publicat in Parole d'ancien pe 10 Janvier 2020, 05:03
Lorsque le lecteur tiendra ce numéro d’Apostolia entre ses mains, l’année aura entamé son 2è mois ou presque.
La fête de Saint Jean-Baptiste et celle de la Sainte Rencontre auront déjà orienté notre regard vers la Sainte Quarantaine où le Christ nous a précédés dans Ses tentations au désert, tout de suite après Son baptême.
Les temps sont difficiles, ce n’est un secret pour personne. Mais pour le fidèle orthodoxe plus encore au sein d’une Église déchirée. Beaucoup sont perturbés, déstabilisés voire ‘scandalisés’ car c’est notre Mère qui est frappée…
Dans la perspective du voyage vers Pâques – notre résurrection – il semble qu’un remède toujours infaillible soit celui du repentir. Notre état de chute personnel devrait seul nous préoccuper, voire nous ‘scandaliser’, puisque tout commence dans notre propre cœur. Tous les ascètes le répètent. Mais reconnaître notre nudité est une douleur difficile à supporter. Il convient cependant, de la découvrir – nous qui la revêtons de toutes les fausses opinions que nous avons de nous-mêmes – et de l’accepter en toute vérité. Priorité indispensable : la garder sans cesse devant nos yeux, et à partir de là seulement, le repentir, cette marche ou retour vers Dieu et son Royaume, peut commencer.
Mais, mais… il y a les catastrophes et autres injustices qui frappent peu à peu toute la planète et de plus en plus proches de nous. Elles détournent, à juste titre, notre regard de notre propre état ‘de catastrophe’ ! Beaucoup se révoltent et accusent… la Providence qui a l’air d’être absente ou de laisser faire. N’oublions pas que les derniers temps le pouvoir sera donné à la Bête. Les textes ci-dessous peuvent donner un éclairage, une réponse, en tout cas au Chrétien – s’il prend la peine d’écouter la voix du grand Prophète Isaïe (huit siècles avant J.C !) et celles de l’Apôtre des nations et de Saints Ascètes contemporains1 .
Anne Monney
Prophéties d’Isaïe
(LXIII 15-19 ; LXIV 1-5, 8-9)
« Regarde du ciel, et vois, de ta demeure sainte et glorieuse : où sont ton zèle et ta puissance ? Le frémissement de tes entrailles et tes compassions ne se font plus sentir envers moi. Tu es cependant notre Père car Abraham ne nous connaît pas, et Israël ignore qui nous sommes ; c’est toi, Éternel, qui est notre Père, qui, dès l’éternité, t’appelles notre Sauveur. Pourquoi ô Éternel, nous fais-tu errer loin de tes voies, et endurcis-tu notre cœur, contre ta crainte ? Reviens, pour l’amour de tes serviteurs, des tribus de ton héritage ! Ton peuple saint n’a possédé le pays que peu de temps ; nos ennemis ont foulé ton sanctuaire. Nous sommes depuis longtemps comme un peuple que tu ne gouvernes pas et qui n’est point appelé de ton nom…
Oh ! Si tu déchirais les cieux et si tu descendais, les montagnes s’ébranleraient devant toi, comme s’allument un feu de bois sec, comme s’évapore l’eau qui bouillonne ; tes ennemis connaîtraient ton nom, et les nations trembleraient devant toi. Lorsque tu fis des prodiges que nous n’attendions pas, tu descendis, et les montagnes s’ébranlèrent devant toi. Jamais on n’a appris ni entendu dire, et jamais l’œil n’a vu qu’un autre dieu que toi fît de telles choses pour ceux qui se confient en lui. Tu vas au-devant de celui qui pratique avec joie la justice, de ceux qui marchent dans tes voies et se souviennent de toi. Mais tu as été irrité, parce que nous avons péché ; et nous en souffrons longtemps jusqu’à ce que nous soyons sauvés…/…
Cependant, ô Éternel, tu es notre Père ; nous sommes l’argile, et c’est toi qui nous as formés, nous sommes tous l’ouvrage de tes mains. Ne t’irrite pas à l’extrême, ô Éternel, ne te souviens pas toujours du crime ; regarde donc, nous sommes tous ton peuple. »
Saint Apôtre Paul
(Hébreux XII 6-17 ; 25-27)
Pour les tremblements de terre…
Car le Seigneur châtie celui qu’il aime et il frappe de la verge tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils. Supportez le châtiment : c’est comme des fils que Dieu vous traite ; car quel est le fils qu’un père ne châtie pas ? Mais si vous êtes exempts du châtiment auxquels tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes et non des fils. D’ailleurs, puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés, et que nous les avons respectés, ne devons-nous pas à bien plus forte raison nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie ? Nos pères nous châtiaient pour peu de jours, comme ils le trouvaient bon ; mais Dieu nous châtie pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté. Il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice. Fortifiez dons vos mains languissantes et vos genoux affaiblis ; et suivez avec vos pieds des voies droites, afin que ce qui est boiteux ne dévie pas mais plutôt se raffermisse. Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés ; à ce qu’il n’y ait ni impudique, ni profane comme Esaü, qui pour un plat vendit son droit d’aînesse. Vous savez que plus tard, voulant obtenir la bénédiction, il fut rejeté, quoiqu’il la sollicitât avec larmes ; car son repentir ne put avoir aucun effet …/….
Gardez-vous de refuser d’entendre celui qui parle ; car si ceux-là n’ont pas échappé qui refusèrent d’entendre celui qui publiait des oracles sur la terre, combien moins échapperons-nous, si nous nous détournons de celui qui parle du haut des cieux, lui, dont la voix alors ébranla la terre, et qui maintenant a fait cette promesse : une fois encore j’ébranlerai non seulement la terre, mais aussi le ciel. Ces mots : une fois encore indique le changement des choses ébranlées, comme étant faites pour un temps, afin que les choses inébranlables subsistent. »
Philothée Zervakos, célèbre Ancien et thaumaturge grec (+ 1980)
(Fils spirituel de Saint Nectaire d’Égine)
L’universelle apostasie
« Repentons-nous avant que la porte de la miséricorde ne soit fermée »
« La plupart des gens ont des yeux et ne voient pas, ont des oreilles et n’entendent pas.
Aujourd’hui, la Parole prophétique de la Sainte Apocalypse est en train de s’accomplir. « Que le pécheur pèche encore et que celui qui est souillé se souille encore ; que l’homme de bien vive encore dans le bien, et que le saint se sanctifie encore » (Apocalypse Xxii, 11).
Les temps sont difficiles et les jours sont mauvais. Que celui qui est occupé à se sauver se sauve lui-même, et il sera appelé grand. S’il en sauve aussi d’autres, il sera appelé très grand. Nous sommes arrivés à des jours difficiles et mauvais. La colère du Seigneur est arrivée. Tous se sont égarés, les gouvernants, et les hiérarques, les ministres, les généraux, les prêtres et les moines, les officiers et les soldats, instruits ou non, riches et pauvres, les adultes et les enfants, hommes et femmes. N’attendons ni progrès ni amélioration d’une telle génération et de telles gens, mais plutôt l’épée et la grande colère qui s’approchent des enfants de la désobéissance (Eph. V, 6 ; Col. III, 6).
De même, il y a trop peu d’exceptions et trop peu d’élus pour l’amour desquels le Seigneur pourrait épargner tant de pécheurs : les élus sont si peu nombreux que je crains qu’ils n’arrivent pas à apaiser la juste colère et l’indignation de Dieu envers les pécheurs. Et alors, une grande colère viendra du Seigneur Tout-Puissant et une tribulation comme il n’y en a jamais eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant.
Ô pécheurs, où fuirons-nous ? Cherchons refuge en Dieu seul et soyons prêts, car la fin du temps présent est à la porte.
* * *
Je vois et j’entends et comprends que l’humanité est en train de courir très vite le long de la voie large qui conduit à la perdition. Notre Père qui est aux cieux, aimant et rempli de sollicitude, a utilisé beaucoup de moyens : guerres, famines, fléaux, tremblements de terre, inondations, malheurs, dangers, désastres, difficultés et autres pour refréner le mal, mais les gens sont insensés et deviennent plus durs que Pharaon qui, à chaque coup se repentait, cependant sans sincérité ni vérité, mais sur le moment, jusqu’à ce que le malheur fût passé.
Mais les gens à présent, génération méchante et perverse, deviennent pires à chaque fléau, pires dans leurs habitudes, plus impies, plus impudiques, plus odieux et plus méchants.
Il ne reste qu’un seul espoir de salut : le repentir – pour réprimer le mal et la très grande colère de Dieu. Cependant, on ne trouve nulle part de signes et de traces de repentance, par conséquent, la grande colère qui réduira à très peu ceux qui habitent la terre, réprimera le mal chez les gens pour un temps. Et quand à nouveau le mal recommencera à croître et à s’étendre, alors la fin du temps présent arrivera : quant à la précision du jour, aucun homme ne le connaît.
Que Dieu qui est infini dans Ses miséricordes et Sa compassion, nous sauve et toute la race humaine par des jugements et des moyens à Lui seul connus ! Soyons prêts avant que la porte de la miséricorde ne se ferme… »
(Traduit de l’Anglais, A. Monney)
Métropolite Philarète de New-York (+ 1985)
(Disciple de Saint Jean de Kronstadt)
Invention de son corps incorrompu (1998)
« Tiens ferme ce que tu as »
Ces paroles du livre de l’Apocalypse (chapitre III, 11) ont un sens particulier à notre époque, de nos jours où la détresse et la méchanceté sont grandes, et ils sont remplis de tentations. Elles nous rappellent le trésor sans prix que nous possédons, comme enfants de l’Église orthodoxe. Oui, nous sommes riches. Cette richesse spirituelle est celle que possède la sainte Église. C’est la richesse qui appartient à tous ses fidèles enfants… L’enseignement de la Foi ! Notre Foi orthodoxe magnifique, salvifique ! Les exemples sans nombre de la vie de gens qui ont vécu selon une Foi vivante, selon les principes et les lois élevés que l’Église a mis devant nous. Eux qui ont atteint cette pureté spirituelle et cet état exalté que l’on appelle sainteté, la beauté et la magnificence de nos divins offices orthodoxes, et leur participation vivante à ces derniers par la foi et la prière. La grâce, plénitude de la vie spirituelle qui est accessible à chacun et à tous. Et, pour couronner le tout, l’unité des enfants de l’Église en cet amour dont le Seigneur dit : « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes Mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn. XIII, 35)
Notes :
1. Tout à fait en rapport avec le texte-poème (cf. Apostolia décembre 2019) « Sais-tu mon enfant » de Saint Nicolas de Jitcha, traduit du Serbe par Zorica Terzič.