Parole philocalique

publicat in Parole philocalique pe 4 Novembre 2013, 10:14

Le Seigneur dit aux Apôtres qu’Il leur donnera une paix différente de celle du monde : « Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne... mais Je vous donne Ma paix ». Au moins une fois dans la vie, on a eu le fort désir de rester longtemps près d’une personne qui inspire confiance, paix et sécurité. On aurait voulu que ce moment-là ne prenne jamais fin. Si c’était possible, on aurait voulu rester à jamais près d’un tel homme spirituellement avancé.

Seul l’homme qui est avancé du point de vue spirituel peut « transmettre » de tels états de paix, de confiance, de sécurité, qui ne se ressemblent pas à celui transmis par d’autres personnes.

Bien sûr, ensuite apparaît la pensée : que puis-je faire pour ne perdre jamais cette paix et pour ne pas revenir au stress, au néant, à l’incertitude, à la dispersion de l’esprit ?

Il n’y a qu’une seule réponse: faire les mêmes choses, vivre et penser de la même manière que celui qu’on a vu et qui a trouvé la paix de l’esprit, adopter le même style de vie.

Dans une histoire du « Pateric Égiptien », on voit comme un moine désirait ardemment que ses disciples « bénéficient » de bonnes choses dans la vie éternelle aussi, parce qu’il les aimait beaucoup. Mais le Seigneur lui montre qu’il ne suffit pas de désirer le bien éternel, mais qu’il doit les enseigner comment acquérir ce bien éternel, parce que seulement ceux qui font les bonnes choses, à l’exemple de leur maître spirituel, seront ensemble dans la vie éternelle aussi. Il était une fois un père dans un monastère (dans une collectivité ou communauté monastique), qui etait doue du désir de faire de bonnes actions, mais surtout de l’humilité, de douceur et d’humilité envers les pauvres.

Il priait beaucoup Dieu, en disant: « Ô, Seigneur, Tu me connais bien, Tu sais combien je suis pécheur, mais j’espère, par Ta miséricorde, d’être sauvé par Ta grâce. Donc, je prie à Ta bonté, Seigneur, de ne pas m’éloigner de ma communauté, mais fais-nous dignes de Ton Royaume, pour ton indicible bonté ». Donc, priant ainsi sans cesse, Dieu, Celui qui aime tous les hommes, le rassura de cette manière: il fallait célébrer une commémoration des saints dans un autre monastère (c’était donc la fête patronale du monastère), qui n’était pas loin de là. Et les pères de ce monastère l’invitèrent, lui aussi, avec ses disciples. Et le moine refusait toujours. Mais il entendit en songe une voix qui qui lui ordonnait d’y aller, d’envoyer d’abord ses disciples, ensuite de s’y rendre seul. Une fois partis, ses disciples vurent, au milieu de la route, un ange, sous forme d’un homme pauvre et malade. Les disciples s’approchèrent de lui et, en le voyant se plaindre, lui ont demandé quelle en était la cause. Il leur dit: « je suis malade et j’etais sur mon âne, qui m’a jeté par terre et puis s’est enfuit et voilà, il n’y a personne qui puisse m’aider ». Les disciples lui dirent :  Et que pourrionss-nous faire pour vous, père ? Nous sommes à pied. Et puis ils l’ont laissé seul.

En peu de temps, le moine arriva à son tour et le trouva couche, en soupirant. Après avoir appris quelle en était la cause, il lui demanda: les moines qui sont passé ne vous ont-ils pas vu? Et le pauvre lui répondit: mais si, ils sont venus, mais après avoir appris mes ennuis, ils sont partis, en disant: nous sommes à pied. Que pourrions-nous faire?

Alors le moine lui dit : vous pouvez vous redresser et continuer la route? L’homme lui répondit: Je ne peux pas! Le moine ajouta: allez, je vais vous porter moi même sur mon dos. Dieu nous aidera et nous pourrons marcher. Le pauvre lui répliqua: et comment pourriez-vous me porter si longtemps? Allez et priez pour moi!  Mais le moine lui dit: je ne vous laisserai pas seul; regardez cette pierre. Je vais vous mettre là-haut, puis je me pencherai pour que vous puissiez monter sur mon dos. Et il fit ainsi. Au début, le poids était très lourd à porter, puis il se fit de plus en plus léger, que celui qui le portait (le moine), en était extrêmement étonné.

Et soudain, il disparut et le moine entendit une voix: « Toi, tu priais toujours pour tes disciples, pour qu’ils soient dignes d’ entrer dans le Royaume des cieux et voilà, tes mesures ne sont pas les leurs. Donc, fais-les t’obéir et je vous écouterai la prière, car Je suis le juste Juge, et Je vais récompenser chacun selon ses actes. » Allez les convaincre de vivre de la même façon, pas seulement priant et  prêchant, mais aussi  appliquant et vivant ce dont il croient, pour expérimenter à partir d’ici même la vie éternelle.

P. Ionică Saghin