Ajouté le: 1 Novembre 2014 L'heure: 15:14

Parole du Métropolite Joseph

Ce qui nous préoccupe aujourd’hui de façon évidente et presque obsessionnelle, c’est la santé et le bonheur, le bien, ou le fait d’avoir l’air bien. C’est pourquoi aussi le dialogue avec chacun de nos semblables finit invariablement par de bons vœux, de santé, de bonheur.

Et c’est normal, on pourrait le dire, parce que souhaiter le bien à son prochain et l’exprimer, avec ses lèvres ou son regard, en disant : je te souhaite une bonne journée, une bonne nuit, une bonne matinée, la santé, la joie, le bonheur, toutes les bonnes choses, beaucoup de santé, je me réjouis de te voir, à ta santé etc., ce ne sont pas des paroles quelconques ou anodines, mais elles expriment, ou devraient exprimer ce que notre cœur ressent, ce que nous souhaitons vraiment. Mais pouvons-nous, en souhaitant le bien ou le mal, influencer vraiment l’état de nos semblables ? Être bon et avoir de bonnes pensées est une chose divine. Il est évident que notre souhait influence en effet l’état d’âme de ceux qui nous entourent, et même l’état physique, et détermine souvent la relation que nous pouvons avoir avec nos proches ou avec la personne avec qui nous entrons en contact. Ce n’est pas la même chose que de dire que nous lui souhaitons le bien ou le mal. Dans quelle mesure, ou jusqu’où peut aller l’influence de notre état intérieur sur l’autre, nous ne pouvons pas le mesurer avec précision, mais notre Sauveur Jésus-Christ nous renvoie souvent à l’homme intérieur, Il met en avant l’attention que nous prêtons ou que nous devrions prêter à nos états intérieurs, et par conséquent aussi à nos intentions envers notre prochain, par notre cœur, nos paroles et nos regards, qui par la suite se traduisent dans nos actions. Nous savons par notre propre expérience que ce n’est pas la même chose que de jeter vers son semblable des regards envenimés comme des flèches empoisonnées, ou des regards lumineux, pleins d’amour et de la joie de le voir. Dire une parole de consolation ou une parole blessante, qui soit éclairera son âme soit le jettera dans une profonde tristesse. Travailler le champ intérieur de l’âme, se concentrer sur la purification de son cœur, c’est l’appel le plus mystérieux du Christ vers l’homme – l’homme de foi.  

Le Christ Seigneur nous dit : « L'œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé ; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres ! » (Mt 6, 22-23). Si je dis à mon ami ou à une connaissance « je te souhaite une bonne journée », ou « plein de bonnes choses », ou « je te souhaite beaucoup de santé et de joie » sans que mon cœur y soit vraiment, et sans avoir Dieu comme témoin de mon sentiment intérieur – le Seul d’ailleurs qui peut me donner la pureté du cœur et la recherche du bien pour mon frère du plus profond de mon âme – comment tout cela pourra se réaliser en vérité ? « La bonté, c’est la pensée de Dieu accomplie par les hommes » (saint Ignace le Théophore). En souhaitant le bien à mon frère au nom de Dieu, mon souhait se fait prière, ma parole s’abreuve à la grâce de Dieu, à la lumière et à la joie de l’éternité par laquelle Il nous a unis par sa vie avec nous. Tout don parfait vient de Lui. En nous souhaitant le bien les uns aux autres, nous multiplions le don du Christ dans nos âmes et dans celles de nos semblables. La pensée et la disposition de l’homme intérieur envers son prochain, la disposition de son cœur, le Christ veut qu’elles soient pures ; c’est là que l’homme se définit lui-même, comment il est, comment il se veut être et comment il cherche à être : « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. » (Mt 7,1) « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » (Mt 7, 3) « Car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, … » (Mc 7, 21) ; « Ce que produit un arbre fruitier montre comment il a été cultivé; ainsi, en écoutant un homme parler, on peut savoir ce qu'il pense au fond de lui-même. » (Eccl 27, 6).

Cependant nous nous oublions souvent les uns les autres, nous nous ignorons, nous nous enfermons dans nos propres besoins. Ou bien, nous disons notre amour seulement du bout des lèvres, et notre cœur reste dur comme pierre. C’est une chose que le cœur triste d’un homme dise avec le psalmiste « je suis oublié des cœurs comme un mort, je suis comme un vase brisé. » (Ps 30, 12), en criant la douleur de son oubli par ses semblables. Et c’en est une autre que de dire, avec le cœur rempli de la grâce de l’amour : mes frères m’ont « accueilli avec joie » (Actes 21, 17), ceci étant le fruit de la fraternité en Christ.  

Voici donc que l’état paradisiaque pour nous et pour notre prochain commence déjà dans notre cœur, par le désir, par le regard, par la parole. C’est pourquoi le Sauveur nous exhorte à garder nos cœurs purs de mauvaises intentions, de jugement, de la vaine gloire, de l’orgueil, en nous conseillant « tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c'est la loi et les prophètes. » (Mt 7, 12).

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