Ajouté le: 6 Juin 2016 L'heure: 15:14

Le Saint et Grand Concile de l’Église Orthodoxe, expression de la coresponsabilité ecclésiale (2)

Dans la continuation de la présentation du numéro précédent de la revue Apostolia, nous allons nous arrêter dans ce qui suit sur les trois derniers documents qui seront présentés au Saint et Grand Concile de l’Église Orthodoxe, qui se réunira du 16 au 27 juin 2016 en Crète.

Si les premiers textes dont nous avons déjà parlé : L’importance du carême et son respect aujourd’hui, La Diaspora orthodoxe et L’autonomie ecclésiale concernent des aspects concrets, surtout de l’intérieur de l’Église Orthodoxe, les thématiques que nous présenterons dans ce qui suit : La Mission de l’Église Orthodoxe dans le monde contemporain, Les Relations de l’Église Orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien, Le Saint Sacrement du Mariage et les empêchements au mariage, abordent aussi la problématique de la manière de dont l’Église Orthodoxe se situe par rapport aux défis du monde contemporain.

Dans les lignes qui suivent nous ne nous proposons pas d’évaluer les documents dans leur complexité, mais de les présenter succinctement, en soulignant les aspects que nous considérons comme plus importants.

La Mission de l’Église Orthodoxe dans le monde contemporain

Le document intitulé La Mission de l’Église Orthodoxe dans le monde contemporain part de l’affirmation que l’Église est le signe et l’image du Royaume de Dieu dans l’histoire et montre qu’elle ne reste pas indifférente aux problèmes de l’homme de tous les temps, en assumant par un amour vivant exprimé dans une « parole de patience et de consolation » les douleurs et les blessures provoquées par le mal qui agit dans le monde.

Le texte souligne la valeur de la personne humaine et la nécessité de la coopération inter-chrétienne dans tous les domaines, afin de défendre le bien, de telle façon que les efforts pacifistes des chrétiens acquièrent plus de poids et de force. Le dialogue inter-religieux et la coopération permettent de limiter les manifestations de fanatisme, pour affermir l’amitié entre les peuples, le triomphe de la liberté et de la paix dans le monde entier, pour le bien de chaque personne, quelle que soit sa race et sa religion. Pour éliminer toute forme de compromis doctrinaire qui serait promu par ces réunions, on affirme explicitement que le dialogue "exclut toute forme de syncrétisme".

Le document montre que l’Église est préoccupée par le fait que l’humanité se voit imposer un mode de vie de plus en plus consumériste et souligne que les principes moraux doivent se trouver à la base de toutes les actions économiques pour rendre service à l’homme. En respectant les principes des droits de l’homme et du traitement égal des hommes, l’Églisevise à appliquer ces principes à la lumière de son enseignement sur les Saints Sacrements, la famille, la place de l’homme et de la femme dans l’Église et les valeurs de la tradition ecclésiale en général. Le texte souligne que l’Église affirme sa détermination de rendre témoignage de son enseignement dans l’espace public et que dans le contexte des tentatives, dans certains pays, de légiférer et de justifier théologiquement, dans certaines communautés chrétiennes, des formes de cohabitation opposées à la tradition et l’enseignement chrétien, elle assume d’une manière non-équivoque la responsabilité pastorale envers l’institution divine de la famille, constituée sur la base de l’union de l’homme et de la femme.

Renvoyant à la crise écologique, mettant en évidence la valeur des vertus de la modération et de l’autocontrôle, le document souligne la nécessité de protéger la création de Dieu, en cultivant le sens de la responsabilité envers l’environnement, qui est un don divin. Ayant en vue la capacité de l’homme d’agir sur la création, le document montre que le savant doit assumer non seulement la liberté d’entreprendre des recherches, mais aussi d’arrêter la recherche lorsque les principes chrétiens et humains sont transgressés. Il y a ici un renvoi explicite au témoignage qu’apporte l’Église en rapport avec le caractère sacré incontestable de la vie humaine, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle.

Les relations de l’Église Orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien

Le texte concernant Les relations de l’Église Orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien part de l’affirmation que L’ÉgliseOrthodoxe est l’Égliseune, sainte, catholique et apostolique. En même temps on affirme que l’Église Orthodoxe croit fermement, dans sa conscience ecclésiale profonde, occuper une place centrale pour la promotion de l’unité des chrétiens dans le monde d’aujourd’hui. Nous remarquons que le texte parle de l’unité de l’Église, se référant explicitement à l’Église Orthodoxe, et lorsqu’il aborde le rôle de l’Église Orthodoxe dans l’ensemble du monde chrétien, il ne parle pas de promouvoir l’unité des églises, mais de promouvoir l’unité des chrétiens.

Le document montre que la participation au Mouvement Œcuménique n’est pas contraire à la nature et à l’histoire de l’Église Orthodoxe, mais constitue la riche et constante expression de la foi et de la tradition apostolique dans des conditions historiques nouvelles. On montre que les dialogues théologiques bilatéraux actuels de l’Église Orthodoxe, tout comme sa participation au mouvement de rétablissement de l’unité des chrétiens s’appuient sur la conscience même de l’Orthodoxie et sur son esprit œcuménique, dans le but de chercher, sur la base de la foi et de la tradition de l’Église ancienne des sept Conciles Œcuméniques, l’unité perdue des chrétiens.

Le texte affirme, remarquons-le, que conformément à la nature ontologique de l’Église, son unité ne peut être détruite et ainsi, par la participation au mouvement œcuménique, on n’accrédite pas une ecclésiologie des Églises coexistantes dans la désunion mais, simplement, par la voie du dialogue, l’Église Orthodoxe apporte un témoignage dynamique de la plénitude de la vérité en Christ et de ses trésors spirituels, à tous ceux qui se trouvent hors d’elle, dans le but de préparer la voie vers l’unité.

Le document expose les modalités selon lesquelles on peut dépasser les difficultés rencontrées pendant le dialogue théologique, en soulignant le rôle du Patriarche œcuménique dans l’obtention du consensus concernant l’évaluation du stade auquel se trouve le dialogue. On souligne l’importance de l’information correcte de toute l’Église sur l’évolution des différents dialogues. Le texte montre que la finalisation de tout dialogue théologique annoncé officiellement correspond à l’accomplissement des tâches de la Commission théologique mixte désignée dans ce sens ; et à ce moment-là, le Président de la Commission Inter-orthodoxe fait parvenir un rapport au Patriarche Œcuménique, qui, en accord avec les primats de Églises Orthodoxes locales, proclame la finalisation du dialogue. Aucun dialogue n’est considéré clos avant d’avoir été proclamé comme tel par une telle décision panorthodoxe.

Tout dialogue sincère doit prévoir aussi les modalités de faire fructifier la réussite. Pour cette raison, le document parle également de la manière de rétablir la communion à la suite de la réussite d’un dialogue et souligne que la décision prise au niveau panorthodoxe concernant le rétablissement de la communion doit se baser sur l’unanimité de toutes les Églises locales. Par la notion d’Égliseslocales on doit comprendre ici Églises autocéphales.

Le texte parle également des relations de l’Église Orthodoxe avec le Conseil Mondial des Églises (CME) aussi bien qu’avec d’autres organismes inter-chrétiens régionaux, tels que la Conférence des Églises Européennes (KEK) ou le Conseil Œcuménique des Églises du Proche Orient, qui accomplissent une mission fondamentale dans la promotion de l’unité du monde chrétien.   On souligne que l’Église Orthodoxe, fidèle à son ecclésiologie, à l’identité de sa structure intérieure et à l’enseignement de l’Église primitive, participe à l’activité du CME, mais n’accepte pas l’idée de l’égalité des confessions et en aucun cas ne peut assumer un compromis interconfessionnel. On montre que l’unité cherchée au sein du CME ne peut être le produit exclusif des accords théologiques, mais aussi de l’unité de la foi de l’Église Orthodoxe, telle qu’elle a été vécue et gardée mystérieusement dans l’Église. Entre autres, on affirme que le CME n’est pas et ne doit en aucun cas devenir une « super-église ». « Le but du Conseil Mondial des Églises n’est pas celui de négocier l’union entre les églises – ce qui ne peut être fait que par les églises elles-mêmes sur leur propre initiative – mais de réaliser un contact vivant entre les églises, de stimuler l’étude et le débat des problèmes qui concernent l’unité chrétienne » (Déclaration de Toronto, §2).

Nous observons que lorsque le texte se réfère aux autres confessions en utilisant la notion d’église, on utilise des lettres minuscules, en soulignant par ceci que l’Église Orthodoxe utilise le terme par lequel les cultes en question s’identifient, sans que cela accrédite de quelque manière que ce soit une approche qui présuppose un compromis d’ordre ecclésiologique.

Le document parle des perspectives du dialogue théologique qui doit tenir compte des critères canoniques énoncés par le canon 7 du IIe Concile Œcuménique et du canon 95 du Concile Quinisexte. Nous devons préciser que ces textes canoniques distinguent les premières formes d’éloignement de l’Église, et montrent, en reflétant les préceptes du 1er canon de Saint Basile le Grand, les différentes modalités de recevoir dans l’Église ceux qui se trouvent dans l’une de ces situations. Malheureusement, le fait de mentionner ces canons ici n’apporte pas de clarification et laisse l’impression de faire un parallèle strict entre les éloignements de l’Église prévus par ces canons et la réalité interconfessionnelle contemporaine.   

L’alinéa 22 du document affirme que seul le système conciliaire a la compétence de garder pure la foi orthodoxe, en se constituant depuis toujours au sein de l’Église comme le juge désigné et ultime en matière de foi. Cette affirmation devrait être comprise dans le sens que le système conciliaire exprime la communion des Églises. Le caractère conciliaire comme système de manifestation de la communion des Églises locales est de fait le cadre dans lequel le plérôme de l’Église se manifeste en coresponsabilité.

Le texte montre que dans le contexte où le mouvement pour la restauration des unités des chrétiens prend des formes nouvelles, pour répondre aux nouvelles situations et faire face aux nouveaux défis du monde actuel, il est nécessaire que l’Église Orthodoxe, sur la base de la tradition apostolique et de sa foi, continue à apporter son témoignage dans le monde chrétien divisé.

Le Saint Sacrement du Mariage et les empêchements au mariage

Le texte concernant Le Saint Sacrement du Mariage et les empêchements au mariage présenté à la Ve Conférence préconciliaire a été complété par un préambule qui précise certains aspects importants concernant la famille orthodoxe. Partant de la constatation que l’institution de la famille est menacée aujourd’hui par le phénomène de la sécularisation ainsi que par le relativisme moral on affirme la sacralité du mariage comme un enseignement fondamental et indiscutable. On souligne qu’on peut parler de mariage orthodoxe seulement quand il s’agit d’une union libre entre un homme et une femme.

Le texte appelle le mariage institution de droit divin. Cette formulation n’est pas spécifique à la tradition orthodoxe et le fait de l’utiliser dans un document d’une telle importance assimile en fait une terminologie introduite dans la théologie académique à travers une filière scholastique. Au-delà de l’inconvénient de la formulation, il est important que l’on renvoie au fait que la famille a été instituée en même temps que la création des premiers hommes, Adam et Eve (cf. Genèse 2, 23). Le texte mentionne que dans la famille on accomplit la communion spirituelle du couple et la capacité d’assurer la continuité de la vie humaine. Cette union est devenue un Saint Sacrement mentionné dans le Nouveau Testament, lorsque le Christ a accompli son « premier signe », aux noces de Cana en Galilée, en montrant ainsi sa gloire (cf. Jean 2, 11). Le texte affirme explicitement le caractère indissoluble du Sacrement du Mariage comme image de l’union entre le Christ et l’Église (cf. Éphésiens 5, 32).

Le document parle de la bénédiction que l’Église donne à cette union, en renvoyant au texte de saint Ignace le Théophore qui souligne dans son Épître à Polycarpe de Smyrne que les époux qui s’unissent dans la communion du mariage doivent le faire « avec l’accord de l’évêque, pour qu’ainsi le mariage se fasse selon Dieu et non pas selon un désir humain. Que tout se passe pour la gloire de Dieu » (V. 2)... L’ÉgliseOrthodoxe condamne toute atteinte à sa pureté (cf. Éphésiens 5, 2-5 ; 1 Thessaloniciens 4, 4 ; Hébreux 13, 4).

Le texte identifie, en tant que condition préalable au mariage, la foi en Jésus Christ, foi que le mari et la femme (l’homme et la femme) doivent partager ensemble. On montre que le fondement de l’unité du mariage est l’unité en Christ : par la bénédiction de l’amour conjugal, par le Saint Esprit, les époux doivent refléter l’amour entre le Christ et son Église.

Le document relativise le caractère contractuel du mariage en montrant que cette communion des personnes par le Sacrement du Mariage n’est pas une simple relation conventionnelle naturelle, mais une force spirituelle créatrice pour l’institution sainte de la famille.

On doit apprécier le fait que le texte souligne l’obligation des évêques et des prêtres de s’engager dans un travail intense d’ordre pastoral pour protéger les valeurs familiales par une attitude paternelle.

Le paragraphe 8 de ce document fait la distinction entre le mariage et la famille, et attire l’attention sur le fait que dans la société contemporaine se manifeste une pression pour reconnaître différentes formes de cohabitation. Cette réalité contemporaine est présentée comme étant une véritable menace pour les chrétiens orthodoxes, étant l’expression d’une crise du mariage et de la famille, à beaucoup d’égards, à travers laquelle on porte atteinte à la famille traditionnelle, les premières victimes étant les époux eux-mêmes et au même titre les enfants.

Le texte appelle le mariage civil entre un homme et une femme enregistré selon la loi comme un acte de cohabitation assuré par l’État, différent du mariage béni par Dieu et son Église, et on montre que les membres de l’Église qui contractent un mariage civil doivent être traités avec la responsabilité pastorale nécessaire, pour qu’ils comprennent la valeur du Sacrement du Mariage et les bienfaits qui en découlent.

Le document souligne que l’Église n’accepte pas les contrats de cohabitation entre des personnes de même genre et aucune autre forme de cohabitation différente du mariage. En même temps, on souligne la nécessité d’adopter une attitude pastorale pour chaque cas en particulier, de façon à ce que les membres de l’Église Orthodoxe qui s’engagent dans de telles formes de vie commune puissent comprendre le véritable sens du repentir et de l’amour béni par l’Église.

L’augmentation du nombre des divorces, des avortements et d’autres problèmes internes à la vie de famille sont identifiés comme conséquences de la crise de la famille, et les pasteurs de l’Église sont appelés à faire tous les efforts possibles pour dépasser ces problèmes.

La deuxième partie du document aborde la problématique des empêchements au mariage.

Concernant les empêchements au mariage liés à la parenté naturelle, par alliance ou par adoption, tout comme à la parenté spirituelle, le texte montre que l’Église assume toutes les prescriptions des saints canons (canons 53 et 54 du Concile Œcuménique Quinisexte), tout comme celles de la pratique ecclésiale qui en découle. Les Églises orthodoxes autocéphales locales ont la vocation de transposer cette règle dans la vie interne par le Statut de chaque Église Orthodoxe, tout comme par leurs décisions conciliaires.

Le texte montre que la bigamie et l’absence du divorce civil ou de la constatation de la nullité du mariage sont des empêchements absolus pour contracter un mariage.

Le document montre qu’en conformité avec les Saints canons (le canon 16 du 4e Concile Œcuménique et le canon 44 du Concile Quinisexte) le mariage est interdit après la prononciation des vœux monastiques et l’Église assume cette rigueur. La prêtrise est considérée comme un empêchement au mariage, conformément au 3e canon du Concile Quinisexte.

Nous remarquons que l’utilisation de ces canons comme fondement est pour le moins forcée, dans les conditions où le texte parle seulement de la rigueur et le 16e canon du 4e Concile Œcuménique montre la compétence de l’évêque du lieu pour appliquer l’exception lorsqu’un moine revient dans le monde. Le 44e canon du Concile Quinisexte ne parle pas de monachisme comme empêchement au mariage mais de considérer le moine qui se marie comme une personne qui a commis le péché de la luxure. Nous devons également souligner que le texte du 3e canon Quinisexte ne parle pas de la prêtrise comme d’un empêchement au mariage mais du mariage par exception comme un empêchement à l’ordination.

Le document montre qu’en conformité avec la rigueur canonique on ne peut pas officier des mariages mixtes entre orthodoxes et non orthodoxes mais précise que par condescendance et par amour pour les hommes on peut les officier, à condition que les enfants qui résultent de ce mariage soient baptisés et élevés dans l’Église Orthodoxe. Nous remarquons que le texte ne mentionne pas la tolérance par économie mais parle de condescendance et amour des hommes. Même si la solution de certains problèmes atypiques par économie est l’expression de la condescendance et de l’amour des hommes, il est nécessaire de préciser l’application de l’économie canonique par l’évêque du lieu, parce qu’une solution de ces cas par condescendance et amour des hommes laisserait l’impression que chaque prêtre a la liberté d’identifier les solutions convenables sans que soit nécessaire la bénédiction de l’évêque du lieu.

Le document affirme l’interdiction absolue du mariage entre orthodoxes et non chrétiens, conformément à la rigueur canonique.

Le paragraphe final de ce texte montre que l’application de l’économie ecclésiale doit être réglementée par le Saint Concile de chaque Église Orthodoxe autocéphale, conformément aux principes établis par les canons ecclésiaux, dans l’esprit d’un discernement pastoral de façon à servir au salut de l’homme.

***

Au final de cette présentation qui se limite à souligner certains aspects d’ordre général, nous apprécions le fait que les Églises autocéphales ont réussi à progresser dans l’élaboration par le consensus de documents concernant des thématiques sensibles auxquelles l’Église Orthodoxe se confronte. En même temps nous exprimons l’espoir que les documents pourront être améliorés encore dans le cadre de l’étape préparatrice de la Synaxe qui précède la réunion conciliaire proprement-dite et pendant les débats dans le cadre du Concile. Ces textes ont la vocation d’affirmer l’unité de foi dans l’Église Orthodoxe, une ecclésiologie qui ne laisse pas de doute en ce qui concerne la fidélité à l’adéquation doctrinaire dans le cadre de la Sainte Tradition et une unité dans le témoignage dans un contexte global particulièrement complexe.

La réunion du Saint et Grand Concile de l’Église Orthodoxe est par elle-même un grand succès, parce qu’après des siècles de difficultés dans l’articulation du système conciliaire au niveau global, nous assistons à une manifestation de la coresponsabilité des Églises autocéphales dans un cadre conciliaire panorthodoxe.

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