Ajouté le: 15 Juin 2011 L'heure: 15:14

Quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé

(Joël, 2, 32; Actes 2, 21) 

Quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé

La escente du Saint-Esprit à la Pentecôte, c’est-à-dire cinquante jours – six semaines – après la Résurrection (un temps égal à celui du grand Carême), ouvre une huitième Semaine qui est le couronnement et l’accomplissement de celles qui la précèdent, tout comme la Semaine Radieuse est l’accomplissement du temps du Carême, sortant de la sphère du temps « ordinaire », pour nous introduire à l’éternité.

C’est l’accomplissement que la descente du Saint-Esprit a apporté aux Apôtres, que la Fête de la Pentecôte (Fête des Rusalii, selon son appellation populaire en roumain) répand sur toute âme qui cherche Dieu et sur toute créature qui attend son accomplissement et la restauration de tout ce qui a été perverti par la chute d’Adam.

Dans ces temps de tourments et d’instabilité, où tout le monde se plaint qu’il est difficile, voire impossible, de prier, la Descente du Saint-Esprit – le Consolateur – vient apporter une grande consolation à toute âme qui s’efforce d’accomplir son salut. Les paroles du Saint Apôtre Paul (cf. Act. 2, 14- 21) finissent par: quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé (Act. 2, 21). Il vivait en fait sous l’inspiration du même Esprit qui insufflait jadis les mêmes paroles au prophète Joël (2, 32).

Ces paroles nous font en fait remonter aux sources de la parole élevée par l’Homme (Adam, en hébreu) – en prière – vers Dieu, parole qui, après la chute d’Adam, a repris la forme de l’invocation du Nom du Seigneur avec la naissance d’Enoch, fils de Seth et petit-fils d’Adam (cf. Gen. 4, 26). C’est ce qu’ont fait Abraham (cf. 12, 8; 13, 4; 21, 33) et Isaac (cf. Gen. 26, 25) et leur postérité; quant à Moïse, c’est le Seigneur Lui-même, le connaissant par son nom (cf. Ex, 33, 12) qui Se révèle à lui comme étant Celui qui est (Yahveh, en hébreu; cf. Ex 3, 14). Il Se montre à nouveau à lui sur le Mont Sinaï (cf. Ex 34, 5), lorsque celui-ci crie Son Nom, comme le Seigneur le lui avait promis (cf. Ex 33, 19). Et c’est à Moïse également qu’Il révèle le commandement de ne pas prononcer en vain le Nom de Dieu (cf. Ex 20, 7; voir aussi Deut. 5, 11) et aussi de ne pas le profaner (cf. Lev. 21, 6), car celui qui blasphémera le Nom du Seigneur sera puni de mort (cf. Lev. 24, 16).

La conscience de l’invocation du Nom du Seigneur a été gardée aussi par les prophètes (ex. Es. 24, 15; 30, 27; 50, 10; Jer. 3, 17; 26, 16; Ez. 36, 20; Soph. 3, 12; etc), jusqu’à la révélation de Dieu Lui-même en Jésus Christ.

Avec l’incarnation de notre Seigneur Jésus Christ et l’accomplissement de son śuvre salvifique, avec Son ascension au ciel et la descente du Saint-Esprit, ceux qui ont cru en Lui et L’ont suivi, on commencé à invoquer Son Nom, comme le Nom de Celui qu’ils connaissaient pour L’avoir entendu, vu et touché (cf. 1 Jn. 1, 1-4). C’est ce qui fait que Saül, qui deviendra par la suite le grand Apôtre Paul, allait à Damas pour lier tous ceux qui invoquent Son Nom (cf. Act 9, 14). Mais la foi dans la puissance du Nom du Seigneur et dans la promesse reçue par la bouche du Saint Apôtre Paul à la Pentecôte a rendus inébranlables devant les persécuteurs les chrétiens qui ont vécu et ont mené leur combat ascétique depuis le temps des Apôtres jusqu’à maintenant, car le Nom du Seigneur est une tour forte; le juste s’y réfugie, et se trouve en sûreté (cf. Prov, 18, 10). C’est pourquoi nous aussi, à ce jour, nous devons nous rappeler les paroles du psalmiste qui dit: Toutes les générations m’ont entouré et au Nom du Seigneur je les ai repoussées (cf. 117, 10-12). De même, le Nom du Seigneur se fait, pour nous aussi, un bouclier devant le flot de problèmes qui nous accablent au jour le jour, car notre secours est dans le Nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre (Ps. 123, 8).

Mais l’invocation du Nom du Seigneur s’associe à l’action de grâces que nous adressons au Seigneur pour tous les bienfaits répandus sur nous: Que rendrai-je au Seigneur tout ce qu’Il m’a donné? Je prendrai le calice du salut et j’invoquerai le Nom du Seigneur; je suis Ton serviteur, je suis Ton serviteur et le fils de Ta servante. Tu as brisé mes liens. Je Te sacrifierai un sacrifice de louange, et j’invoquerai le Nom du Seigneur (cf. Ps. 115, 3-4; 7-8). Ce n’est pas un hasard si le 4ème verset de ce psaume est devenu l’un des premiers versets à être chantés pendant la communion des fidèles (kinonikon) et s’est instauré aussi lors de la communion des époux, lors de la célébration du Sacrement du Mariage.

Les innombrables exhortations que nous trouvons dans les psaumes et en général dans les Ecritures, concernant l’invocation du Nom du Seigneur, ont créé un lien indissoluble entre la lecture des psaumes et l’invocation du Nom du Seigneur, qui est le fondement de la consolidation du rituel et de la spiritualité monastique, qui, plus tard, avec l’édition des écrits des Saints Pères sur la Prière du Cœur ou Prière de Jésus dans le volume intitulé Philocalie, portera le nom de spiritualité philocalique (la Philocalie a été éditée tout d’abord par Saint Nicodème l’Agiorite à Venise (1782), ensuite par Saint Paissios à Neamţ (1793), ensuite en 12 volumes par le père Dumitru Stăniloae, à commencer par l’édition de 1946, à Sibiu, et plus récemment en France chez Desclée de Brouwer/ J.C. Lattès, dans une édition présentée par Olivier Clément (1995).

La lecture et la méditation de la Parole de Dieu, l’invocation du Nom du Seigneur et la Divine Liturgie sont ainsi devenus, par excellence, les repères fondamentaux du chrétien. C’est pouquoi, la Divine Liturgie a comme première antienne les versets du Psaume 102: Bénis le Seigneur, ô mon âme, et que tout ce qui est en moi bénisse Son Saint Nom (v. 1) et s’achève par les paroles: Que le Nom du Seigneur soit béni, dès maintenant et à jamais (Ps. 112, 2). Ainsi, s’accomplit la parole du psalmiste: Du lever du soleil jusqu’à son couchant, loué soit le Nom du Seigneur! (Ps. 112, 3).

Ces repères sont en parfait accord avec le rythme et le calendrier de la vie d’aujourd’hui qui réussit à peine à vivre la Liturgie dominicale, ou à ruminer un psaume ou à réciter une prière. Dans ce contexte, l’invocation du Nom du Seigneur devient pour nous une manne céleste qui se met à notre portée tous les jours, où que nous nous trouvions. Acceptons-la et notre prière ne restera pas sans réponse.

† Evêque Silouane,
de l’Evêché Orthodoxe Roumain d’Italie

Quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé

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