publicat in Varia pe 11 Juin 2019, 20:42
Cet évènement a secoué le monde entier, il n’est pas exagéré de le constater
Certes, en assistant impuissant à ces flammes qui ravageaient ce sanctuaire vieux de plus de 800 ans, aucun des spectateurs ne pouvait rester indifférent. Et la première pensée était pour les quatre cents pompiers qui luttaient de manière héroïque, au risque de leur vie, pour sauver tout ce qu’il pouvait de la noble « Vieille Dame » comme certains l’ont nommée.
Cependant cet incendie – inimaginable – devrait aboutir à certaines conclusions. Surtout auprès des Chrétiens, car il est arrivé le premier jour de la semaine dite « sainte » pour l’Occident, celle de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ… il y a là une occurrence et des signes – nous le verrons plus loin – qui vont bien au-delà des apparences, et qui ont une signification spirituelle : un rappel et un avertissement.
Pour qui sait et veut bien les voir et reconnaître
Il était réconfortant d’entendre, d’abord timide, puis reprise par un groupe massé aux alentours et de plus en plus large, la salutation spontanée et répétée à la Vierge Marie – et paraît-il toute la nuit. La prière à la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, celle même pour laquelle des bâtisseurs se succédant au cours des siècles, ont construit ce remarquable édifice, en y donnant toute leur vie, et dont la plupart d’entre eux n’a jamais pu apprécier le résultat final. Un exemple : il a fallu huit cents chênes trempés puis asséchés pendant vingt-cinq ans pour constituer cette charpente qui faisait penser à l’intérieur de la coque d’un navire, image du vaisseau de l’Église, et qui a totalement flambé entraînant avec elle la flèche d’une centaine de mètres de haut. Cette flèche incandescente qui se casse puis s’écroule reste l’image qui a le plus frappé de stupeur. N’était-elle pas le symbole de la prière qui monte et crie vers Dieu ? Mais l’homme du XXIè siècle crie-t-il encore vers Dieu, sa prière monte-t-elle encore pure et directe comme cette flèche vers le Dieu Trinitaire ? Par l’intercession de la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie…
Spectacle encore plus signifiant à l’intérieur du sanctuaire, dans la nef où la flèche n’y était plus qu’un amoncellement de gravât, cependant que les braises tombaient comme pluie incandescente sans toucher ni l’autel recouvert de tissu ni la sculpture de la Pietà au pied de la Croix.
Ici, nous devons nous arrêter pour faire silence, face au message le plus essentiel. Tout au fond de la pénombre, surplombant le désastre, cette Croix dorée, qui brillait, intacte et immuable, comme suspendue au-dessus des décombres, – dans l’éternité – et son rayonnement qui attirait le regard dès l’entrée dans la cathédrale. Saisissement bouleversant. Elle semblait dire : « RIEN ne peut m’atteindre car désormais j’ai tout vaincu, les flammes ne me peuvent rien. Ne vous fixez pas sur le désastre mais regardez à moi revêtue de la Lumière de la Résurrection ». Oui, la Croix est venue à bout des flammes de l’enfer. Réponse à toutes les douleurs du monde. C’est le message de ce lundi saint à Notre Dame de Paris. Il y a même eu des voix parmi les médias pour reconnaître un « miracle ».
Il y a une image plus forte encore et qui souligne le message de cette Croix car il ne s’agit plus simplement de la Croix de ce sanctuaire mais de celui de la Passion en cette semaine qui l’inaugure : la vue aérienne du sanctuaire incandescent – comme la fournaise du monde vue du Ciel – en forme de croix, et dont le rouge flamboyant signait ce « chœur-cœur » de Notre Dame en feu… transpercé par un glaive – « Une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées ». Impossible de ne pas songer à cette prophétie du Juste Vieillard Siméon à la Mère de Dieu.
Hélas, une fois de plus l’opinion publique a plongé dans la confusion propre à l’époque. Certes, avec des élans très sincères, mais sans être consciente qu’elle idolâtrait un monument au lieu de songer à Celle pour laquelle il avait été construit et consacré pendant des siècles, avec la persévérance, le courage, la ferveur exemplaires et les talents de tous les corps de métier impliqués. Ils savaient pour QUI ils offraient leur travail. Mais dans cet incendie impensable on a confondu le monument avec la Toute Sainte, Protectrice de la cité. Personnifier une chose, un animal, est l’erreur pour ne pas dire plus, que l’homme du XXIè siècle commet sans cesse, tant le fait de l’hypostase est inscrit en lui ! S’il pouvait devenir conscient de cette déviance et se tourner vers l’Hypostase du Christ-Sauveur…
Évidemment les médias se sont saisis avec voracité de l’évènement. On pouvait s’attendre aussi à ce que la plupart des « officiels » le récupère. Les gilets jaunes restaient en filigrane. Et ce fut ainsi la cause d’un surcroît d’opposition au régime : en effet, en moins de vingt-quatre heures des millions étaient déjà là pour la reconstruction de ce monument si cher non seulement à la France mais, on peut le dire, au monde entier. Bien. Mais dans quel esprit ? – …il s’agit de pierres. Et pour les « pierres vivantes », les êtres humains sans-abris, pour les plus démunis, les crucifiés de notre époque, pourquoi n’y a-t-il pas ce zèle ‘à les reconstruire’ ?
La réponse est la même depuis plus de deux mille ans : « Le Christ est crucifié jusqu’à la fin du monde ». C’est là qu’il y aura jugement des uns ou salut des autres par la foi…
« Ô Vierge, nous sommes assurés de ta protection et par tes prières délivrés de tout danger ; gardés en tout temps par la Croix de ton Fils, nous tes fidèles, nous te magnifions ».
Très Sainte Souveraine de Paris sauve-nous !
Anne Monney