publicat in Parole de l'évêque Timotei pe 1 Septembre 2019, 11:26
Le premier jour de septembre nous fêtons l’Indiction, premier jour de l’année ecclésiale, lorsque selon la Sainte Tradition, Dieu a commencé la création du monde. En ce même jour, notre Sauveur Jésus-Christ est entré dans la Synagogue de son village natal de Nazareth, et recevant le livre du prophète Isaïe et l’ouvrant, il y a lu ces paroles : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. » (Luc 4, 16-19; Isaïe 61, 1-2).
Le 1er septembre nous fêtons donc le jour où notre Seigneur Jésus-Christ a commencé à se révéler en tant que Sauveur et Rédempteur, en répandant la miséricorde, la charité et sa grâce sur toute la création, et en sanctifiant le temps.
Saint Théophane le Reclus, en commentant les paroles du prophète Isaïe que nous venons de lire, dit : « Le Seigneur non seulement annonce l’an agréable, mais le fait venir. Mais où se trouve-t-il ? Dans les âmes des fidèles. La terre ne sera jamais transformée en paradis tant que durera l’état actuel des choses, mais elle est et sera le stade de préparation pour la vie paradisiaque. Son commencement se fait dans l’âme ; le pouvoir de faire ce commencement se trouve dans la grâce de Dieu, et la grâce a été apportée par notre Seigneur Jésus-Christ – par conséquent, il a apporté aux âmes l’an agréable (au Seigneur). Celui qui obéit au Seigneur et accomplit tous ses commandements reçoit la grâce, et par son pouvoir goûte à la douceur de l’an agréable (au Seigneur). »
Notre temps à tous est sanctifié par la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ qu’Il répand sur nous, qu’Il nous donne en nous faisant vivre le paradis. Il n’existe pas de paradis sans la grâce de Dieu, et la grâce vient à l’homme qui acquiert l’humilité. Le septième mois du calendrier judaïque, appelé Tașra, équivalent du mois de septembre, comme nous l’apprenons dans le livre du Lévitique, le peuple de Dieu se purifiait de ses péchés commis durant toute l’année, en humiliant leurs âmes par le jeûne et en apportant des holocaustes. C’était le mois où le hiérarque entrait tout seul dans le Saint des Saints, afin d’apporter un sacrifice sanglant pour lui-même et pour le peuple. « Ce sera pour vous un sabbat, un jour de repos, et vous humilierez vos âmes. » (Lévitique 16, 31)
Au commencement de l’année ecclésiale, l’Église met devant nous l’humilité comme l’une des conditions les plus importantes pour nous libérer des péchés, des manquements et de tout ce que nous avons fait par notre ignorance. Le Sauveur Jésus-Christ, lorsqu’Il a lu les paroles du prophète Isaïe, a fait preuve d’une profonde humilité. Il ne dit pas de Lui-même qu’Il serait oint, mais Il dit que c’est le Seigneur qui L’a oint et L’a envoyé. Il fait toujours référence à Dieu le Père, même si Lui aussi est vrai Dieu. Il ne se glorifie pas de ce qui Lui appartient, mais Il révèle le Père. Nous pouvons voir ceci parfaitement exprimé dans l’icône de la Sainte Trinité d’André Roublev. Les trois anges qui représentent les trois personnes de la Sainte Trinité se tiennent penchés l’un vers l’autre, en montrant qu’il n’y en a pas un qui soit plus grand que les deux autres, et que chacun obéit et se fait obéir, en s’humiliant les uns devant les autres. L’œuvre de restauration de l’homme est celle de toute la Sainte Trinité, et les personnes de la Sainte Trinité se révèlent, se montrent l’une l’autre.
Abba Xantios dans les Apophtegmes des Pères du Désert Égyptien nous donne deux exemples : le brigand crucifié à droite du Sauveur, et Judas, qu’il met en opposition : « Le brigand était sur la croix et il s’est justifié par une parole. Et Judas était compté au nombre des Apôtres et en une seule nuit il a perdu tout son effort et est descendu des cieux en enfer. C’est pourquoi personne ne doit se glorifier lorsqu’il fait le bien. Car tous ceux qui ont mis leur foi en eux-mêmes sont tombés. »
Alors, pour vivre le paradis, nous devons commencer notre combat avec beaucoup d’humilité, pas seulement un jour ou un mois dans l’année, mais chaque jour de notre vie. C’est déjà la clé qui ouvre la porte de la miséricorde, l’espoir de notre salut étant toujours dans la miséricorde de la Sainte Trinité. Nous ne devons en aucun cas nous égarer en adorant des dieux étrangers, en cherchant le salut auprès des hommes, ou pire encore, en cherchant notre salut en nous-mêmes.
† L’Évêque Timothée de l’Espagne et du Portugal