publicat in Parole du métropolite Séraphin pe 2 Mars 2018, 21:09
Je ne trouve pas de parole plus appropriée pour synthétiser la personnalité spirituelle de Son Éminence le Métropolite Joseph, que celle de bon et doux pasteur qui dans le sillage du grand Pasteur ne domine pas son troupeau, mais s’identifie à lui et donne son âme pour chaque brebis. Le Métropolite Joseph est un hiérarque atypique, dans le sens qu’il n’aime pas faire usage des prérogatives liées à son rang, qu’il comprend exclusivement comme un service. C’est pourquoi il agit de la manière la plus simple, conduit lui-même sa voiture, célèbre souvent sans diacre, confesse même quand il n’en a pas le temps, est toujours au milieu des gens, en écoutant chacun, si besoin pendant de longues heures. Sa parole douce va droit au cœur. Je pense que la douceur est le trait caractéristique de sa personnalité. Être toujours calme et doux dans ce monde – un monde si stressé et stressant comme le nôtre, est un véritable miracle. Qui ne souhaite pas avoir à ses côtés un homme calme et doux ? Je pense que c’est cela qui explique « l’attraction » que le Métropolite Joseph exerce sur les gens, et surtout sur les jeunes.
Personne ne se doutait, il y a 20 ans, que le jeune de 32 ans qui montait sur le trône d’archipasteur de l’Éparchie Orthodoxe Roumaine de l’Europe Occidentale, cachait autant de dons qu’il allait faire fructifier d’une manière étonnante. Esprit missionnaire par excellence, n’ayant pas de «cité stable» (église et résidence épiscopale), le nouvel archevêque a commencé le lendemain de son ordination ses voyages pastoraux dans les neuf pays qui tenaient de sa juridiction, dans des conditions semblables à celles des apôtres : « sans bâton et sans besace » et sans accompagnateurs. Je suis convaincu que c’est la raison pour laquelle Dieu a béni pleinement ses efforts, en ouvrant beaucoup de cœurs pour lui venir en aide, de façon à obtenir bientôt une résidence épiscopale, en faisant croître le nombre des paroisses d’un mois à l’autre. Certes, toute action, pour durer, nécessite le sacrifice. Or, le Métropolite Joseph s’est sacrifié et se sacrifie comme très peu le font. Chaque nouvelle paroisse, dans les conditions de la Diaspora, représente une naissance, associée avec les « douleurs de l’enfantement », qui se prolongent jusqu’à sa consolidation avec une église propre et jusqu’à ce que le Christ forme son visage dans chacun de ses fidèles. Certes, au sacrifice de l’évêque s’ajoute le sacrifice du prêtre, qui doit être choisi avec soin et formé dans l’esprit d’une Orthodoxie éminemment missionnaire. Dans ce sens, le « Centre orthodoxe d’études et de recherche Dumitru Stăniloae », initié par le métropolite, fait un travail spirituel de grande envergure en utilisant les moyens les plus modernes de communication. De même, l’Association de jeunesse « Nepsis » tout comme les Éditions Apostolia engagent beaucoup de jeunes de domaines professionnels les plus divers dans la mission de l’Église.
Bien que pour beaucoup la Diaspora orthodoxe semble nouvelle, elle a pourtant une tradition de plus de 200 ans. Les orthodoxes, d’origines diverses, ont dû pour survivre, s’ouvrir à la culture du lieu et donner le témoignage d’une Orthodoxie traditionnelle mais non pas pétrifiée, mais vivante et attrayante par l’exigence de son vécu liturgique et ascétique, contraire à l’esprit de ce monde. Justement, en opposition avec l’esprit du siècle, permissif et niveleur, beaucoup de gens, aujourd’hui, et surtout les jeunes, cherchent des communautés vivantes dans lesquelles ils puissent approfondir leur foi aussi bien par une meilleure connaissance, que par l’engagement dans la vie liturgique. C’est ainsi que partout, mais surtout en Amérique et en France, beaucoup d’autochtones ont découvert l’Orthodoxie et sont entrés dans sa communion. À notre archevêché de Paris appartient le plus grand nombre de communautés orthodoxes francophones du territoire français. Lorsque, il y a 20 ans, l’assemblée éparchiale a élu le jeune hiéromoine Joseph Pop comme archevêque, les prêtres français m’ont avoué : « nous n’avons pas élu une personne, mais un esprit ». Ceux-ci n’ont pas voté pour une personne, mais pour l’esprit que la personne incarnait. Et cet esprit, c’est l’esprit orthodoxe incarné en Occident par le Père Sophrony d’Essex, et respectivement par le Père Rafail Noica. Le Père Sophrony, grand spirituel et homme d’une vaste culture, a donné à l’Occident l’image d’une Orthodoxie vivante et humble, libérée du triomphalisme et de sa mémoire négative, accumulés pendant des siècles, étant donné le contexte conflictuel dans lequel elle a vécu, elle s’est définie toujours en opposition avec les autres confessions chrétiennes. L’Orthodoxie ne se définit pas négativement par comparaison avec les autres confessions, mais d’une manière positive par son propre trésor de foi et de spiritualité. Le Père Sophrony, avec la liberté de l’Esprit qui le caractérisait, a renouvelé l’Orthodoxie de l’intérieur, sur la base de la Tradition, en la délivrant de pratiques et mentalités accumulées le long des siècles et qui la suffoquaient. Et comme l’Eucharistie nous constitue en Église du Christ, il a accordé une importance particulière à la manière de célébrer la Sainte Liturgie pour que les fidèles puissent intérioriser sa prière et son chant et communient régulièrement aux Saints Mystères. Cet esprit novateur, humble et doux de l’Orthodoxie, Son Éminence Joseph essaie de le transmettre partout.
Mais l’humilité et la douceur du métropolite ne l’empêchent pas d’être en même temps quelqu’un de très dynamique et ferme. Je pourrais dire qu’autant il est humble et doux, autant il est dynamique et ferme. Ce sont des traits qui semblent s’exclure mutuellement, s’ils n’étaient pas retenus ensemble par l’œuvre de la grâce. Son dynamisme a pour source une conscience très aiguë du devoir. Le « souci pour toutes les Églises » (II Cor. 11, 28), à savoir pour toutes les communautés, constituées ou non, de Roumains ou de Français, préoccupe le métropolite qui ne connaît pas le repos. Dieu a béni le Métropolite Joseph avec deux hiérarques suffragants : Son Excellence Silouane de l’Italie et Son Excellence Timothée d’Espagne, qui pensent et travaillent dans le même esprit. C’est ce qui explique le fait que la Métropole d’Europe Occidentale et Méridionale est la plus dynamique de toutes les éparchies orthodoxes, quelle que soit leur origine ethnique, en Occident.
Je prie le Sauveur Jésus-Christ, le Grand Hiérarque, de donner à son Église des prêtres et des hiérarques semblables au Métropolite Joseph, et qu’Il le garde pour de nombreuses années !
† Le Métropolite Séraphim