Ajouté le: 1 Avril 2018 L'heure: 15:14

Sur la Résurrection du Seigneur

Chaque année, à la Solennité de la Résurrection du Seigneur, nous vivons la joie que nous a donnée notre Sauveur Jésus Christ, Qui nous a fait passer de la mort à la vie et de la terre au ciel. Nous nous réjouissons parce que, par le baptême, chacun d’entre nous s’est enseveli avec le Christ et a ressuscité avec le Christ, devenant ainsi des fils de la Résurrection et des héritiers du Royaume de Dieu.

Pendant la semaine de la Passion, à travers la participation à l’Office des 12 Évangiles et de la Mise au Tombeau, nous avons été, nous aussi, comme les femmes myrrhophores, à côté de notre Sauveur Jésus Christ, Qui S’est sacrifié volontairement, pour que nous retrouvions la liberté et que nous regagnions notre place qui nous était destinée depuis l’éternité par Dieu, et d’où nous sommes tombés par désobéissance. La Résurrection du Christ a été pour nous la vraie révolution. Le mot révolution, en grec epanastasi, provient du verbe epanistimi qui veut dire retour à un état initial. Chez nous, les Roumains et les Français, le mot révolution provient du latin revolutio qui veut dire changement de sens. En prenant les deux significations du mot révolution du grec et du latin, nous pouvons dire que la révolution est le retour au sens, ou bien d’un point de vue spirituel, le fait de trouver le vrai sens de notre vie, qui est l’union avec le Christ Seigneur. Le métropolite Hieroteos Vlachos dit: « Nous ne croyons pas aux révolutions sociales, parce que le bien le plus important au monde est venu par la Résurrection, et non pas par quelque soulèvement des masses. Si nous comprenons que la Résurrection est la véritable révolution, alors nous avons appris la vérité, car par la Résurrection du Christ l’homme a retrouvé sa place qu’il avait jadis, en montant même plus haut »1. Par la Résurrection nous avons regagné notre place et nous avons redécouvert notre sens véritable, c’est pourquoi Pâques, ce passage de la mort à la vie, est pour nous la délivrance de l’affliction. «  O Pâques, terme de toute tristesse, sortant aujourd’hui du tombeau, comme du Palais nuptial, le Christ resplendit, il a rempli de joie les femmes par cette parole : Annoncez aux Apôtres ! ». Aucune joie n’est parfaite si elle n’est pas partagée. De même, la joie de la Résurrection n’est pas parfaite si elle n’est pas annoncée au monde entier. L’exhortation du Seigneur aux femmes Myrrhophores, comme nous l’avons entendu dans la citation ci-dessus, extraite des Catavassias de la Résurrection, et comme nous le lisons dans les Saintes Écritures, c’est d’annoncer aux apôtres la Résurrection, de les rendre également participants à la joie. La vraie joie est sans fin parce qu’elle vient de Dieu et qu’elle y trouve sa source. C’est seulement en partageant la joie que nous devenons heureux. La joie et le bonheur doivent être visibles et non pas cachés. Les actes accomplis en cachette, dans les ténèbres, sont des actes honteux, qui ne viennent pas de Dieu mais ce sont des mensonges qui engendrent les déceptions et le désespoir. Le Christ Seigneur n’a rien fait en cachette, mais Il a tout accompli ouvertement, aux yeux de tous, pour que tous puissent voir Ses miracles, écoutent Sa parole, croient en Lui et soient sauvés. Mais nous ne devons pas oublier que nous ne pouvons pas parler de la Résurrection sans parler du Golgotha et nous ne pouvons pas parler de la joie sans parler de la Croix parce que c’est « par la Croix que la joie est venue dans le monde ».

Le père Raphaël Noica dit ceci : « Nous cherchons tous le bonheur et aucun d’entre nous n’avons su le trouver avant qu’advienne Dieu Lui-même, incarné dans la nature de l’homme, pour nous montrer, comme le dit le tropaire que nous chantons à chaque fois aux Matines du Dimanche : « Car voici que par la Croix la joie est venue dans le monde ». Cette joie est à pressentir – et un jour à goûter. Gloire du Golgotha ! L’agneau de Dieu, Qui « sans douleur », « sans affliction », a vécu notre repentir jusqu’à la mort, jusqu’à l’enfer ! Mais l’enfer, qu’a-t-il pu ? Il n’a pu qu’engendrer la résurrection, et Il S’est fait, comme dit saint Paul « le premier né d’entre les morts ». Il nous a frayé un chemin à travers les ténèbres de la mort vers la vie éternelle et une joie que « personne ne peut nous enlever »2 .

Personne ne peut nous enlever la vraie joie. Malgré tout, il faut savoir qu’on peut perdre la joie si on se détourne du vrai sens de notre vie et si on abandonne la place que Dieu nous a donnée pour des pseudo-révolutions que nous connaissons à travers l’histoire de l’humanité ; celles-ci ont montré à l’homme une autre voie que celle que nous montre le Christ, car la Voie que le Christ nous a montrée est marquée par la Croix.

Il y a un proverbe populaire qui dit que : « Chaque homme a sa croix ». Ceci est vrai tant que cette croix que l’homme a reçue est assumée. Une croix non assumée apporte les tourments, l’affliction et le désespoir. Tandis que la croix assumée a pour fruit la joie. La Sainte Impératrice Hélène, lorsqu’elle a trouvé la Sainte Croix, s’est remplie d’une joie sainte parce qu’elle est entrée dans le Mystère de la Croix, en assumant à son tour sa propre croix. L’arbre de Vie, à propos duquel nous lisons dans le Livre de la Genèse, c’est la Sainte Croix qui a pour fruit le Christ, véritable nourriture et véritable boisson donatrice de vie. Cette joie, les saints martyrs et confesseurs du Christ l’ont ressentie, exprimée dans les tropaires que l’Église a établi de chanter à l’ordination des serviteurs de l’autel, à la consécration des églises, au saint sacrement du Mariage : « Saints Martyrs, qui avez combattu noblement, et dans le ciel avez été couronnés, intercédez auprès du Seigneur, pour qu’Il sauve nos âmes. Gloire à Toi, ô Christ Dieu, fierté des apôtres et allégresse des martyrs, qui ont proclamé la consubstantielle Trinité ».

N’oublions jamais que c’est seulement en nous laissant crucifier avec le Christ, comme l’ont fait nos ancêtres de bienheureuse mémoire les martyrs, que nous serons glorifiés par le Christ dans Son royaume. Avec ces pensées que j’ai voulu vous transmettre, je conclus cette lettre pastorale, en priant le Christ – le Hiérarque éternel, de vous sauver tous et de vous donner la paix de l’âme, la liberté et la joie. Le Christ est ressuscité, notre joie !

Votre père qui prie le Christ Seigneur pour vous,

† Évêque Timothée

Notes :


1. Métropolite Hierotheos Vlachos, Predici la Marile Sărbători (Homélies aux grandes fêtes), Ed. Egumenița, 2008.
2. Hiéromoine Raphaël Noica, Cultura Duhului (Culture de l’Epsrit), Editura Reîntregirea, Alba Iulia, 2002, p. 77.

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