Ajouté le: 15 Mars 2011 L'heure: 15:14

Rachetez le temps, car les jours sont malins. (Ephésiens 5, 16)

Rachetez le temps, car les jours sont malins. (Ephésiens 5, 16)

L’église, dans sa sagesse spirituelle, mais aussi formatrice et catéchétique, a établi, le long de l’année, des périodes vouées à la célébration et à la délectation de tous les biens que Dieu nous a donnés, et des périodes dans lesquelles il nous convient de faire attention à nous-mêmes, à notre état devant Dieu et devant nos proches, et pendant lesquelles nous devons faire l’ascèse (du gr. askesis - exercice) de ne pas donner immédiatement cours – de façon instinctive – aux exigences et aux besoins de notre nature qui n’ont pas un caractère vital et immédiatement nécessaire.

L’une de ces périodes, la plus longue et la plus importante de l’année, est celle du Grand Carême ou du Carême de Pâques, ou simplement Carême (de quaresima – quarante, le nombre de jours dont il est composé).

Le nombre de quarante jours, auxquelles s’ajoute la Semaine Sainte, nombre qui a été sujet à changements à travers les époques, est considéré comme une dîme du nombre des jours de l’année, que chaque chrétien est appelé à donner à Celui qui bénit « la couronne de l’année », faisant d’elle l’an de grâce ou l’an du salut. Il est en même temps lié à la période pendant laquelle, dans l’antiquité chrétienne, ceux qui désiraient se faire baptiser, après s’être inscris chez l’évêque, accompagnés par un témoin chrétien, ils se préparaient par la catéchèse et le jeûne, à la nouvelle naissance, « de l’eau et de l’Esprit » (cf. Jean, chap 3), à la veille de la fête de la Résurrection du Seigneur.

Si jadis, pendant cette période, les chrétiens – la communauté de l’église – rejoignaient naturellement l’ascèse de ceux qui se préparaient pour recevoir le baptême, comme dans un renouvellement de ce qu’ils avaient vécu déjà, soit comme enfants, soit comme adultes, lors de leurs propre baptême, aujourd’hui, à de très rares exceptions, l’ascèse du carême se réduit, presque à l’exclusivité, à l’observance de certaines règles gastronomiques et de morale extérieure qui, sans être négatives ou à rejeter (qu’à Dieu ne plaise!), n’apportent à ceux qui les respectent que la satisfaction  – mêlée souvent de vaine gloire – d’avoir été capables de « faire » une fois de plus le Carême de Pâques...

Il apparaît donc nécessaire de reconsidérer de quelle façon la période du Grand Carême pourrait recevoir de nouvelles connotations de la Tradition ancienne, afin qu’il soit plus qu’une diète orthodoxe...

L’année 2011, déclarée par le Saint Synode de l’Eglise Orthodoxe Roumaine comme Année Jubilaire des Sacrements du Baptême et du Mariage, peut constituer en soi, et d’autant plus pendant la période de préparation à Pâques, une occasion de reconsidérer les dons que nous avons reçus au Baptême, et surtout, de revoir et nous approprier, d’une façon plus personnelle et plus responsable, les promesses  faites en notre nom, par nos parrains et marraines. Cette période peut constituer en même temps une prise de conscience plus responsable de ce que veut dire que d’être parrain ou marraine, aussi bien pour ceux qui ont joué ou joueront ce rôle, que pour ceux qui sont dans la situation de choisir des parrains et marraines de Baptême (ou des témoins de Mariage) pour leurs enfants ou pour eux-mêmes.

Que s’est-il passé au Baptême? Nous avons renoncé, par le témoignage de notre parrain, à Satan et à toutes ses śuvres, à tous ses anges, à tout son culte et a toute sa « pompe ». Par cela nous avons „tourné le dos” au Prince de ce monde et à tous ses filets qu’il tend pour empêcher « notre union » avec le Christ. A savoir, nous avons renoncé à l’esprit de l’erreur, l’esprit de malice, l’esprit de l’adoration des idoles, et l’esprit de toute cupidité, l’esprit de mensonge et de toute impureté, qui śuvre d’après l’inspiration du malin. La période de ce carême peut constituer  un retour vers soi, pour réfléchir dans quelle mesure les esprits auxquels nous avons renoncé reviennent nous rendre visite – que nous soyons filleuls ou parrains. Mais n’en restons pas là! Parce que la vie en Christ, sur Qui nous avons été greffés par le Baptême, est beaucoup plus que le renoncement à ce qui est contraire à Lui! Parce que nous nous sommes unis au Christ et nous croyons en Lui, comme Roi et comme Dieu, et nous adorons le Père, le Fils et le Saint Esprit, Trinité consubstantielle et indivisible. Dans quelle mesure sommes-nous restés fidèles – au sens propre et figuré, à la fois – à ce que nous avons promis, tournés vers l’Orient, vers le Sanctuaire – filleuls et parrains? Voici une autre question à laquelle on peut réfléchir plus à loisir pendant cette période... Mais afin de pouvoir le faire, il est nécessaire que chacun d’entre nous, qui voulons prendre au sérieux notre statut de chrétien, rafraîchisse sa mémoire de ce à quoi il a renoncé et ce qu’il a promis lors de son Baptême, pour ne plus rester dans l’ignorance et nous priver des fruits les plus riches et donateurs de vie du Baptême.

Pour cela, l’Eglise met devant nous, pendant les dimanches qui précèdent le carême et pendant celui-ci (sans oublier que chaque semaine du carême développe et éclaircit ce que le dimanche nous montre), des images et figures de l’éloignement de Dieu et des bénéfices spirituels de la recherche de Dieu dans notre vie, justement pour nous donner la possibilité de nous évaluer, et de nous refléter et nous retrouver dans l’un ou l’autre de ces exemples, pour rafraîchir notre mémoire et notre entendement, afin de ne pas persévérer dans des mauvaises directions, étant donné que l’atmosphère spirituelle du monde dans lequel nous vivons nous prédispose à sacrifier tout notre temps et toute notre énergie et notre vie sur le sanctuaire « de l’éphémère » et du « palpable », ne laissant plus de place pour l’éternel et l’immatériel...

C’est pourquoi, le Carême de Pâques est pour nous une occasion de reconsidérer aussi la façon dont nous nourrissons notre âme. Afin de pouvoir tenir tête aux « épidémies» spirituelles qui hantent le monde dans lequel nous vivons, nous avons un besoin absolu et continuel, pour l’âme, aussi bien que pour le corps, de « la nourriture solide », propre aux enfants de Dieu: La Parole de Dieu – car l’homme ne se nourrira pas seulement de pain (Matthieu 4, 4) – et le Saint Corps et le précieux Sang de notre Seigneur Jésus Christ – véritable nourriture et véritable boisson (Jean 6, 55).

Que la période de ce Carême que nous venons de commencer soit pour tous une occasion de joie et de bénéfices spirituels!

† Evêque SILOUANE,
de l’Evêché Orthodoxe Roumain d’Italie

Rachetez le temps, car les jours sont malins. (Ephésiens 5, 16)

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