saints.

Quand Dieu voit que vous êtes en train de prendre la décision définitive et irrévocable de ne plus pécher, l’heure bénie vient où vous savez qu’Il vous pardonne : vous Le trouvez, Il vous aime, Il vous guérit. Et vous êtes sur le chemin du salut.

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Le Grand Carême est le temps du retour vers Dieu. C’est à cause de nos péchés que nous sommes en dehors du paradis. Nous nous en souvenons et nous demandons le pardon de nos péchés. Mais il y a un préalable pour que Dieu nous pardonne, qui est de pardonner aux autres, et venant du fond de notre cœur, quoi qu’ils nous aient fait. Nous ne pouvons nous attendre à un fruit ni à une bénédiction quelconque dans notre combat spirituel si nous ne pardonnons pas aux autres. (…) 

En référence à la parabole du méchant serviteur (Mt. XVIII, 23 n.d.t) : si la grâce de Dieu a déjà opéré un grand travail en vous, vous ressentez à la fois votre bassesse, votre péché, et vous priez Dieu d’avoir compassion de vous, il est bon de vous demander une fois de plus : « Ai-je l’intention de pardonner à ceux qui m’ont fait du mal ? » Si vous vous trouvez entièrement et même plus lourdement endetté vis-à-vis de Dieu et que vous sentez que votre âme est à jamais perdue à moins que Dieu ait compassion de vous, ceci vous aidera à pardonner aux autres.

Quand nous désirons ouvrir notre cœur et demander à Dieu d’avoir compassion envers nous, la condition essentielle est de pardonner aux autres, à la fois éloignés et proches : ce qui est plus difficile à faire. Non de la croupe d’un haut cheval comme si nous étions quelqu’un, ni juste émotionnellement, mais sincèrement et véritablement.

Voilà comment vous gagnerez la paix, le calme, et la douceur en vous. Mais surtout, vous aurez le sentiment que le Seigneur vous pardonne réellement et qu’Il est entrain de vous sauver. 

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Le pardon des péchés signifie que nous sommes définitivement guéris. Le Christ est venu nous sauver, nous guérir gratuitement, et tout Chrétien doit avoir le sentiment de cette guérison. Ce qui est en train d’arriver arrivera dans ce monde. Quand nous quitterons cette vie, il nous sera accordé là-bas selon ce qui est arrivé dans ce monde. Si nous n’avons pas été guéris ici sur terre, voici ce que le Christ nous dira : « Je ne vous connais pas. » La pire maladie des Chrétiens est qu’ils rendent les choses confortables – comme s’ils ne voulaient pas être guéris du confort. Ils ne désirent pas extraire leur tuberculose du dedans. Autrement, Ils iraient de l’avant spirituellement.

Le but le plus élevé pour lequel nous vivons en ce monde est d’être guéris, en fait d’être pardonnés. Mais ceci n’arrive pas par magie. Ceci requiert que vous vous repentiez sincèrement, que vous pleuriez, ayez mal, soyez écrasés. La chose importante est que les faiblesses de l’âme soient guéries, les blessures qui engendrent le péché. Mais Dieu ne le fait pas par défaut : nous devons le désirer.

« Spiritual messages », Thessaloniki, Greece.
Choix et traduction de l’Américain – Anne Monney 

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