publicat in Homélies et sermons pe 7 Mai 2021, 05:27
« Ces plantes sont mortes en hiver et vertes au printemps et, quand ce sera la saison, comme si elles sortaient de la mort, elles revivront. C’est parce qu’il connaissait ton incrédulité que Dieu a fait revivre chaque année ces plantes qu’on peut voir : ainsi, en observant ce qui se passe en des êtres inanimés, tu croiras que cela se passe aussi pour ceux qui sont doués de vie et de raison. »1
La semaine pascale, qui récapitule la première semaine, car Dieu « prend pour la rénovation la totalité des temps qu’il avait pris pour la création »2, recrée le symbolisme de la semaine. Le dimanche surtout fut choisi pour la résurrection parce qu’il est le premier jour du monde, le jour où fut créée la lumière sensible, symbole de cette lumière divine que maintenant la Résurrection donne au monde : « Selon l’ordre originel, (Dieu) fait apparaître au premier jour après le sabbat la lumière de la résurrection, et cela en vertu de l’enchaînement des temps ; car [...] c’est le premier jour du temps total qu’il a préposé autrefois comme début de la lumière sensible, et maintenant, en conséquence, comme début de la lumière spirituelle de la résurrection »3.
Tout le mystère du temps et de l’éternité se résume ainsi, comme l’a montré saint Basile4, dans la signification du dimanche. Celui-ci est à la fois le premier et le huitième jour, l’origine et la fin, l’instant où l’éternité suscite le temps, et l’instant où elle l’accueille. Si le déroulement de la semaine symbolise le devenir total de l’univers, le dimanche révèle le dessein conçu par Dieu en vue de la création du monde : « rassembler tout dans le Christ »5. Le dimanche est le paradis retrouvé et l’eschatologie inaugurée, l’instant auroral dans sa merveilleuse soudaineté, et la lumière sans déclin du huitième jour où Dieu est enfin tout en tous. Le dimanche contracte le mystère de notre salut, il est le temps créé par le Christ, ressaisi par lui, se déroulant en Lui, en Lui « l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le Vivant »6.
Olivier Clément,
Transfigurer le temps - Notes sur le temps à la lumière de la tradition orthodoxe, Delachaux et Niestlé, 1959