publicat in Hymnographie et philocalie pe 14 Mars 2019, 14:54
Ayant préféré aux privations la vie avare et cupide, je gémis maintenant, ô Sauveur, sous le poids qui m’écrase.
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi !
J’ai paré la figure de ma chair du vêtement bigarré des passions infâmes et je suis condamné.
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi !
Je n’ai songé qu’à la seule beauté extérieure, négligeant la demeure intérieure qui est l’image de Dieu.
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi !
J’ai porté en moi sous l’ardeur des plaisirs la laideur des passions, et j’ai profané la beauté de mon âme.
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi !
J’ai enseveli dans l’abîme des passions, ô Sauveur, la beauté de mon ancienne image, mais recherche et retrouve la drachme perdue.
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi !
J’ai péché comme la courtisane, j’ai péché contre Toi seul, agrée mes larmes, ô Sauveur, comme Tu agréas la myrrhe.
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi !
Dans la perdition je suis tombé, à l’instar de David, et suis couvert de boue ; mais lave-moi aussi, ô Sauveur, dans les larmes.
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi !
Pardonne, comme le Publicain je T’appelle, ô Sauveur, pardonne-moi, car nul parmi les enfants d’Adam n’a comme moi péché contre Toi.
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi !
Je n’ai ni larmes, ni repentir, ni componction, mais Toi-même, mon Sauveur et mon Dieu, donne-les moi, à moi qui suis Ta créature.
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi !
Ne me ferme pas Ta porte, Seigneur, Seigneur, mais daigne me l’ouvrir, à moi qui me repens.
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi !
Ô Dieu aimant l’homme, Toi qui veux que tous soient sauvés, rappelle-moi dans Ta bonté, et reçois-moi qui me repens.
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi !
Entends les implorations de mon âme ; reçois les larmes de mes yeux, ô Sauveur, et sauve-moi.
Saint André de Crète, « Grand Canon », Ode 2.