Ajouté le: 20 Novembre 2012 L'heure: 15:14

La gloire de Dieu, c’est l’amour qui resplendit sur nos visages

La gloire de Dieu, c’est l’amour qui resplendit sur nos visages

Comment pouvons‑nous dans le monde d’aujourd’hui témoigner de notre foi, la transmettre comme état de lumière, comme état de grâce, comme état de résurrection, comme état d’amour que nous avons reçu dans le baptême ? Combien nous échouons nous‑mêmes dans la transmission de la foi, et combien, nous les chrétiens, nous sommes faibles ! Dès que nous voyons que l’un de nos proches est tombé, a été blessé, on a tendance à renoncer, on a l’impression que le moindre de nos efforts est en vain, que ça n’a pas de sens. Mais toujours la confiance en Dieu fait ressusciter les morts ; elle fait guérir nos plaies, et surtout, au fond de nous, la confiance, le courage et l’espérance en Dieu, font de nous des ressuscités.

Il ne faut pas se décourager. On a besoin aujourd’hui de ce courage, et de cet état d’esprit, nous, les chrétiens. Le Seigneur dit : Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d’un vase ou ne la met sous un lit; on la met au contraire sur un chandelier, pour que cette lumière illumine tous les autres (cf. Lc 8, 16). Or, nous n’avons pas le courage de la vie en Christ, de la lumière, de la grâce que nous avons reçues, de les donner, de les montrer, de les mettre à la vue des autres, mais on les cache toujours : il ne faut pas que notre conjoint sache que nous sommes croyant, ou nos camarades d’école, les enfants n’osent pas dire qu’ils sont croyants à l’école, de peur que les autres ne se moquent d’eux. De même dans les différentes situations de nos sociétés, au lieu d’illuminer, nous enfonçons aussi les autres dans les ténèbres, puisque nous cachons la lumière que nous avons reçue. Nous avons honte de ce que nous sommes. C’est pour cela que le monde va mal, puisqu’on a honte. Et souvent aujourd’hui, surtout dans les sociétés occidentales, on a peur que le nombre de chrétiens se réduise de telle manière qu’ils deviennent invisibles. Le Seigneur nous dit : Si vous avez la lumière, ne la cachez pas, montrez‑la, sortez‑la, n’ayez pas honte de cette lumière. L’avons‑nous ? On devrait recevoir cette parole du Christ : Mets ta lumière sur le chandelier.

Le Seigneur nous demande : Peux‑tu mourir aujourd’hui pour Moi ? Peux‑tu renoncer à toi‑même ? Ne croyez pas que je vous envoie tous au monastère ! Pas du tout ! Renoncer à soi‑même ce n’est pas seulement aller au monastère, c’est renoncer chaque jour, à chaque instant, à sa propre volonté, mourir à soi‑même et faire valoir en nous la volonté de Dieu qui souvent se manifeste à travers mon frère, à travers celui qui est à côté de moi, qui a besoin de moi, pour que la lumière du Christ soit tout en nous.

Nous sommes tous des dons de Dieu, chacun d’entre nous. C’est extraordinaire, mais on ne se regarde jamais dans un miroir en disant : quel don de Dieu je suis ! On peut se donner des claques, mais aussi dire : combien je m’aime moi‑même ! Ah ! que je suis égoïste ! je sais, mais combien je m’aime moi‑même ! Il faut peut‑être se regarder de temps en temps soi‑même et se demander : y a‑t‑il le signe de cet amour pour moi‑même ? Et quand on a un enfant, la joie est incroyable, inimaginablement grande. On ne peut pas décrire la joie d’un père spirituel qui voit son enfant réussir sa vie spirituelle, sortir d’un combat terrible avec lui‑même, et gagner, être vainqueur, c’est indescriptible. Et pour un père selon la chair, avoir son propre enfant et en plus l’accompagner tout au long de sa vie, et voir qu’il a réussi non seulement le combat de cette vie mais aussi son combat intérieur, qu’il a réussi spirituellement, qu’il est accompli, alors quel don ! quelle joie mêlée aux larmes ! Puisque c’est comme ça avec les enfants, tant spirituels que les enfants selon la chair. Car les enfants sont rendus à leur famille pour être élevés dans l’amour et dans la gloire de Dieu, parce qu’on ne le dit pas souvent, mais dans une famille, l’enfant doit sentir aussi quelle est la gloire de Dieu.

Qu’est‑ce que la gloire de Dieu ? La gloire de Dieu, c’est l’amour qui resplendit sur nos visages, dans la joie. Une joie qui est indicible, on ne peut pas exprimer son bonheur, mais on le sens, on le vit. C’est ça la gloire de Dieu dans l’homme. C’est la gloire de la Résurrection, cette semence que nous portons en nous depuis notre baptême, qui parfois se perd dans le temps. Et pourquoi se perd‑elle ? Qu’y pouvons‑nous ? Nous sommes parfois plus ardents dans notre foi, et parfois moins, on est parfois plus attentif à ce qui se passe dans le monde, à la manière dont on a réussi, dont on s’est installé dans ce monde, qui est tellement provisoire ! Tout s’en va d’un coup… Tout s’en va et que reste‑t‑il de nous ? rien. De la poussière.

C’est pour cela que nous mettons l’Evangile sur l’autel de manière à ce qu’il s’ouvre « à l’envers ». De même on encense dans l’église dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Car le sens habituel montre la mort : le commencement et la fin. Mais dans l’Eglise nous allons de la fin vers le commencement, à l’inverse, puisque le Christ, par Son Incarnation et Sa Résurrection, a tout détourné, Il a transfiguré le temps. Désormais le temps est un temps de la Résurrection, et non de la mort, et nous allons donc dans l’autre sens. Ainsi, nous ne comprenons pas la vie selon la naissance mais selon la mort, parce qu’on part de la fin pour voir de quoi il s’agit au commencement, pour saisir le pourquoi de la naissance sur terre. Et ce pourquoi ce n’est pas la mort, c’est la vie. Pourquoi Dieu nous aurait‑Il créés pour la mort ? C’est en cela qu’Il se réjouit ? Jamais ! C’est pour la vie qu’Il nous a créés. Donc nous sommes des êtres de vie. Nous n’avons pas besoin de grand‑chose pour vivre, mais de très peu de choses. Un enfant, quand il est rendu à Dieu, qu’a‑t‑il ? Que possède‑t‑il ? Rien. Il se laisse entre les mains de ses parents, entièrement, avec une confiance extraordinaire. C’est ça l’image de ce que nous pouvons ressentir en nous laissant entre les mains de Dieu.

Devenus dès notre baptême des êtres de lumière, nous pouvons désormais nous laisser entre les mains de Dieu et dire cette prière : « Seigneur, je m’abandonne à Toi, je me laisse entre Tes mains, fais de moi aussi, aujourd’hui et toujours, un être de lumière, et aide‑moi à ne jamais cacher cette lumière que Tu me donnes, à ne jamais la recouvrir, mais à la montrer aussi aux autres. Pas comme je veux et comme je pense, mais comme Toi Tu le veux, et comme Tu le penses pour moi ».

† Le Métropolite Joseph

La gloire de Dieu, c’est l’amour qui resplendit sur nos visages

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