publicat in Parole du métropolite Joseph pe 1 Avril 2015, 11:53
Le Christ est ressuscité !
Nous avons vécu, pendant ces jours de la Semaine de la Passion, des moments très intenses et très importants pour notre vie chrétienne dedisciples du Christ. Nous nous sommes penchés dans la prière et la Liturgie de chaque jour sur toutes les souffrances, mais également sur nos injustices humaines, que le Seigneur a prises sur lui, qu’Il a reçues pour nous sur la Croix. « Qu’il soit crucifié ! » (Mt 27, 23), criaient jadis ceux qu’Il aimait et pour qui Il était crucifié, mais nous le crions également aujourd’hui, par notre péché. Tous l’ont quitté jadis, de même que nous le quittons par notre péché, même si nous nous appelons ses amis. Lorsque notre confort et notre vie sont en jeu, lorsque nos propres intérêts sont touchés, nous le renions, nous le quittons, nous ne le connaissons plus, nous nous éloignons, nous nous cachons ; nous nous en lavons les mains et nous le faisons souffrir, comme l’a fait Pilate.
Nous renions ses paroles, son amour, ses actes à notre égard et le fait que c’est seulement en Lui que le salut des hommes s’accomplit ; nous nous tournons vers d’autres voies prétendues salvatrices, vers les illusions et notre confort de chaque jour, vers les lois et les faiblesses humaines qui pourraient nous sauver en quelque sorte de la solitude et de la souffrance intérieure auxquelles nous condamne le péché, en tant qu’éloignement de Dieu et de la vérité. Même dans les pires souffrances que l’homme Lui a procurées, le Christ ne s’est pas dédit de l’homme, ne l’a pas renié, ne s’est pas moqué de lui, ne l’a pas humilié, ne l’a pas oublié ; et Il se fait le frère des plus petits et des affligés, Il tend vers tous sa main riche de bienveillance, consolatrice par l’amour, en souffrant avec nous et en mourant avec nous.
Même si nous cherchons désespérément son amour, source de toute forme d’amour, notre faiblesse nous fait le renier comme le firent jadis Pierre et tous les apôtres, douter de Lui, le nier, même s’Il ne nous abandonne pas, et ne nous renie pas, même s’Il ne doute pas de nous. Même les apôtres l’ont renié lorsque leur vie a été menacée, mais ils se sont ressaisis et ils ont témoigné par la suite, au prix de leur vie, leur amour pour le Christ crucifié et ressuscité.
Saint Paul, celui qui a persécuté les apôtres, en les poursuivant pour les tuer, a prêché par la suite au monde entier la Résurrection de Celui qu’il avait jadis persécuté. Et à travers les siècles, après saint Paul, le Seigneur a fait de ses ennemis ses alliés ; des persécuteurs, des persécutés ; des faibles, des puissants ; de ceux qui étaient oubliés et ignorés de tous, des témoins de l’Évangile dans le monde entier. Il se fait des amis de ceux qui doutaient ; des héritiers du Royaume, de ceux qui étaient impardonnables. Les âmes brûlées par le péché, les faiblesses et le désir de la vérité et de l’amour de Dieu, Il les a élevées et leur a donné la beauté céleste impérissable. Les aveugles et les sourds ont vu et ont entendu sa parole, même dans le monde entier. Dans le Baptême que nous avons reçu, la mort est devenue vie, le péché a été effacé et les ténèbres ont été transformées en lumière, nous donnant la vue des réalités célestes, impérissables. Le Seigneur a changé l’homme par son amour, mais seulement celui qui se laisse conquérir et transformer par lui. Il a métamorphosé le monde entier et, l’histoire de la mort, Il l’a changée, par son amour, dans l’histoire de la Résurrection.
Le Christ a fait de nous des membres de son Corps qui est l’Église, celle qui depuis 2000 ans témoigne de son amour pour l’humanité. L’amour pour l’homme appelé à la dignité céleste et à la beauté divine a conduit le Christ à monter sur la Croix, d’où Il implore sans cesse le Père céleste pour notre pardon : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Il nous réconcilie sans cesse avec le Père céleste, rendant à notre âme, à l’homme intérieur, la lumière de la beauté divine par le pardon, et donnant à notre corps également l’éclat de son Corps ressuscité, comme nous dit encore saint Jean Chrysostome : « Si notre corps est membre du Christ, et si le Christ est ressuscité, alors il n’y a point de doute que le corps va suivre la Tête. » (saint Jean Chrysostome, Sur la première Épître du saint apôtre Paul aux Corinthiens XVII).
Avec chacun qui se tient devant Dieu le Père dans le sacrement de la Confession, en reconnaissant ses péchés et ses faiblesses, le Christ Lui-même se tient devant le Père, avec lequel Il le réconcilie et le relève, le ressuscite. Pour chacun de nous, jaillissent de son côté le pardon et la nourriture céleste : Il se donne dans l’Eucharistie, qui nous lave et nous ressuscite, par laquelle nous recevons le pardon et nous gagnons le ciel ; nous devenons célestes, mais également plus humains, puisque nous apprenons du Christ à aimer notre frère comme Il nous aime. Le fruit de la Résurrection du Christ se voit non seulement dans l’éternité, mais maintenant également, puisque nous sommes porteurs dans nos actes de la réalité de la Résurrection, témoins par les actes, par l’amour, de la Résurrection qui œuvre déjà en nous et qui nous libère de l’esclavage du péché.
Le Seigneur Jésus nous appelle donc à la réconciliation avec le Père céleste et avec nos frères par le sacrement du Pardon qu’Il a donné à son Église, en promettant et en donnant aux disciples le pouvoir de tout lier et de tout délier. « … Il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leurs seront retenus. » (Jn 20, 22-23), pour nourrir ensuite, avec le Pain céleste, le sacrement du Corps et du Sang donateurs de la vie et du pardon (nourriture divine laissée à nous pour le pardon et la résurrection) celui qui s’est réconcilié. Personne ne peut goûter le mystère de la Résurrection et ses fruits, s’il ne s’est pas réconcilié, s’il n’a pas lavé et renouvelé son âme par le sacrement de la Confession ou de la Réconciliation avec le Père céleste et ses frères, mais également avec soi-même (puisque chacun de nous doit se réconcilier avec soi-même) et s’il n’a pas reçu le Christ dans son cœur, le Seul qui puisse lui apporter le pardon parfait.
Aujourd’hui, en cette Fête des fêtes, disons au Christ, Celui qui est ressuscité des morts, notre Pâque, notre Pain donateur de la vie éternelle, avec saint Siméon le Nouveau Théologien : « Toi, le Christ – Royaume Céleste ! Toi, Terre des doux ! Toi – Paradis de verdure ! Toi – Chambre Divine ! Toi – Mystère ineffable ! Toi – Repas pour tous ! Toi – Pain de vie ! Toi, Breuvage nouveau ! Toi – Coupe pleine de l’eau et l’Eau de vie ! Toi pour chaque saint – Lumière inextinguible ! Toi – Vêtement et Couronne, et Donateur des couronnes ! Toi – Enchantement et Réconciliation ! Toi – Délice et Gloire ! Toi – Joie et Allégresse ! l’Espoir de notre vie, gloire à Toi ! »
† Le Métropolite Joseph