La pandémie actuelle, appel au repentir

publicat in Parole du métropolite Séraphin pe 1 Mai 2020, 22:25

Les souffrances, les maladies, les échecs dans la vie, les épidémies, les catastrophes naturelles, toutes les épreuves qui s’abattent sur les hommes doivent être comprises comme des conséquences de nos péchés et non pas comme des châtiments de Dieu, Qui, étant amour, ne châtie personne. Le péché représente la transgression, volontaire ou involontaire, des lois qui gouvernent la vie de l’homme et de l’univers. Le non-respect de ces lois immuables attire à lui tout seul des conséquences, parce que «la nature ne pardonne jamais». Une parole sage dit : « Dieu pardonne toujours, l’homme pardonne quelquefois, la nature ne pardonne jamais ».

Dieu permet que se retournent contre nous les conséquences de nos propres péchés, mais aussi de ceux de nos semblables – car puisque l’humanité est une, l’état de chaque homme influence tous les autres –, afin de nous appeler par cela au repentir, c’est-à-dire au changement de notre manière de penser et de vivre. Rares sont les personnes qui ont une manière saine de penser, que nous ne pouvons acquérir que par la foi. La foi est le phare de la vie, son guide dans tous les moments et dans toutes les circonstances. Sans elle nous sommes complètement aveugles, nous ne comprenons rien aux mystères de la vie. Mais même les croyants sont soumis à la tentation d’instrumentaliser la foi, à savoir de s’en servir pour leur propre intérêt. Nous prions à la maison et à l’église, mais pas beaucoup en tout cas, nous faisons le carême, nous confessons nos péchés, la plupart du temps de manière superficielle, nous communions de temps en temps, nous faisons parfois une bonne action, mais nous attendons toujours la récompense de Dieu. Nous attendons que Dieu nous donne la santé, la réussite dans la vie, nous voulons disposer de tout, nous réjouir le plus possible des choses de ce monde et vivre le plus longtemps sur terre. 

Sans la lumière de la foi, les hommes s’habituent au péché et ainsi ils deviennent les esclaves des passions diverses, qui les tourmentent, eux et ceux qui les entourent. Pensons à la passion de l’alcoolisme, du tabac, de la débauche qui détruit tant de familles, aux millions d’avortements qui ont lieu chaque année dans le monde. Pensons à l’exode des populations vers les pays riches et les souffrances qu’il provoque, au monde qui est en perpétuel mouvement, et qui n’a plus le temps de s’intérioriser, même s’il le voulait. Pensons à la destruction morale, et, dans le temps, corporelle aussi, que provoquent les nouvelles lois concernant la famille et l’éducation des enfants, tout cela au nom de la liberté ! 

La grande majorité des chrétiens d’aujourd’hui ne s’engagent en rien dans la foi. Tout en se considérant croyants, ils vivent comme ceux qui ne croient pas, à savoir seulement pour ce monde. « Leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu‘aux choses de la terre. » (Philippiens 3, 19). 

Mais même dans cette nouvelle épreuve qui est venue sur le monde, les hommes ne se réveillent pas, et ne reviennent pas à Dieu par le repentir. Sans parler de nos gouvernants, qui méprisent complètement la foi et continuent, comme en Roumanie, à promulguer des lois qui détruisent la vie des enfants. 

Prenons garde au repentir des ninivites qui ont quitté leur voie mauvaise, et sur commandement du roi ils n’ont rien mangé et rien bu, hommes et animaux, et se sont humiliés en se recouvrant de sac et ainsi ont échappé à la perdition (Jonas chap. 3). Mais qui de nos jours est encore capable d’un tel repentir !

† Le Métropolite Séraphin