Ajouté le: 16 Septembre 2012 L'heure: 15:14

Parole pour la Nouvelle Année Liturgique (Indiction)

Parole pour la Nouvelle Année Liturgique (Indiction)

Si l’année calendaire finit le 31 décembre et recommence le 1er janvier, l’Année Ecclésiale finit le 31 août et recommence le 1er septembre. La motivation est liée au fait, que, pour l’Eglise et les chrétiens, l’année commence par la fête de la Nativité de la Mère de Dieu, par laquelle s’accomplit l’œuvre salvatrice de l’incarnation de notre Seigneur Jésus Christ, et finit par la fête de la Dormition de la Mère de Dieu. Alors celle qui a engendré le Sauveur passe à la vie éternelle, elle la Mère de la Vie, et devient pour nous image de l’union parfaite avec Dieu, et en même temps image de la compassion avec nous les hommes, au point de goûter la mort.

Le début de la Nouvelle Année Liturgique constitue pour nous, les chrétiens, une occasion de s’arrêter et réfléchir sur ce qui s’est passé et ce que nous avons vécu pendant l’année qui a précédé, et surtout un moment de mise en balance, où nous pouvons resituer et réorienter les priorités de notre vie, pour la période qui va suivre.

Ce partage du temps de notre vie à travers des fêtes plus ou moins importantes, la commémoration chaque jour d’un ou de plusieurs saints représente autant d’occasions de donner un sens béni et sanctificateur au temps que nous recevons de Dieu pour le vivre et l’utiliser en vue de notre salut. Avons‑nous pleinement fait fructifier, avons‑nous donné dans notre vie l’importance et le lieu qui convient aux dimanches et aux fêtes de l’année qui vient de passer? Avons‑nous honoré comme il convient le saint (ou la sainte) dont nous portons le nom? Avons‑nous fait fructifier le temps des jeûnes et avons‑nous donné, au moins dans ces périodes‑là, plus d’importance aux choses intérieures et spirituelles? Il est bon de chercher à répondre, chacun d’entre nous, avec sincérité, à ces quelques questions, afin de nous rendre compte du lieu et de l’importance que tient notre relation personnelle avec Dieu et le lieu qu’Il tient dans notre hiérarchie de priorités dans la vie.

Chaque moment de notre vie, chaque jour qui commence constitue, donc, une occasion de diriger notre pensée vers Dieu, de transfigurer le temps que nous avons à vivre, en le rendant, de temps « de la mort », temps de l’éternité, et de changer tout ce que nous travaillons et accomplissons dans une prière, dans une liturgie. Faisons, donc, nôtre l’exhortation du Saint Apôtre Paul, qui dit : « Prenez donc garde de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages; rachetez le temps, car les jours sont mauvais. » (Ephésiens, 5, 15‑16). Cela veut dire que le malin cherche à nous tenter chaque jour par la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, (cf. 1 Jean, 2, 16), de façon à détourner notre attention et notre pensée de Dieu – la source et le sanctificateur de notre vie – vers tout et n’importe quoi d’autre, détourner nos idéaux et nos aspirations vers des buts étrangers à la perspective de l’éternité …

Par conséquent, du temps que nous passons chaque jour, chronométré en secondes, minutes, heures, jours, semaines, mois et années, un temps qui pour nous, hommes mortels, est comme un compte à rebours vers la mort, nous avons la possibilité de faire un temps sanctifié ou bien un temps perdu. Lorsque nous tissons ce temps avec Dieu dans tout ce que nous faisons, nous pensons ou nous projetons, alors chaque moment de notre vie se transforme, devenant non plus un temps de la mort, mais un temps béni et sanctifié, temps qui rencontre l’éternité – « le temps » de Dieu. Tout ce que nous pensons, planifions ou travaillons avec Dieu devient, de pensée, projet ou œuvre « humaine », synergie de pensée, de travail ou œuvre accomplie avec Dieu et qui reçoit le sceau de la sainteté et de l’éternité qui sont propres à Dieu. C’est pourquoi, dès notre jeune âge, nous avons reçu cet enseignement de nos pères : « Commence toujours ton travail avec Dieu ». Par conséquent, c’est de nous que dépend le fait de passer notre temps en le sanctifiant ou en le gaspillant …

Dans ce choix crucial nous devons savoir que Dieu est avec nous et nous aide, tout comme Sa Très Sainte Mère et tous les saints. C’est pourquoi, aux offices, nous entendons répéter par le prêtre célébrant: Invoquant la Très Sainte, très pure et toute bénie, la très glorieuse, notre Souveraine, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, et tous les saints, remettons‑nous nous‑mêmes, les uns les autres, et toute notre vie au Christ notre Dieu. Il s’agit, en fait, de l’exhortation à confier notre vie, d’un bout à l’autre, avec chaque jour qu’il nous est donné de vivre, avec toutes ses aspirations, ses recherches, ses problèmes ou ses victoires, à Dieu, Celui Qui sait tout et accomplit tout pour notre bien et notre salut.

Dieu, qui séjourne en dehors du temps, S’est incarné et est entré corporellement sous l’incidence de l’espace et du temps, afin de nous rendre co‑participants à ce qui Lui est propre, dans le plan de la divinité : l’éternité et la vie sans fin. C’est pourquoi, avant de commencer la Divine Liturgie, nous entendons le diacre dire au principal prêtre célébrant: Il est temps pour le Seigneur d’agir (cf. Ps. 118, 126). Il annonce en fait le commencement du temps du Seigneur, c’est‑à‑dire le Seigneur est Celui qui vient au milieu de nous afin de nous rendre participants à tout ce qu’Il a, par conséquent aussi à Son temps. Autrement dit, L’Eternel vient maintenant dans notre maintenant afin de nous introduire dans le toujours où Il séjourne. C’est pourquoi nous entendons au début de chaque célébration: Béni est notre Dieu, ou Béni est le règne du Père, du Fils et du Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Nous avons ici le privilège et la bénédiction, en répondant par Amen, que notre maintenant rencontre et partage le toujours et l’éternellement qui caractérise Dieu. Ici commence la transformation ou la transfiguration du temps mesuré par l’horloge dans un temps éternel, un temps sanctifié. C’est pourquoi nous entendons dans la prière de l’Eglise l’exhortation: Un jour (soir) entier, parfait, saint, en paix et sans péché, demandons au Seigneur. Ou bien: D’achever le reste de notre vie, dans la paix et le repentir, demandons au Seigneur. Ainsi, avec l’aide de Dieu, le temps du jour et, petit à petit, de notre vie toute entière reçoit une nouvelle orientation et un nouveau sens. C’est ainsi que, par exemple, le long des siècles jusqu’à aujourd’hui, un grand nombre de chrétiens ont choisi de passer tout le temps de leur vie avec et pour Dieu. Certains de nos ancêtres – qui s’appelaient des veilleurs – ont pu même vaincre les contraintes du temps et son rythme de jour et de nuit, quittant son emprise et passant tout leur temps avec Dieu, sans dormir, accomplissant ainsi, dans l’absolu, l’exhortation de l’Apôtre: Priez sans cesse! (1 Thessaloniciens, 5, 17).

En ce premier jour de l’Année Liturgique, avec Saint Syméon le Stylite, grand ascète de la Syrie († 459), nous commémorons un saint père de l’Eglise originaire de la région de la Dobroudja d’aujourd’hui (à l’époque Scythia Minor), qui est né vers l’an 470 est a rejoint le Seigneur vers l’an 544, à Rome. Il s’agit de Saint Denis l’Exigu (de exiguus – sans importance, humble, petit, tel qu’il se voyait lui‑même), moine dans le sud de l’Italie à Vivarium (aujourd’hui Squillace), où il s’est formé en tant que traducteur et scribe, arrivant ensuite à l’évêché de Rome vers l’an 500, où il a constitué le premier recueil de canons, en commençant par les canons Apostoliques et en finissant par les canons des quatre premiers Conciles Œcuméniques (c’est‑à‑dire de tous), devenant ainsi le père du Droit Canon en Occident. Il a été connu partout aussi par le fait qu’il a calculé les années depuis la naissance du Seigneur Jésus Christ, devenant ainsi le fondateur de l’ère chrétienne, ce qui fait qu’aujourd’hui nous calculons les années d’après le principe qu’il a institué.

Saint Denis est pour nous un exemple à suivre, en ce jour, au début de l’Année Liturgique, par la manière dont il a consacré toute sa vie au service de l’Eglise du Christ, en mettant au bénéfice de la communauté chrétienne tous les dons qu’il a reçus de Dieu.

C’est pourquoi, nous prions Saint Denis l’Exigu de nous bénir en ce nouveau début et de nous guider sur la voie pleine d’épreuves de la vie, afin de passer le reste du temps qui nous a été donné, long ou court, pour la purification, la sanctification et le salut de nos âmes.

Avec notre bénédiction épiscopale et nos vœux de salut, en ce début d’Année Liturgique,

† L’Evêque SILOUANE
De l’Evêché Orthodoxe Roumain d’Italie

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