Pensées pour la fête de la Nativité du Seigneur

publicat in Parole du métropolite Séraphin pe 1 Décembre 2016, 18:11

(...) Comme nous le confessons dans le Credo que nous disons à chaque Divine Liturgie, le Seigneur Jésus Christ "S’est incarné du Saint Esprit et de la Vierge Marie et S’est fait homme". Il est né dans la petite ville de Bethléem à côté de Jérusalem, après 8 jours il a été circoncis et a reçu le nom de Jésus, qui signifie "Sauveur", et après 40 jours il a été amené au Temple de Jérusalem et consacré au Seigneur. Jusqu’à l’âge de 30 ans, il a vécu à Nazareth dans la maison du vieux Joseph, un parent de la mère de Dieu. Comme enfant, adolescent et jeune homme, le Sauveur a vécu dans l’obéissance par rapport à la Mère de Dieu et au juste Joseph, en priant avec eux, à la maison et dans la synagogue, et accomplissant tous les préceptes de la Loi de Moïse et de la Tradition judaïque. Dès son enfance, il a appris du vieux Joseph le métier de charpentier, et l’a aidé dans son travail.

(...) Aujourd’hui, dans le monde tel que nous le connaissons, nous pouvons nous demander s’il y a encore des enfants obéissants et des jeunes qui accomplissent les préceptes de Dieu. Et certainement il y en a, même s’ils sont peu nombreux. Nous les rencontrons dans toutes nos paroisses, engagés dans la vie de l’Église, souvent plus que les adultes. Et c’est normal qu’il en soit ainsi, car les jeunes d’aujourd’hui ont la soif de la connaissance, et surtout de connaitre le sens de la vie, et s’ils réussissent à trouver un bon père spirituel qui les guide de manière attentive, ils arrivent vite avec l’élan de leur jeune âge à aimer la Divine Liturgie, la Tradition et les fêtes ecclésiales, la prière et le jeûne, qu’ils respectent avec la plus grande rigueur. Dans tout cela ils découvrent la vraie vie qui accomplit l’homme.

Mais que dire des autres jeunes, qui ne se posent pas de questions existentielles, qui ne gardent pas le lien avec l’Église, ne participent pas à la Divine Liturgie, ne se confessent pas et ne communient pas aux Saints Sacrements ? Allons-nous les juger parce que, au lieu de venir à l’église, ils vont dans d’autres endroits où la mort peut les guetter ? En aucun cas ! Parce que nous, en tant que chrétiens, nous n’avons le droit de juger personne, à part nous-même pour nous corriger. Tant que nous vivons dans ce monde, Dieu Lui-même ne juge personne ! Au contraire, "Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité" (1 Tim. 2, 4) et "Il ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive" (Ez. 33, 11). Au lieu de juger ces jeunes gens, il faut plutôt nous juger nous-même et nous demander : comment les avons-nous élevés et éduqués, nous, leurs parents charnels et spirituels ? Tous ensemble, parents charnels et spirituels, nous sommes responsables de la vie de nos enfants. Nous le savons très bien : les enfants sont l’icône des parents. Tels parents, tels enfants. Tels évêques et prêtres, tels fidèles ! Si nous nous préoccupons trop des choses matérielles et nous négligeons les choses spirituelles, alors les enfants feront de même. Mais en cherchant d’abord les choses spirituelles, en priant beaucoup et en nous évertuant à faire notre devoir envers nos enfants, Dieu nous donnera des enfants sages et obéissants.

 (...) Tous les hommes ont besoin de la foi, comme ils ont besoin de nourriture et de boisson pour vivre. Sans la foi en Dieu, l’homme s’altère, et la vie de la société devient impossible. Mais, même si la foi est plantée dans notre être, elle doit tout de même être cultivée dès notre enfance, pour qu’elle devienne de plus en plus consciente et que nous puissions la vivre dans la vie de tous les jours.

Si nous ne connaissons pas notre foi et nous ne nous engageons pas à la vivre, la foi meurt en nous. L’éducation est nécessaire, d’autant plus que dans la société d’aujourd’hui rien n’encourage la foi en Dieu et la vie selon les préceptes évangéliques. Au contraire ! Toutes les valeurs morales sont bafouées, et même foulées aux pieds. Du début de l’existence de notre Métropole et jusqu’à aujourd’hui, j’ai constaté que dans les paroisses où le prêtre est actif et aidé par les parents, la catéchèse se fait avec beaucoup de succès, et s’avère être une bénédiction pour toute la famille. Malheureusement, il y a aussi des paroisses où les parents des enfants n’aident pas le prêtre à accomplir sa vocation la plus importante, celle de maître, parce qu’ils n’amènent pas leurs enfants à la catéchèse. C’est pourquoi, je vous exhorte et vous prie vous tous, prêtres et parents, de prendre soin en permanence de l’éducation religieuse des enfants, sachant que nous allons tous rendre compte devant Dieu de la manière dont nous les avons élevés.

Nous nous réjouissons et nous bénissons tous les enfants et les jeunes qui aiment Dieu et qui aiment l’Église où nous rencontrons Dieu ! Nous nous réjouissons et nous bénissons tous les parents qui mettent leur âme au service de l’éducation de leurs enfants dans la foi ! Nous prions le bon Dieu pour qu’Il nous protège tous dans ces temps d’épreuve pour tout le monde et qu’Il multiplie notre amour envers nos proches qui sont dans le besoin. (...)

Votre Père spirituel, vous souhaitant tout le bien et priant pour tous.

† SERAPHIN, Archevêque et Métropolite