Prière et jeûne

publicat in Parole du métropolite Séraphin pe 1 Janvier 2018, 16:47

Dans l’Évangile selon Saint Matthieu, le Sauveur Jésus‑Christ dit à ses disciples que « cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne. » (Mt. 17, 21). La prière et le jeûne ensemble sont l’arme la plus puissante que nous ayons dans le combat contre les tentations qui viennent du monde, du corps et du diable. Le monde nous tente par tout ce que nous voyons de mal autour de nous. Malheureusement, l’homme est incliné à imiter plutôt le mal que le bien. C’est pourquoi, le Saint Apôtre Jean nous exhorte en disant: « N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde… car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde. » (I Jean 2, 15‑16).

Le corps nous tente par ses mauvaises envies qui nous poussent au péché, de façon à devenir facilement esclaves du ventre et des plaisirs. Et le diable « rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. » (I Pierre 5, 8). Et parce que nous nous laissons facilement tenter, nous tombons dans différents péchés qui prennent possession de notre âme et de notre corps. C’est ainsi que nous perdons la tranquillité de l’âme et la santé du corps, et les afflictions et les épreuves de la vie se multiplient. Beaucoup ne savent pas comment y faire face. Voici que l’Église met à notre disposition les armes de la prière et du jeûne. Par la prière et par le jeûne nous triomphons de toutes les embûches de l’ennemi, nous triomphons du mal qui se trouve à l’extérieur et à l’intérieur de nous‑mêmes, nous transformons notre vie et nous devenons confiants en Dieu et en nous‑mêmes. La prière et le jeûne font toujours des miracles si nous les pratiquons avec persévérance, selon les préceptes de l’Église et avec un cœur humble. Le jeûne traditionnel consiste à s’abstenir, dans la mesure du possible, de la viande et des laitages et à se limiter aux produits végétariens. Les plus ardents s’abstiennent aussi de l’huile, surtout le mercredi et le vendredi. Pendant le Grand Carême, dans certaines paroisses on célèbre pendant la semaine la Liturgie des Présanctifiés, le soir, avec les vêpres, et les fidèles communient sans avoir rien mangé avant la communion. Le carême et le jeûne complet s’avèrent être une grande bénédiction pour la santé du corps et de l’âme.

Dieu n’attend rien de nous, sinon que nous nous aimions les uns les autres, et que nous L’aimions Lui, notre Père céleste, de qui nous vient « toute grâce excellente et tout don parfait » (Jacques 1, 17). Mais ce sont justement la prière et le jeûne qui nous aident à nous aimer les uns les autres et à aimer Dieu, parce que la prière et le jeûne apaisent nos penchants passionnels, adoucissent notre cœur et l’élargissent de façon à y faire entrer tous les hommes, bons ou mauvais. Un jeune théologien a demandé à sa grand‑mère – une femme simple, mais très pieuse et priante – ce quelle ressentait lorsquelle priait, et elle a répondu quen priant, elle sentait son cœur sélargir et se remplir damour pour les hommes. Oui ! En priant beaucoup et avec humilitéconscients de nos péchés, notre cœur sélargit, sadoucit et se remplit damour. Si nous prions vraiment, nous aurons de la compassion envers nos semblables qui se trouvent dans la souffrance, dans les afflictions et dans la nécessiténous allons pardonner facilementàceux qui nous font du mal et nous allons faire uniquement de bonnes actions. Lamour véritable donne toujours sonâme pour ses semblables. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jean 15, 13).

En même temps, la prière et le jeûne nous donnent l’équilibre spirituel dont nous avons besoin, chaque jour et chaque heure. La prière et le jeûne nous donnent le courage et la force de traverser avec patience toutes les épreuves de la vie. En un mot, la prière et le jeûne sont un médicament contre toute douleur et toute affliction. Il est important de ne pas oublier de mettre devant Dieu, dans la prière, en chaque jour et chaque heure, la douleur et l’affliction que nous éprouvons, avec la confiance inébranlable que nous allons en veniràbout avec Son aide« Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. »(Jean 16, 33).

Les actions de la miséricorde chrétienne sont l’expression la plus concrète de l’amour que la prière et le jeûne allument dans notre âme. Celui qui jeûne et prie vraiment est sensible à la douleur de ses semblables et essaie de les aider en tout selon ses possibilités. C’est pourquoi je vous exhorte à ne pas oublier les bonnes actions, envers ceux qui se trouvent dans le besoin mais aussi à l’intérieur de vos paroisses. Chaque paroisse se soutient par le sacrifice des fidèles qui la composent. Chaque paroisse développe des activités charitables dans la mesure où les fidèles s’impliquent pour les soutenir.

Mais pour que notre jeûne et notre prière, ainsi que nos bonnes actions, soient bien reçus par le Dieu si bon, nous devons nous pardonner les uns les autres et vivre dans la paix et la bonne entente. Il n’y a rien que Dieu aime plus que la paix et la bonne entente entre les hommes ! C’est pourquoi l’Église a disposé que, pendant ce Dimanche, appelé aussi le « Dimanche du Pardon », nous demandions pardon les uns aux autres, et nous nous accordions le pardon mutuellement de tout cœur. Je suis le premier à vous demander pardon pour tout ce que j’ai pu faire de mal, en le voulant ou sans le vouloir. Et je suis aussi le premier à vous pardonner pour tout !

Que le Dieu d’infinité bonté reçoive notre jeûne et notre prière, qu’Il nous pardonne tous et nous bénisse en nous accordant la paix et la santé !

† Le Métropolite Séraphin