Ajouté le: 3 Novembre 2018 L'heure: 15:14

Parole de Pères

À la mi-novembre, nous allons commencer le jeûne de la Nativité qui est aussi appelé le jeûne de l’apôtre Philippe – car ce dernier est célébré le 14 de ce mois.

Cette période de préparation à la Nativité de notre Seigneur n’est pas toujours suivie avec le même sérieux que celle du Grand Carême, beaucoup plus stricte. Bien sûr, la préparation à la « Fête des fêtes », la Résurrection de notre Seigneur, victoire définitive sur la mort, est la possibilité par excellence de nous repentir, de retrouver Dieu ou peut-être, déjà de Lui redonner la priorité dans la trépidation de notre vie quotidienne. Cependant, il semble que nous devrions retrouver ce qui est un privilège dans l’agitation et le brouhaha qui précèdent Noël. En effet, notre société fait tout pour nous détourner du sens véritable de cette fête – pour la plupart des enfants c’est la fête des cadeaux et c’est tout – or il s’agit de la venue par l’incarnation de notre Sauveur en ce monde. Evènement merveilleux selon la racine de ce mot : c’est le miracle, non pas un miracle parmi d’autres, mais le miracle de tous les temps. Le Fils de Dieu, l’Un de la Sainte Trinité descend du Ciel sur terre pour devenir l’un d’entre nous, pour épouser notre condition humaine, et ceci dans la plus grande pauvreté, tout en restant Dieu.

Certes, il est difficile de jeûner au sein de toutes les propositions de rencontres festives à l’occasion des fêtes de fin d’année – car Noël maintenant est devenu une fête accolée au Nouvel An. Et ceci d’autant plus que la relation ‘face à face’ avec un visage réel est de plus en plus rare, car elle est occultée par le face à face avec… le portable. Vu les agendas surchargés, on festoie tout au long du mois de décembre et les magasins proposent déjà en octobre les articles alimentaires et autres de Noël… Mais avec la bénédiction d’un Père ou confesseur afin de rester dans l’obéissance à l’Église – ne pourrions-nous pas simplement commencer par un effort de vigilance, ne serait-ce que pour acquérir un peu d’esprit de tempérance, dans l’impossibilité de nous soustraire à une réunion de fin d’année ? Une ascèse peut-être plus ardue que le jeûne lui-même… par exemple, pour honorer la table mise, participer à ce qui est offert en tâchant de nous servir juste une fois mais avec modération, tout en privilégiant ce qui peut être un jeûne « ascétique ».

Belle préparation à chacun dans la paix et la joie de la Nativité de notre Seigneur !

Et pour la soutenir voici deux paroles de Pères actuels.

L’une de Monseigneur Georges Khodr et l’autre de l’Archimandrite Zacharie – déjà connu de nos lecteurs.

Anne Monney

Le jeûne n’est pas un régime alimentaire. Il en a pourtant l’apparence puisqu’il s’agit de contrôler le corps. Est-il esclave des passions ? Ou bien est-il un lieu où nous glorifions Dieu, où nous nous élevons vers Lui ? Quel est le but de l’abstinence de graisses et de la prise de nourriture carémique ? Importe-t-il à Dieu que notre repas soit carémique ou non ? Nous contrôlons le corps en nous abstenant de consommer certains aliments car leur abondance, avec la boisson, porte préjudice à notre pureté. Car nous alimenter avec modération nous aide à être continent. Mais ce n’est pas là le plus important. Le plus important est ce que nous dit l’Évangile : « Si vous pardonnez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste vous pardonnera aussi » (Matt. VI, 14). Celui qui te calomnie et te fait du tort a péché et toi tu souhaites qu’il se libère de son péché. Tu ne lui rends pas la haine pour la haine, sinon tu tombes dans le péché. Il te revient de le guérir, tu es son médecin. Jeûner sans pardonner est une perte de temps. Le régime alimentaire est alors sans valeur. Le pardon, autrement dit l’amour, signifie que nous ramenons tout homme dans le sein de Jésus.

La seconde chose dont parle l’Évangile est la joie, il convient que nous jeûnions dans la joie. La joie que l’apôtre Paul nomme « le fruit de l’Esprit » (Galates V, 22). La joie dans le Christ, la joie des vertus que nous acquérons durant le jeûne, la joie de la prière que nous offrons.

La troisième chose dont parle l’Évangile aujourd’hui, est la plus difficile : « N’amassez point de trésors sur la terre » (Matt. VI, 19). Ceci ne veut pas dire que tu n’aies pas de compte en banque, non, mais bien que ton cœur ne s’y trouve pas. Où est ton cœur ? Jésus veut ton cœur, donne-le Lui. Ne mets rien d’autre dans ton cœur. En mettant le Christ dans ton cœur, tous tes problèmes trouveront leur solution. Si tu mets le Christ dans ton cœur, tu ramènes ceux avec lesquels tu t’es querellé, tu les ramènes dans ton cœur car tu crois que ton trésor est le Christ.

Durant le carême, nous évoquons l’amour de l’argent. Nous disons que tu dois fuir cet amour car il est meurtrier, car si l’argent te domine, tu n’as plus de cœur. Si toi tu le domines, alors ton cœur demeurera pur tendre, aimant, ouvert.

Toute cette pratique, qui dure quarante-neuf jours1 est un acte d’abstinence dont le but unique est que nous contemplions la Résurrection (ici la naissance du Christ, Sa venue sur terre). Moïse et Élie jeûnèrent avant de voir Dieu. Tu ne peux voir le Seigneur si tu es souillé par le péché. Pour que tu puisses vivre, tu as besoin d’aimer Celui qui est ressuscité des morts, qui a été crucifié par amour pour toi, qui t’a donné toute Sa vie et Son amour et t’a établi comme fils de Son Père2.

Tu ne peux jouir de tout cela qu’après avoir dompté tes passions et ta colère. Tu ne peux contempler le Seigneur que si tu as contemplé les hommes, que si tu les as aimés, que si tu leur as pardonné. Dès lors, si tu les as ramenés à toi, tu les auras ramenés à Jésus.

Demain3, nous entrerons dans ce combat (jihâd) dans cet état d’esprit, dans un esprit chrétien indulgent, humble, pour que nous puissions contempler le Christ4

Georges Khodr, ex-Métropolite du Mont-Liban (février 2017)
(Trad. de l’Arabe par Marcel Pirard pour Orthodoxie.com)

Le repentir devient plus humble lorsque nous nous repentons de nos péchés cachés.

De même, notre action de grâce devient plus inspirée si nous l’offrons non seulement pour les bienfaits manifestes de Dieu mais aussi pour ceux incommensurables, cachés et inconnus de nous, et qui sont aussi les plus grands.

De même qu’il y a une prière et une intercession pour l’Adam total, pour toute la race humaine, de même y-a-t-il aussi une action de grâce pour tous les dons de Dieu qui nous sont personnellement offerts, ainsi qu’à tous les peuples, action de grâce aussi envers tous les Saints, et plus spécialement envers notre très Sainte Immaculée et glorieuse Mère de Dieu et toujours Vierge Marie.

Archimandrite Zacharie, Monastère Saint Jean Baptiste, Essex, Grande Bretagne.
(trad. A. Monney)
Notes :

1. Trente-huit pour le carême de la Nativité – cette Parole a été donnée pour le Grand Carême mais bien sûr, est valable pour toute période de jeûne.
2. Ici : qui S’est incarné pour te sauver.
3. Il s’agit du début du Carême.
4. Ici : Le jour de Noël.

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