Ajouté le: 9 Décembre 2012 L'heure: 15:14

Maladie, souffrance, guerison, vie

L’année 2012 a été dédiée par le Saint Synode de l’Eglise Orthodoxe Roumaine au Mystère de l’Onction des Malades. Il y a eu, tout au long de cette année, beaucoup d’activités (des conférences, des rencontres, des festivals) qui ont évoqué la maladie, la souffrance, la guérison. Ce sont des thèmes provocateurs pour les jeunes chrétiens, qui sont souvent confrontés à la question : « Si Dieu existe et qu’Il est bon, alors pourquoi il y a autant de souffrance dans ce monde ? ». Ce sont des questions qu’ils se posent eux‑mêmes ou qui leur sont adressées par des amis ou des connaissances qui ne peuvent pas encore croire en Dieu. Et pour être sincères, il faut reconnaître la pauvreté de nos réponses, qui s’évertuent à expliquer de manière rationnelle les raisons de la souffrance. Lors du pèlerinage organisé au Monastère de Cantauque nous n’avons pas cherché à tout prix des réponses, mais nous avons essayé de trouver dans l’Evangile les mots du Christ, Parole Vivante de Dieu, à propos de ces sujets qui nous troublent. Dans cette quête nous avons été épaulés par le père Jacob, higoumène du monastère, ainsi que par le père Moïse, dont la parole d’introduction est reproduite ci‑après. 

Maladie, souffrance, guerison, vie

Le thème de nos rencontres est celui de la maladie et de la guérison, de la vie et de la mort. Nous aborderons ce thème en partageant entre nous plusieurs récits de miracles de guérison opérés par Jésus‑Christ et rapportés dans les Saints Evangiles. J’aimerais juste, avant que nous ouvrions nos bibles, replacer ce sujet dans l’histoire du Salut. Je le ferai de la manière la plus simple qui soit.

La création

Ceux qui me connaissent un petit peu savent que, lors de rencontres bibliques, j’aime à commencer... par le commencement. « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre... ». A chacun des six premiers jours de la création, le récit de la Genèse nous dit « et Dieu vit que cela était bon ». A la fin du sixième jour, la veille du Shabbat, Dieu parachève son œuvre en créant l’homme à son image et à sa ressemblance. La Genèse nous dit alors, en guise de récapitulation : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon ». C’est six fois « bon », et une fois « très bon ». Cela fait sept, une perfection, une plénitude !

Que cela nous suffise pour affirmer que Dieu a tout disposé pour que l’homme vive pleinement et parfaitement heureux.

L’homme est créé pour la joie, la félicité, le bonheur, la vie.

La maladie, la souffrance, la peine, l’angoisse, la détresse, la mort sont totalement absentes de la première création. Elles n’existent pas.

La désobéissance

Nous connaissons tous ce récit, au chapitre 3 du livre de la Genèse, de la chute. Eve, dupée par le serpent, mange du fruit défendu et en donne à Adam. Le commandement de Dieu était pourtant très clair : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas » et le châtiment encouru par une éventuelle désobéissance davantage encore : « car le jour où tu en mangeras, de mort certaine tu mourras ».

Quelles sont les conséquences de cette désobéissance ?

Adam et Eve se découvrent nus. Ils se cachent. Ils ont peur. Ils trichent avec Dieu. Ils ne se repentent pas. A la question : « As‑tu mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? » Adam répond – je ne cite pas mot à mot le texte biblique – : « ce n’est pas moi, c’est la femme » et Eve « ce n’est pas moi, c’est le serpent ».

Adam et Eve vont connaître la peine et la souffrance. A Eve : « Je multiplierai tes peines et tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils ». A Adam : « Maudit soit le sol à cause de toi ! A force de peine tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie... A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain ».

Adam va aussi connaître la mort : « …jusqu’à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré. Car poussière tu es et à la poussière tu retourneras ».

Adam et Eve sont revêtus par Dieu de tuniques de peau et sont chassés du Paradis.

La suite n’est qu’une propagation de la violence : Caïn tue son frère Abel. Lamek réclame être vengé jusqu’à 77 fois... Ce mal s’étend si vite et si profondément dans le cœur de l’homme que Dieu se repend d’avoir créé l’homme et s’en afflige. Il va même jusqu’à décider de le faire disparaître de la terre par le déluge.

Ce cortège de malédictions, de violences, de souffrances, de peines... n’est pas voulu par Dieu. Que cela soit très clair pour nous tous. Ce n’est pas non plus, et j’insiste, une punition de Dieu. C’est une conséquence de notre désobéissance à nous tous. Je le répète, le commandement de Dieu : « tu ne mangeras pas... » était très clair, la conséquence de la désobéissance aussi. Tous les maux dont souffre l’homme sont introduits dans ce monde par et avec la chute. Dieu ne l’a pas voulu. Dieu n’a jamais voulu le mal, Dieu n’a jamais voulu la souffrance de l’homme. C’est absolument contraire à son intention première qui était – et qui fut – de créer un monde « très bon » dans lequel l’homme vivrait parfaitement heureux.

La maladie

Mais il est temps de revenir au thème de nos partages : la maladie. Vous allez me dire qu’il n’est pas encore question de maladies dans ces premiers chapitres de la Genèse. Et bien si. Et même de graves maladies. L’homme se découvre nu, il perd son innocence, son intimité avec Dieu. Il se cache, il a honte. Il est couvert d’un grave sentiment de culpabilité. Il se sait pécheur. Il sait qu’il a désobéi à Dieu. Il a peur de Dieu. L’orgueil, déjà, l’empêche de se repentir, de demander pardon à Dieu. Au contraire il accuse. Il connaît la peine et la souffrance. Il est revêtu de tuniques de peau, c’est à dire de la condition charnelle qui est maintenant la nôtre. Il est expulsé du Paradis. La mort l’attend...

L’œuvre rédemptrice du Christ

J’ai déjà trop parlé. Je ne veux donc pas en dire davantage. D’autre part, je préfère de loin que nous découvrions ensemble, en partageant quelques récits de guérisons dans les saints Evangiles, comment s’opère cette œuvre rédemptrice du Christ. Je voudrais que nous le fassions en prenant un peu de « hauteur ». C’est à dire sans oublier ce que j’ai essayé de vous dire sur la première création et la chute. Ne voyons pas en Christ, cela serait lui faire injure, qu’un simple thaumaturge venu nous guérir de nos maladies physiques. Il est médecin, oui, mais un médecin qui fait miséricorde, qui pardonne, qui relève, qui sauve, qui nous guérit corps et âme...

Osons nous poser les questions essentielles :

Voulons‑nous vraiment guérir ?
Si oui, pourquoi voulons‑nous guérir ? Dans quel but ?
Et de quoi voulons‑nous guérir ?

Hiéromoine Moïse,
Monastère de la Théotokos et du Saint Martin, Cantauque

Maladie, souffrance, guerison, vie

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