Ajouté le: 7 Octobre 2011 L'heure: 15:14

Fragments neptiques (octobre 2011)

Fragments neptiques (octobre 2011)

Quand je crierai vers lui à l’heure du Jugement et qu’Il me demandera: « qui es-tu? », je lui dirai: « laisse-moi te dire d’abord qui j’ai aimé, ensuite je témoignerai des personnes qui m’ont aimé et ensuite Tu sauras qui je suis ».

Quand on a compris qu’il n’y a rien de dégradant à s’être mis à genoux par amour, il naît en nous quelque chose qui ne pourra plus jamais nous être arraché. Ni la torture, ni la décrépitude de l’âge, ni la mort violente, ni même la sénilité, ne peuvent annuler la dignité fondamentale de l’homme qui a été aimé et qui a donné de l’amour.

Les êtres que j’ai aimés ont été ceux qui ont aimé en moi ce qui, sans leur amour, n’aurait pas mérité de survivre.

Horia‑Roman Patapievici, Fuite sous une volée de flèches

Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d’en haut, où le Christ demeure assis à la droite de Dieu; affectionnez-vous aux choses d’en haut, non à celles de la terre: car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ, votre vie, apparaîtra, alors vous apparaîtrez, vous aussi, avec lui.

Faites donc mourir vos membres, les membres de l’homme terrestre, la fornication, l’impureté, la luxure, toute mauvaise convoitise et la cupidité qui est une idolâtrie: toutes choses qui attirent la colère de Dieu sur les fils de l’incrédulité, parmi lesquels vous aussi, vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces désordres. Mais maintenant, vous aussi, rejetez toutes ces choses, la colère, l’animosité, la méchanceté; que les injures et les paroles déshonnêtes soient bannies de votre bouche. N’usez point de mensonge les uns envers les autres, puisque vous avez dépouillé le vieil homme avec ses oeuvres, et revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle sans cesse selon la science parfaite à l’image de celui qui l’a créé. Dans ce renouvellement il n’y a plus ni Grec ou Juif, ni circoncis ou incirconcis, ni barbare ou Scythe, ni esclave ou homme libre; mais le Christ est tout en tous.

Ainsi donc, comme élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience, vous supportant les uns les autres et vous pardonnant réciproquement, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre. Comme le Seigneur vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais surtout revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection.

Epître du saint apôtre Paul aux Colossiens, 3, 1-14

Le Christ ne nous a pas dit: „Faites des performances”; il nous a donné l’exemple du Publicain et du Pharisien, Il nous l’a donné comme exercice et Il en a fait l’éloge. Le Christ a dit qu’Il est venu, non pour les miséricordieux de ce monde, pour les justes, mais pour les pécheurs. Mais nous nous faisons violence pour nous convaincre nous-mêmes que nous sommes devenus miséricordieux, que nous sommes devenus bons, que nous sommes devenus doux; il nous faut vouloir le devenir, mais il ne faut pas accepter la pensée que nous le sommes devenus... Le plus difficile: se convaincre qu’on est de plus en plus éloigné du Christ et pourtant ne pas se séparer de lui. Cela veut dire „garde ton esprit en enfer et ne désespère pas”. Cela ne signifie pas être attaqué par des diables rouges chaussés de sabots qui frappent à la vitre, tandis que tu te crispes devant les icônes pour les vaincre. Non. Cela signifie voir qu’on est toujours plus loin et toutefois ne pas désespérer, parce que le Christ dit qu’Il est venu pour la brebis perdue...

P. Savatie Baştovoi, Courage et liberté dans l’Orthodoxie

Je suis, malheureusement, en accord avec la constatation fondamentale que fait Bouddha: tout est souffrance.

La condition humaine signifie, de façon fondamentale, la souffrance: l’être souffre moralement. Il souffre parce qu’il ne possède pas certains biens, ensuite il souffre parce qu’il les a perdus ou parce qu’il a peur de les perdre. La souffrance est le lot de nous tous.

Mais comme je suis chrétien, je vais tirer d’autres conclusions que ne le fait Bouddha. Pour lui il faut tout faire pour ne pas souffrir. Le but de la vie devient alors une ascèse et une éthique de vie exigeante qui tendent à supprimer la cause principale de toute souffrance: le désir.

Mais pour un chrétien la voie est toute autre; il se propose, non d’éliminer de sa vie la souffrance jusqu’à supprimer tout désir, mais de réagir à elle par la communion et le don de soi. Si, à la suite de la confrontation à sa propre souffrance ou à la souffrance d’autrui nous parvenons à la communion avec autrui, apparaît la Lumière.

Si souvent nous avons fait cette expérience bouleversante au chevet d’un malade incurable, d’un homme désespéré! Le simple fait d’être en communion véritable avec lui apporte une lumière qui sublime la souffrance. La souffrance peut être vécue comme un tremplin vers la communion. Elle est toujours un mal et ne doit jamais être recherchée ou glorifiée pour elle-même. Mais ce mal peut conduire au sommet de l’humain.

Un psychologue de renom, Boris Cyrulnik, montre que certains traumatismes profonds issus de l’enfance peuvent permettre un enrichissement de l’être, peuvent donc être considérés „un malheur heureux”.

Je crois que c’est valable pour la vie en général: toute souffrance dépassée signifie un enrichissement de l’être, un progrès de la conscience.

Abbé Pierre, « Seigneur, pourquoi ? »

Plus on approche de la „réalité”, moins il y a besoin de mots. Ainsi, dans l’éternité il n’y aura plus que: „Saint, saint, saint...” Rien que des mots de louange et d’action de grâces, la prière, la splendeur de la plénitude et de la joie. Seuls sont authentiques en effet et nécessaires non pas les mots sur la réalité („discussion”), mais ceux qui sont en eux-mêmes réalité: symbole, présence, manifestation, mystère de la réalité. La parole de Dieu. La prière. L’art.

Il fut un temps où la théologie aussi était verbe: pas seulement des mots sur Dieu, mais des mots divins – „manifestation” (...) Qu’est-ce que la prière? C’est le souvenir de Dieu, c’est la perception de sa présence. Toujours, partout, en tout.

P. Alexandre Schmemann, Journal, 6 avril 1973

Selection des textes: Daniel Chira, Londres

Fragments neptiques (octobre 2011)

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