Discernement des esprits

publicat in Grands spirituels pe 3 Décembre 2014, 05:28

A une époque de confusion et de relativisme, il est utile – voire précieux – de lire les faits relatés ci-dessous. En effet, trop souvent, au nom de la charité, certains chrétiens se mettent un rideau devant les yeux face à la réalité : celle de « ce qui est », c’est-à-dire la Vérité dans ses manifestations concrètes. Il ne s’agit pas ici de dogmes ou de concepts au sujet de deux voies qui pourraient se rencontrer : c’est l’Amour – le seul qui puisse démasquer son ennemi, face à la détresse  de celui qui est plongé dans l’illusion, piégé par les manigances de cetennemi. Il n’y a que la Croix qui arrête celui-ci… soyons vigilants et sachons aussi débusquer celui qui se déguise en ange de lumière. Certes, nous n’avons pas le discernement de l’Ancien Païssios mais nous serons gardés par le signe de la Croix et le Nom de Jésus-Christ qui sont les critères révélateurs de « quel esprit » nous sommes ainsi que celui de notre interlocuteur. Plus que jamais examinons tout à la lumière de l’Esprit Saint, comme ne cesse de le recommander le saint Apôtre Paul.

 Anne Monney

Georges venu du Tibet

Un jeune de 16-17 ans, le petit Georges, arriva à la Sainte Montagne et passa de monastère en monastère. Dès l’âge de trois ans, ses parents l’avaient mis dans un monastère bouddhiste au Tibet. Il avait fait beaucoup de progrès en yoga, était devenu un magicien accompli, pouvait invoquer quelque démon qu’il voulait. Il portait une ceinture noire et était expert en karaté. Par la puissance de Satan, il avait fait des démonstrations qui provoquaient l’étonnement. Il frappait de sa main de grosses pierres qui se brisaient comme des noix. Il pouvait lire des livres fermés. Il brisait dans sa main des noisettes, dont les coquilles tombaient et les fruits restaient collés dans sa main.

Des moines conduisirent le petit Georges à l’Ancien [Païssios] pour qu’il lui vînt en aide. Il demanda à l’Ancien de quelle puissance il disposait et ce qu’il pouvait accomplir. L’ancien répondit que lui-même n’avait aucune puissance et que tout pouvoir vient de Dieu.

Le petit Georges voulant prouver sa puissance, concentra son regard sur une grosse pierre qui était à quelque distance, et la pierre fut réduite en miettes. Alors, l’Ancien fit un signe de croix sur une petite pierre et lui demanda de la briser elle aussi. Il se concentra, fit ses tours de magie, mais il ne réussit pas à la briser. Alors il commença à trembler et les puissances diaboliques, qu’il pensait pouvoir contrôler, ne réussissant pas à briser la pierre, se retournèrent contre lui et le projetèrent à l’autre bout du ravin. L’Ancien le ramassa en piètre état.

Une autre fois, racontait l’Ancien « pendant que nous discutions, il se leva soudain, me prit les bras et me les tordit vers l’arrière en disant ''s’il en est capable que Hadji Effendi [Saint Arsène de Cappadoce, 1841-1924, protecteur de L’Ancien] vienne te délivrer'', ce que je ressentis comme un blasphème. Je bougeai alors un peu mes bras comme cela, et il fut projeté au loin. Puis, en réaction, il sauta en hauteur et essaya de me frapper avec son pied, mais son pied s’arrêta près de mon visage, comme s’il avait trouvé un obstacle invisible ! Dieu me protégea.

Je le gardai pour la nuit et il dormit dans mon kellion.1 Les démons le traînèrent jusqu’en bas du ravin et le frappèrent à cause de son échec. Le matin, en mauvais état, blessé, couvert de ronces et de terre, il reconnut que Satan l’avait frappé parce qu’il ne pouvait pas me vaincre. »

Il persuada le petit Georges de lui apporter ses livres de magie et il les brûla : « Lorsqu’il vint ici, racontait l’Ancien, il avait un rituel de magie2. J’essayai de le lui prendre, mais rien n’y fit. Je pris alors une bougie et, après lui avoir demandé de soulever la jambe de son pantalon, je la lui mis tout allumée sur la jambe. Il poussa des cris et sursauta de douleur. ''Eh bien ! Si tu ne supportes pas la flamme d’une petite bougie, comment pourrais-tu supporter le feu de l’enfer avec tout ce que tu as fait ?'' »

L’Ancien le garda un peu auprès de lui et il l’aida dans la mesure où celui-ci lui obéissait. Il compatissait tant à ses peines qu’il disait : « Pour cet enfant, je pourrais quitter le désert et sortir avec lui dans le monde afin de lui venir en aide. » Il s’intéressa au fait de savoir s’il était baptisé, et, naturellement dans quelle église il l’avait été. Le petit Georges, ébranlé par la puissance et la gentillesse de l’Ancien, désira devenir moine mais il ne le put.

L’Ancien rapportait le cas du petit Georges pour prouver combien est grande l’erreur de ceux qui croient que toutes les religions sont les mêmes, qu’elles croient toutes au même Dieu, et qu’il n’y a pas de différence entre les moines tibétains et les moines orthodoxes.

Extrait de « L’Ancien Païssios de la Sainte Montagne » Chapitre XI – A la calyve de la Précieuse Croix
Du Hiéromoine Isaac, Editions l’Age d’homme, 2009, Collection Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle
Distributeur : Librairie des Editions de l’Age d’Homme 5 rue Férou 75006 Paris.
 

Notes :


1. [Maison plus importante qu’une cabane, avec chapelle, quelques corps de bâtiments et terrain agricole]
2. Le mot désigne une sorte de rituel magique attribué à la sagesse de Salomon. Il peut s’agir aussi de l’étoile à cinq branches appelée « sceau de Salomon », qui est souvent portée par les occultistes.