Ajouté le: 5 Décembre 2012 L'heure: 15:14

Gauzelin, évêque de l’antique Eglise de Toul,

Un Saint lorrain

(883 ?‑ 7 septembre 962)

Gauzelin, évêque de l’antique Eglise de Toul,

Cematin de novembre est plutôt froid. Un petit villageois a emmené paître les moutons de son père dans les prés au bord de la Meurthe, une rivière de Lorraine. C’est Benoît, un petit muet, qui aime la solitude. Soudain, des cavaliers avec des carquois et des flèches, passent à toute vitesse. Les riches harnais et les trompes de chasse étincellent au soleil, ils poursuivent un sanglier dont on aperçoit par instant le dos noir émerger des hautes herbes. L’animal change de direction et gravit une haute colline, près d’un petit village. Il longe les vignes et les champs et, parvenu au sommet, avec la meute et les chasseurs aux trousses, disparaît dans les buissons. Les cavaliers ont mis pied à terre, les chiens ont perdu la trace du sanglier… Mais voilà que l’on découvre, parmi les ronces, les restes d’un petit sanctuaire très délabré. « Je vais me renseigner et en parler à Gauzelin, murmure le plus grand, le plus beau des chasseurs ». C’est Hardrade, frère de l’évêque de Toul. Il sait que celui‑ci cherche un lieu pour y fonder un monastère féminin sous la protection de la Mère de Dieu.

Le diocèse de Toul est très vaste, il s’étend jusqu’aux Vosges et même jusqu’au Blaisois, non loin de Langres et de Troyes avec la puissante abbaye de Montier‑en Der. Gauzelin a été notaire à la chancellerie du roi de France Charles le Simple. A la mort de l’évêque Drogon, le siège de Toul s’est trouvé vacant et, selon la coutume, c’est le roi qui a nommé son successeur, il a choisi Gauzelin.

Le dix‑sept mars neuf cent vingt‑deux, après avoir été élu à l’unanimité par le clergé toulois, ce qui est une première, Gauzelin a été sacré par l’archevêque de Trèves et les évêques de Metz et de Verdun. La Lorraine est un lieu de passage à la limite de la Francie et de la Germanie, souvent ravagée par des armées ennemies et, à cette époque particulièrement, les raids des Hongrois et les luttes féodales font régner la misère dans les campagnes. Les monastères en sont réduits à une très grande pauvreté, la vie spirituelle y est souvent bien relâchée et c’est un souci constant pour l’évêque. Il va d’abord se préoccuper d’assurer à ses moines un revenu suffisant… Par exemple, l’empereur Henri premier lui a accordé tous les droits régaliens de son diocèse érigé en comté. Gauzelin, en bon gestionnaire et en juriste compétent, n’hésite pas à doter l’abbaye Saint‑Epvre de Toul de revenus et de terres permettant aux quarante moines de vivre décemment. Il fait un voyage à Fleury‑sur‑Loire, berceau du monachisme bénédictin pour y étudier sur place une règle plus souple, moins austère que celle de Saint Colomban, jugée trop dure. Progressivement, les grandes abbayes vosgiennes placées sous sa juridiction adopteront à leur tour la règle de Saint Benoît, le père des moines en Occident.

Il projette de fonder à l’abbaye Saint Epvre de Toul une école monastique réputée rayonnant sur toute la Lorraine. Il fait venir de Luxeuil Adson, un érudit et un écrivain remarquable, qui fera de cette école un centre de culture en même temps qu’un séminaire de qualité.

Mais à Bouxières, sur la colline, règne une agitation qui intrigue les villageois... En effet, Marrade le chasseur rentré bredouille après la disparition du sanglier, s’est renseigné auprès des anciens. Il y avait bien jadis, en cet endroit, un oratoire dédié à Notre Dame et de nombreux miracles s’y sont produits. Voilà qui intéresse prodigieusement Gauzelin et, après maintes tractations avec l’évêque de Metz propriétaire du terrain, après des prières ferventes à la Mère de Dieu intervenue Elle‑même pour indiquer l’emplacement de la future église du monastère, les travaux commencent.

Au début, le chantier progresse bien, quelques moines aidés par des frères convers, artisans, tailleurs de pierres, forgerons, charpentiers, travaillent avec zèle, dirigés par un architecte compétent. Mais, hélas, après plusieurs mois l’argent vient à manquer. Un hiver trop rude a provoqué la famine dans les campagnes et les moines aident de leur mieux les miséreux. Aussi Gauzelin se résout‑il à faire appel à la générosité de la reine de France pour terminer la construction de l’abbaye.

Un matin, sur les bords de la Meurthe, arrive une caravane de trois chameaux lourdement chargés. La souveraine envoie un véritable trésor pour aider l’évêque en difficulté et doter richement le futur monastère. Notre ami le petit muet voit une nef se détacher seule de la rive et les chameaux y monter lourdement pour traverser la rivière. Ebloui, il grimpe avertir l’évêque Gauzelin… et se met à parler, c’est un miracle !

La Mère de Dieu a elle‑même désigné les trois premières religieuses, ce sont des amies, des disciples d’un saint ermite. Elle a aussi convié les chœurs angéliques lors de la consécration de l’église… Bientôt, en son honneur, les moniales ressusciteront l’ancien pèlerinage à Marie et les foules viendront en tel nombre qu’il faudra édifier une chaire en plein air !!!

Né au Ciel le sept septembre neuf cent soixante‑deux, Saint Gauzelin a mené à bien sa lourde tâche épiscopale. Il a redonné aux moines de son diocèse un nouvel élan spirituel et fondé le monastère féminin voué au culte de la Mère de Dieu sur la colline de Bouxières. Pendant des siècles cette abbaye rayonnera et on y élèvera toujours un petit muet en souvenir du miracle. Au fil des siècles d’autres guérisons auront lieu. Les reliques corporelles de Saint Gauzelin, ainsi que son évangéliaire, son calice, sa patène et son peigne liturgique, sont conservés à la cathédrale de Nancy.

Aujourd’hui, on vénère encore le tombeau du Saint Evêque au pied des vestiges de l’ancienne église abbatiale. Quand à Notre Dame du Mont, elle est sur le blason de la commune de Bouxières‑aux‑Dames, on La rencontre sur tous les chemins, Elle est avec Saint Gauzelin dans le cœur des Lorrains.

Bernadette Duloisy

Gauzelin, évêque de l’antique Eglise de Toul,

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