publicat in Synaxaire pe 8 Décembre 2016, 20:23
Saint Simon a fleuri dans le Jardin de la Mère de Dieu vers la fin du XIIIe siècle, à l’époque où l’Empire byzantin se trouvait divisé et affaibli, suite aux Croisades, et où la capitale avait été transférée à Nicée. Fuyant les vanités de ce monde, il se rendit sur la Sainte Montagne pour y travailler au salut de son âme auprès d’un père spirituel. Il fixa son choix sur un Ancien, non seulement expérimenté dans l’ascèse mais encore strict et exigeant, et se soumit à lui corps et âme, comme à Dieu même. Son obéissance exemplaire, son humilité, son amour pour son père spirituel, qui pourtant ne lui ménageait pas les reproches et même les coups, l’élevèrent bientôt à un haut degré dans la vertu et attirèrent sur lui l’admiration des moines de l’Athos et le respect de son Ancien qui, finalement, cessa de le considérer comme son disciple, mais plutôt comme son compagnon d’armes dans les combats spirituels. Cependant, ces marques d’honneurs ne convenaient pas à celui qui avait choisi d’embrasser la déréliction et la Passion de Jésus, aussi obtint-il, à force d’instances, de partir vivre seul. Au bout de maintes recherches, il choisit de séjourner dans une grotte exiguë et humide, située sur la pente occidentale de l’Athos, à 300 mètres au-dessus de la mer. Il y persévéra jours et nuits en butte aux assauts incessants du démon, n’ayant pour armes que la foi, l’espérance et l’invocation du Nom tout puissant de notre Seigneur.
Une nuit, quelques jours avant la fête de la Nativité, saint Simon vit un astre se détacher soudain du ciel et descendre se fixer au-dessus du rocher abrupt situé en face de la grotte. Soupçonnant un nouveau piège du Malin, qui souvent se transforme en ange de lumière (2Cor I l, 14), l’ascète n’y ajouta pas foi. L’apparition se répéta plusieurs nuits de suite, jusqu’au soir de la Nativité, où l’astre lumineux descendit sur le rocher, telle l’étoile de Bethléem, et une voix se fit entendre du ciel : « Ne doute pas, Simon, fidèle serviteur de mon Fils ! Vois ce signe et ne quitte pas cet endroit pour trouver une plus grande solitude, ainsi que tu en avais l’intention, car c’est là que je veux que tu fondes ton coenobium pour le salut d’un grand nombre d’âmes. » Immédiatement rassuré par la voix de la Mère de Dieu, Simon fut alors transporté comme en extase à Bethléem, devant le Christ nouveau-né, avec les Anges et les Bergers et, une fois revenu à lui, il entreprit sans plus tarder la construction de la Nouvelle Bethléem.
Peu après cette vision, trois jeunes frères d’une riche famille de Thessalie (ou de Macédoine), ayant entendu vanter les vertus de saint Simon, vinrent à lui, déposèrent à ses pieds tous leurs biens, tels trois nouveaux Mages, et lui demandèrent de les recevoir comme disciples. On fit alors venir des bâtisseurs qui, voyant l’endroit escarpé et dangereux que leur indiquait le saint, refusèrent de prendre d’aussi grands risques, et ils l’accusèrent même d’avoir perdu la raison. Un des frères, qui venait leur servir à boire, glissa alors et tomba dans le précipice vertigineux. La mort était certaine et l’événement semblait confirmer les reproches des ouvriers. Mais quelle ne fut pas leur stupéfaction quand ils virent que, grâce à la prière de saint Simon, le moine remontait bientôt sain et sauf sur l’autre versant, en tenant à la main le pichet de vin et les gobelets pleins qu’il s’apprêtait à leur servir ! Convertis, les bâtisseurs devinrent moines et purent constater à maintes reprises, pendant le construction du monastère, que Dieu accordait à son serviteur un grand pouvoir.
La construction ayant été bientôt achevée, la Nouvelle Bethléem commençait à se peupler d’un bon nombre de moines quand débarquèrent des pirates sarrasins. Saint Simon vint à leur rencontre avec des présents, en espérant les dissuader de piller le monastère. Comme ceux-ci, insatisfaits, se précipitaient sauvagement sur lui, ils furent soudain aveuglés et l’un d’eux, qui brandissait son glaive contre le saint, eut le bras paralysé. Guéris par la prière de l’homme de Dieu, ils se repentirent, reçurent le saint baptême et devinrent tous moines.
Après avoir ainsi montré pendant de longues années la faveur que Dieu lui accordait par de nombreux miracles, par des prophéties et surtout par son enseignement lumineux, saint Simon s’endormit dans la paix du Christ, en présence de ses disciples qu’il avait réunis pour leur recommander une dernière fois de garder les traditions reçues de lui avec crainte de Dieu, foi, charité mutuelle et obéissance à leur higoumène et père spirituel. Par la suite, le tombeau du saint laissa couler, telle une source d’eaux vives, un baume parfumé aux propriétés miraculeuses (d’où son nom : Myroblite) ; mais les destructions répétées du monastère n’ont laissé aucune trace de sa sépulture ni de ses reliques. Toutefois, le saint ne cessa d’être invisiblement présent au sein de la communauté, manifestant à maintes reprises sa protection envers les moines obéissants, ou ses reproches et ses sévères corrections envers les impies et les négligents. Le jour de sa fête annuelle, certains purent voir quelquefois une lumière divine jaillir de la grotte ou recouvrir son icône comme un dais dans l’église.
Un siècle après sa dormition, la fille du despote de la principauté serbe de Macédoine, ayant Serrès pour capitale, Jean Ougliécha († 1371), fut délivrée d’un esprit malin qui la possédait grâce à l’intercession de saint Simon. En signe d’action de grâces, son père fit bâtir une grande église et transforma le petit monastère de saint Simon en une importante fondation, appelée à briller pour des siècles, telle une image de la Jérusalem céleste placée sur la montagne de Dieu (Ap 21, 10).
Texte extrait du livre « Le Synaxaire, Vie des Saints de l’Église Orthodoxe »,
par le Hiéromoine Macaire de Simonos Pétra – Tome 2 (novembre, décembre) – Éditions Indiktos.